Étonnant. Tout, de la calligraphie au choix de l’illustration en passant par la durée des titres, (de six à huit minutes) me laissait à penser que
MOSSYSTONE jouerait du
doom. Sans doute ai-je été induit en erreur par l’autre activité du compositeur au sein de
TRIMARKISIA car ce nouveau projet va venir explorer les méandres du
black metal atmosphérique. Cela dit, ne nous laissons pas abuser par le calme apparent de cette peinture de Jean-Baptiste Camille Corot, la musique étant à 70% belliqueuse, blastée et, je dois le reconnaître, d’une très bonne qualité.
Cette qualité perçue lors des écoutes est redevable à différentes caractéristiques fortes. La première, sans doute la plus évidente, s’attache au soin porté à l’enregistrement.
Wilhelm Osoba s’en étant occupé seul, chapeau bas, le travail est soigné, le chant et les instruments équilibrés, le ressenti est immédiatement agréable, d’autant que le raffinement du style musical n’aurait pas supporté une production brouillonne ou manquant de puissance. Mais au-delà de l’aspect esthétique de l’œuvre, c’est bien la profondeur langagière de ces trois compositions qui marquera les esprits. L’homme sait marier des tempos enlevés (« Unfulfilled Desire ») avec des éléments davantage
post (la montée superbe à compter de 04:00 dans « The Passenger ») qui s’expriment à travers de longues plages contemplatives, emplies de mélancolie, de songes d’une nuit d’été.
En effet, à l’image du calme pastoral de la pochette, le
black proposé par
MOSSYSTONE se veut clair, lumineux, poétique même, loin de toute négativité. Ici, point de guerre, de dépravation ou de satanisme, l’EP se vivra plutôt comme une journée de repos à la campagne, seul avec ses pensées vagabondes sur des chemins en friche. Le soleil sur la peau, le souffle léger du vent dans les feuillages, le pas lourd de fatigue, « l’univers transformé en après-midi de dimanche » (Cioran,
Précis de décomposition).
Difficile de décrire autrement les pistes que par des métaphores car, avec cette sortie,
Wilhelm Osoba a su toucher quelque chose qui n’appartient qu’à l’
anima sans pour autant se montrer mièvre, sans aucun sentiment d’apitoiement. Le compositeur dépeint des paysages naturels, la solitude des champs, un sous-bois ombragé, une claire rivière aux berges moussues, voilà tout. Son
post black atmosphérique parlera aux âmes solitaires, à ceux qui observent, prennent le temps de contempler et dont l’incessant monologue intérieur rythme l’existence.
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