Voidhämmer - Noxious Emissions
Chronique
Voidhämmer Noxious Emissions (EP)
Si certains groupes vont persévérer pendant des lustres à publier des disques sans intérêt d’autres au contraire vont frapper très fort dès leur première sortie officielle, qu’elle soit sous la forme d’une Démo comme d’un Ep particulièrement ravageur et mémorable celle-ci va immédiatement placer ses auteurs comme un nom à suivre avec attention. C’est le cas ici pour VOIDHÄMMER qui débarquant de Long Beach en Californie signe un premier enregistrement de quatre titres absolument redoutables et jouissifs, dont l’exécution instinctive et le côté rudimentaire cradingue vont parfaitement faire leur office. Car nulle trace ici d’éléments modernes ignobles ou de production plastique infâme, en effet ici les gars nous renvoient vers les débuts d’AUTOPSY via une pochette qui pue le cadavre en décomposition et un son général aux accents live et légèrement dissonant, avec en prime une technique qui ne s’embarrasse pas de futilités en préférant l’efficacité avant tout le reste. Un choix clairement assumé que personne ne contestera vu que ce « Noxious Emissions » a déjà tout pour figurer dans les futurs bilans de fin d’année 2026, vu qu’on va être happé dès les premières notes vers un caveau humide et spartiate où tout n’est que mort et désolation autour de nous.
En effet « Rotting In Excrement » va immédiatement mettre les pieds dans le plat en proposant une grande variété rythmique où la vitesse est majoritaire… vu qu’on va retrouver des blasts destructeurs, des parties rapides typiquement Punk et quelques passages en mid-tempo pour secouer la tête comme un forcené et ainsi évacuer du cuir chevelu toutes sortes d’impuretés qui s’y trouvent. Ajoutant à cela quelques moments au ralenti pour alourdir le tout et renforcer ce sentiment morbide qui entoure chaque note et pattern, les trois comparses nous livrent un rendu d’un dynamisme sans fin où le riffing rudimentaire prend toute son ampleur… mais sans jamais être lassant ou redondant. C’est en effet ce qui marque de suite cette plage qui malgré qu’elle soit hyper convenue et prévisible n’offre jamais de sentiment d’ennui, grâce notamment à une durée jamais excessive et d’un rendu global qui va à l’essentiel… et ce même quand l’ensemble se montre encore plus primitif. Cela est le cas du très bon « Cadaveric Bloat » nettement plus débridé dans les deux sens, car si ça frappe encore plus fort et énergiquement le résultat va être aussi plus suffocant de par l’arrivée de passages presque Doom où la technicité monte légèrement d’un cran en offrant ainsi une vision rampante et dégueulasse où les vers et autres charognards sont à l’œuvre sur fond de noirceur exacerbée. Plus dépouillé mais pas moins intéressant ce morceau joue ici largement la carte du grand écart pour notre plus grand bonheur, vu qu’on passe par tous les états possibles de par ce son aiguisé à outrance où il suffit que l’on touche à peine une corde pour que l’on soit coupé jusqu’au sang.
D’ailleurs la seconde moitié de ce court enregistrement va grimper encore d’un cran comme en intensité, et tout d’abord via le redoutable « Phospherized » où tout va augmenter dans le bon sens de par plus de variations comme d’un jeu où les cassures plus fréquentes ne vont pas tomber à plat. Tout cela étant parfaitement maîtrisé entre accélérations insolentes et ralentissements marqués avec à chaque fois une temporalité idéale pour ne traîner en longueur, offrant ainsi une vraie opposition de tempos où chacun d’entre eux peut s’exprimer à son aise sans déborder sur l’autre. Cela sera aussi le cas du furieux « Coffin Leakage » qui va pousser plus loin l’écriture sans y perdre en facilité en jouant encore et toujours sur les variations à foison, mettant en avant la pédale de frein calée entre les explosions de brutalité et le léger headbanging du médium intense et furibard. C’est équilibré, sauvage mais aussi glauquissime tant la faucheuse rôde dans les parages en permanence et qu’elle n’attend qu’un signe pour faire son travail millénaire, et ici elle va avoir de quoi faire vu qu’on est sur un champ de bataille fumant rempli de débris humains, de charognards et de corbeaux.
Si évidemment on attend de voir ce que cela va donner sur une durée plus importante on ne peut que saluer le boulot fourni par la formation qui sans chercher à innover offre une vraie réussite appréciable, et qui se montre plus profonde et travaillée qu’elle n’en a pourtant l’air au démarrage. Véritable bouffée d’oxygène dans ce monde saturé d’éléments nocifs pour la santé physique et mentale ce voyage dans les sous-sols des crématoriums, pompes funèbres et autres fosses communes a le mérite de filer la pêche et de voir la vie du bon côté malgré les turpitudes générales… preuve donc de son attrait immédiat et continu, et on espère vivement une suite de ce même niveau de la part des Américains qui semblent en avoir sous la semelle et l’on a déjà hâte d’entendre tout ça.
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