Chronique
Bloodtruth Execration
Au sein de la pléthorique scène brutale venue d’Italie BLOODTRUTH a toujours été considéré comme faisant partie de la deuxième division locale, la faute à une productivité assez faible et surtout à des sorties beaucoup trop quelconques et calibrées pour intéresser au-delà d’un petit cercle restreint. N’ayant rien publié depuis le court Ep « The Walls Of Oblivion » il y a désormais plus de quatre ans le quintet livre ici son troisième opus en quinze années de carrière, et qui sans démériter a de très fortes chances de connaître le même sort que ses prédécesseurs… à savoir une écoute en dilettante avec un ressenti agréable mais qu’on a déjà oublié dès qu’on en est arrivé au bout. Désormais signé chez les Polonais de SelfMadeGod Records le groupe va durant presque quarante minutes (un record pour lui) proposer tout le panel habituel propre au Brutal Death Metal de haute technicité, fort sympathique au demeurant mais d’où rien ne dépasse faisant donc qu’il est difficile de trouver quelque chose qui se démarque du reste, surtout que ça va se montrer très hétérogène et inégal.
En effet on va passer par toutes les émotions ici… rien de mauvais loin de là mais les quelques titres réussis et agréables sont contrebalancés par d’autres plus poussifs et monotones, pourtant au départ cela avait relativement bien commencé avec le classique et efficace « Plague Their Souls ». Car celui-ci va montrer un jeu à l’exécution impeccable et classique au genre basé sur les variations régulières entre tabassage intempestif et passages à la double pachydermiques, et si cela est exécuté sans problème ça n’est pas le cas en revanche de « Retribution And Flames » plombé d’entrée par une redondance presque immédiate et surtout une durée interminable… qui font que l’on a trop rapidement envie de passer à autre chose sur ce grand-écart massif parfaitement balisé. Et à partir de cet instant c’est la bonne surprise qui débarque, vu que dès qu’on en a fini de cette plage à rallonge on va avoir droit à une bonne période musicale du combo qui va réussir à nous intéresser un peu plus longuement, tout d’abord avec l’impeccable « Freedom Crucified » au grand-écart continu mais surtout ensuite avec la très bonne doublette « A Savage Evangelization » / « God, Trascendantal Killer » où rythmiquement ça va franchement s’alourdir, tout en mettant en avant des plans mid-tempo imparables et un groove communicatif qui fait plaisir à entendre. Si ça mise sur la virulence importante ça laisse de la place aux autres plans rythmiques de se mettre en avant, tout en secouant la tête fermement et en voyant qu’en densifiant son propos la formation arrive à être intéressante sans en faire des caisses ni étirer inutilement son écriture.
Cependant après ce deuxième tiers de disque plus convaincant et franchement plaisant (à défaut d’être quand même réellement impressionnant) la dernière partie va retomber dans certains travers déjà entendus en amont, notamment à cause de plans trop prévisibles et joués en boucle, conjugués à un chant franchement pénible et qui ne varie jamais. Résultat les linéaires « Obsidian And Steel » et « Kill The Offspring Of Eye » ne donnent l’impression que d’être un seul et même bloc monolithique, tant la construction générale y est semblable comme les plans interchangeables au possible malgré la grande variété de jeu proposée. Tout cela sans compter « The Infinity » au manque criant d’idées (et qui ne veut jamais se terminer), comme la conclusion « Execration » beaucoup trop étirée et redondante pour qu’on en retienne quelque chose de marquant.
Du coup il est évident que cela reste mitigé pour intéresser au-delà d’une poignée d’initiés peu exigeants, vu que cette année les Italiens dans ce registre bien bourrin nous ont offert des enregistrements d’un meilleur calibre (DEMIURGON, UNBIRTH) à la durée de vie plus élevée. Ça n’est donc pas encore ce coup-ci que l’entité de Pérouse réussira à s’extirper de la masse concurrentielle aussi bien locale qu’internationale, car malgré son professionnalisme et une construction parfaitement en place c’est trop disparate et passe-partout pour qu’on s’en souvienne dans le futur… la prochaine fois peut-être, on l’espère même si on vient à en douter avec le temps qui passe.
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