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Killing Pace - HCPM
Chronique
Killing Pace HCPM
Attendez un peu, n’aurait-on pas avec ce premier album des Américains de Killing Pace le disque qu’aurait dû sortir Nails il y a un petit peu moins de deux ans en lieu et place d’un Every Bridge Burning sacré en ces pages "déception de l’année" ? Eh bien si, ça y ressemble quand même pas mal...
Originaire de Richmond en Virginie, Killing Pace s’était déjà fait remarquer en 2022 grâce à la sortie d’une première démonstration parue chez Raven Records avant de tomber dans l’escarcelle de Streets Of Hate et Triple B Records qui tous les deux n’ont pas manqué de flairer le potentiel de ces cinq garçons plein d’avenir. Quatre ans après ces débuts prometteurs, le groupe composé notamment par des membres et ex-membres de Downfall, Division Of Mind et Enforced a sorti la semaine dernière son premier album. Un disque intitulé HCPM (pour Hardcore Punk & Metal) que nos Américains ont choisi de torcher en seulement dix-sept petites minutes. Vous pouvez donc être certain d’une chose à l’écoute de ce brulot c’est que vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer.
Enregistré par Jordan Faett (Blazing Tomb, Mutually Assured Destruction...), mixé par Andy Nelson (200 Stab Wounds, Gates To Hell, Jesus Piece, Primitive Man, Sentenced 2 Die...) et masterisé par Brad Boatright (All Pigs Must Die, Caustic Wound, Drain, Foreseen, Gulch et j’en passe...), HCPM a pour lui une production nerveuse, compacte et moderne qui à la différence du dernier Nails a le bon goût de ne jamais trop en faire. Un parpaing digeste que l’on va adorer se prendre en pleine tronche.
Cependant, pour commencer, permettez-moi un petit laïus sur la seule chose qui me chiffonne à la vue de ce premier album. Bien que celle-ci constitue un rappel évident à l’illustration qui orne la première démonstration des Américains, je dois bien reconnaître que je ne suis pas particulièrement friand de son artwork. Certes, ce crâne humanoïde aux dents affutées et aux pointes élancées parait sans équivoque en suggérant effectivement une musique à la fois agressive et primitive mais le côté "musée d’histoire naturelle" que revêt cette composition me laisse un peu sur le bas côté. Non, cela ne change rien à ce que je pense de HCPM mais comme on se dit tout vous et moi, autant jouer franc jeu.
Servi, on l’a vu, par une production naturellement taillée pour le job, Killing Pace va renouer en l’espace de dix nouveaux morceaux avec ce Hardcore sauvage et radical mâtiné d’influences Grind explosives grâce auquel celui-ci s’est taillé une solide réputation parmi les aficionados du genre et autres connaisseurs éclairés. Certes l’affiliation avec les Californiens de Nails est, comme le nez au milieu de la figure, d’une évidence absolument incontestable mais après la déconvenue amère que représente encore aujourd’hui ce quatrième album, je pense qu’on sera à peu près tous d’accord pour déclarer Killing Pace vainqueur par KO, et cela avant même la fin du premier round...
Déroulé à la hâte avec le même genre de gimmicks (notamment ces innombrables et courts larsens que l’on va retrouver un petit peu partout, dès que l’occasion se présente), HCPM n’offre à l’auditeur pas beaucoup de temps morts. Seul "Predation" et ses presque trois minutes vont finalement servir à calmer momentanément le jeu (sans pour autant relâcher la tension) le temps d’un titre instrumental particulièrement suffocant. Du bel ouvrage puisqu’entre cette batterie aux frappes implacables, ces riffs sombres et menaçants et ces nombreux samples bruitistes l’auditeur pourra effectivement espérer reprendre brièvement son souffle sans pour autant entrevoir une quelconque issue. Délicieusement vicieux. D’autres courtes séquences nous offrent évidemment un soupçon de répit ici et là (notamment sous forme de breaks et autres passages chaloupés pour babouins mal léchés) mais pour l’essentiel c’est bien le couteau entre les crocs et la bave aux lèvres que sont menées ces dix-sept petites minutes. Une urgence de tous les instants caractérisée par des salves de blasts punitives aussi jouissives qu’expéditives ainsi que de plus longues séances de toupa-toupa diablement entrainantes, par des riffs Punk / Hardcore pas bien compliqués mais dotés là encore d’une capacité de persuasion pour le moins accrue, par des vocalises arrachées passablement énervées et une basse ultra-saturée qui finit d’enrober le tout pour un résultat explosif et sacrément efficace dans le genre gros défouloir. On notera également que Killing Pace a invité quelques copains à venir faire la foire avec eux. Si voir figurer les noms de Division Of Mind, Scarab, Brain Tourniquet et The Final Agony n’a rien de très surprenant, j’ai cependant été beaucoup surpris de voir que les Américains avaient également convié les membres d’Antichrist Siege Machine à contribuer à ce premier album sur le titre "War Machine". Une confirmation de plus, s’il en fallait, que Killing Pace n’est pas là pour enfiler des coquillettes sur un collier de pattes...
Voilà, une page "Page" griffonnée il est temps de conclure et de vous inviter à jeter une oreille à ce premier album dès fois que vous n’auriez pas eu la jugeote de le faire grâce aux liens proposés sur votre droite. Je pourrais évidemment faire un rappel condensé de que j’ai tenté d’expliquer et de présenter lors des paragraphes ci-dessus m’enfin bon, j’imagine que vous avez saisi l’idée de tout le bordel et que l’on peut décemment en rester là sans me donner l’impression d’avoir bâclé cette conclusion potentiellement inutile. Bref, Killing Pace ça défonce et ce premier album met Nails (en tout cas celui d’Every Bridge Burning) six pieds sous terre sans lui demander son reste. Inutile donc de rabâcher ce qui a déjà été dit puisqu’à ce stade si je ne vous ai pas encore convaincu c’est qu’il est trop tard. Peace !
| | AxGxB 23 Février 2026 - 212 lectures |
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