SLAGMAUR est extrême mais mesuré. Vilain, mais pas malfaisant. Bizarre, mais pas méprisable. Et tout ceci vaut autant pour sa musique que pour ses actes. À quoi je fais référence ? Au hoax savamment orchestré autour d'une fausse disparition en novembre 2025. Beaucoup s'en souviennent encore : l'information selon laquelle des figures de la scène black metal norvégienne étaient portées disparues après une randonnée en montagne dans la région de Fosen, par un temps épouvantable. Il s'agissait de Snorre W. Ruch (
THORNS) et de Rune "General Gribbsphiiser" Røstad (
SLAGMAUR). Les autorités avaient lancé une vraie opération de recherche, la presse locale et internationale avait relayé l'info en boucle. Quelques jours plus tard, révélation : tout était un « social and artistic experiment ». Autrement dit… un canular. Autrement dit encore… un coup de com' magistral qui a servi à annoncer le nouvel album :
Hulders Ritual.
Rassurez-vous : il y avait bien un message derrière. Cette fausse disparition s'inscrivait directement dans le thème de l'album, inspiré des récits folkloriques norvégiens d'enlèvements par des êtres surnaturels (les hulder ou hidden folk). Ouf ! Ce n’était donc pas qu’un simple coup marketing, mais une performance artistique immersive. On a failli se dire que c’était irresponsable et qu’ils avaient mobilisé police et secours pour rien et affolé le monde inutilement.
Quatre mois plus tard, l’album est enfin sorti. Et il est fidèle à
SLAGMAUR : du black metal malfaisant, des claviers, du piano, des vocaux extrêmes, des chœurs et des voix trafiquées. Dit comme ça, on pourrait penser à du black sympho... mais pas du tout. Ou alors du black sympho malaisant et schizophrène. Car neuf ans après
Thill Smitts Terror, le trio norvégien reste aussi dérangé et imprévisible, au point que certains le rangent sans hésiter dans l’avant-garde. C’est la marque des groupes à forte personnalité : difficiles à classifier, mais immédiatement reconnaissables à chaque sortie. Ces six pistes (40 minutes au total) s’identifient en quelques secondes. Très immersif, l’album nous plonge dans un monde occulte, magique et folklorique centré sur la Huldra, cette femme des forêts séduisante mais dangereuse, grâce à des compositions théâtrales et orchestrales, sans jamais sacrifier le plaisir auditif. Contrairement à certains comme
CARACH ANGREN ou
BLACK MESSIAH qui se perdent parfois dans leur concept envahissant,
SLAGMAUR dose parfaitement : l’histoire sert la musique, pas l’inverse. Il y a beaucoup de passages marquants sur tout l’album, sur chaque composition, et l’envie de le réécouter une fois terminée est très forte.
C’est une très belle réussite, renforcée par des invités de marque : Hoest (
TAAKE), Silenoz (
DIMMU BORGIR), Gíslason (
MISÞYRMING) et la voix féminine envoûtante de Maria Charlotte Lund. Alors, n’en voulons pas trop au groupe pour la polémique d’il y a quatre mois… et profitons de ce retour diablement efficace.
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