Les élites en roue libre, le fascisme à nos portes et déjà en place dans plusieurs pays, le détricotage de nos droits en préambule, les différentes formes de domination qui s’accentuent et usent de la force pour se maintenir… Bon, et si on réécoutait His Hero Is Gone ?
Parce que mine de rien, on n’a toujours pas trouvé mieux pour figurer la révolte. La musique des Ricains ne peut se comprendre et s’apprécier qu’à l’aune de ce qu’elle combat, le crust étant un genre où la politique est une de ses caractéristiques à part entière. Il suffit de contempler la pochette signée par le bassiste Carl Auge ainsi que les titres de certains morceaux pour s’en rendre compte. Le message est aussi important que le médium utilisé pour le transmettre, les apolitiques de la musique – celles et ceux qui séparent le discours de ce qu’elles ou ils entendent – ne pouvant mettre les œillères habituelles ici, tant tout hurle la contestation de l’ordre établi.
La différence de His Hero Is Gone avec d’autres groupes du même style ne se situe pourtant pas là. Comme évoqué plus haut, on est même sur un passage obligé du crust. Le petit truc en plus qui a rendu cette formation si marquante pour toute une scène et ce, en dépit d’une existence brève de quatre ans ? Le degré de réalisme, que
Fifteen Covnts of Arson possède déjà et qui explosera sur ce documentaire de la révolte et son prix qu’est
Monuments to Thieves. Le projet ne fait pas qu’appeler un grand soir de ses vœux : il en montre l’urgence, la difficulté et la nécessité, dépeignant aussi bien l’oppression (la lourdeur de « Leash » et « Raindance ») que l’élan libérateur (« Good Samaritan » ; « Thieves »), le sordide d’une vie en institution, de l’asile psychiatrique à l’Etat, aussi bien que la folie panique qui habite la main jetant un cocktail molotov comme geste de la dernière chance (« Voluntary Amputation »). Son crust s’habille de doom, non pas dans les faits – la durée des morceaux n’est pas trompeuse : difficile de jouer long et large en même pas une minute – mais dans l’esprit, tant cela sent la rouille et la trouille, les nerfs en pelote et le visage pâlot, au sein de ce combat constant contre la fatalité.
Il y a aussi l’excellence formelle,
Fifteen Covnts of Arson étant une succession de riffs et moments marquants. His Hero Is Gone a eu dès le départ ce talent pour varier ses effets malgré un discours univoque. Certes court (la version CD ajoutant l’EP
The Dead of Night in Eight Movements rallongera la sauce sans en affadir le goût), l’album n’a que pour défaut une comparaison avec son successeur se laissant plus de temps de jeu, au sein des morceaux et sur sa globalité, pour transmettre toute la profondeur de la musique de ses créateurs. Ici, un battement de paupière ou une seconde d’inattention peuvent faire passer à côté de la hargne de « Anthems of the Undesirables » (« I-FIGHT-EVERY-DAY ») ou les esquisses de chaos rampant de « Sterile Fortress » et « Scalor ».
Inutile de s’éterniser plus longuement sur un groupe connu de toutes et tous (pour peu que vous vous intéressiez à cette scène) et qui a fait de l’expéditif une de ses marques de fabrique.
Fifteen Covnts of Arson possède tout ce qui fait le génie de His Hero Is Gone, présenté de façon plus crue que sur
Monuments to Thieves et
The Plot Sickens: Enslavement Redefined mais avec déjà un son parfait, chaque instrument sonnant brut sans être étouffé, ainsi qu’une exécution impeccable, l'enchaînement des morceaux étant d’une fluidité épatante alors que le rythme, même au sein d'un même titre, peut passer d'une lenteur extrême à une cadence effrénée. Toutefois, il est plus qu’une démonstration. Il est un manifeste.
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