Desert Eagle - The Festering Wound
Chronique
Desert Eagle The Festering Wound (Démo)
Approuvé par Bullet Tooth Tony dans l’excellent Snatch de Guy Ritchie, le Desert Eagle est un pistolet semi-automatique conçu au début des années 1980 par Magnum Research aux États-Unis et par Israel Military Industries en Israël. C’est aussi le nom d’un one man band américain actif depuis environ six ans et derrière lequel se cache The Forlorn Spirit. Un nom qui ne vous dit peut être pas grand chose mais dont on a pourtant déjà parlé ici même à l’occasion du premier album d’Oldowan Gash intitulé Hubris Unchained. Un nom dont on reparlera également dans les prochaines semaines à l’occasion d’un deuxième album annoncé pour le mois prochain chez Amor Fati Productions ainsi que pour cette première démonstration d’Ablazen Winds sur laquelle celui-ci opère en compagnie d’Incubare (Collier d’Ombre) et l’infatigable Rory Flay (Collier d’Ombre, Garmsblod, Ichors Glaive, Karghet, Kveldstimer, Lunar Sorcery, Osgraef...).
Sous ce projet baptisé Desert Eagle, notre homme n’a à ce jour sorti qu’une seule démo intitulée The Festering Wound. Parue en cassette en 2020 sur le label américain Feral Heart Productions (Oldowan Gash, Heilig Vuur, Sordid Crest...), celle-ci s’est vu rééditée l’année dernière en CD et en vinyle par le même label. L’occasion idéale pour mettre en avant cette sortie restée confidentielle mais qui pourtant mérite un peu de votre attention si vous êtes amateurs de Black Metal aux sonorités Street / Post-Punk assumées et aux mélodies à la fois lumineuses et absolument imparables.
Du haut de ses dix neuf minutes, The Festering Wound n’impressionne pas et revêt tous les atours de la démo un brin passe-partout que l’on peut trouver en nombre un petit peu partout sur YouTube. Néanmoins, on saluera le travail effectué par Feral Heart Productions sur ces récentes rééditions avec une illustration et une mise en page revues et corrigées pour un résultat bien plus convaincant et agréable à regarder. Côté compositions, ce sont quatre morceaux qui nous sont proposés (chacun étant intitulé selon la place occupée dans le tracklisting) dans un registre assez frais même si, soyons clairs, Desert Eagle n’entend pas chambouler quoi que ce soit avec sa formule.
Une formule simple qui repose en partie sur une production dépouillée et naturelle à l’équilibre savamment trouvé. Tout y est sommaire mais tout y est également perceptible à commencer par cette basse qui de ses délicieuses rondeurs dynamise l’ensemble sans pour autant s’imposer face aux autres instruments. Les guitares sont rêches et décharnées, la batterie un brin discrète (notamment sur les cymbales et le charley) et la voix écorchée et légèrement en retrait. Une approche rudimentaire et archaïque pour un résultat qui clairement ne manque pas de charme. Mais la production, aussi convaincante soit-elle, n’est évidemment pas l’élément clef de cette première démonstration. Les riffs entêtants de The Forlorn Spirit, leur ADN résolument Punk / Street Punk / Post-Punk et la nature dynamique et entêtante de chacune de ces quatre compositions jouent naturellement un rôle bien plus important dans l’appréciation de l’ensemble. Car derrière la simplicité de ces quelques accords en apparence pas bien compliqués et de cette batterie qui, calée bien souvent sur le même pattern, donne furieusement envie de taper du pied, l’Américain parvient sans forcer à nous transporter grâce à des mélodies particulièrement bien ficelées. Celles-ci revêtent une dimension à la fois épique, lumineuse et surtout fédératrice qui, pour peu que vous y soyez sensibles, vont alors vous donner envie de brandir le poing et de hurler à la mort. Il n’y a ainsi rien de bien sorcier dans ce que propose Desert Eagle sur cette première démonstration mais néanmoins il semble bien difficile de résister à l’appel de ces mélodies pleines de détresse, de rage et d’espoirs désabusés...
Rythmée par cette basse définitivement très présente ainsi que par cette batterie aux beats simples mais diablement efficaces et entêtants, la musique du one-man band américain n’est pourtant pas sans faire preuve de contrastes. Quelques brefs changements de cadences sont ainsi à constater ici et là ("I" à 2:42, "III" à 0:53, 1:45 et 3:33 et "IV" à 0:43, 1:40, 2:09 et 4:34) afin d’apporter un petit peu de relief à des compositions qui pour les trois quarts s’étirent tout de même sur plus de cinq minutes. Enfin, petite cerise sur le gâteau (à moins que mes oreilles soient sujettes à des hallucinations auditives), cette trompette discrète entendue au loin et à plusieurs reprises sur l’excellent "III" pour des sonorités cuivrées qui ont le mérite de changer de l’ordinaire et d’amener un peu d’exotisme mais aussi de douceur au Black Metal / Street Punk de Desert Eagle.
Petite démonstration sans prétention, The Festering Wound voit The Forlorn Spirit s’engager dans un projet plutôt rafraichissant même si on va y retrouver un petit peu, notamment à travers ces mélodies particulièrement bien troussées, du charme d’Oldowan Gash. Quoi qu’il en soit, ces quatre titres mêlant Black Metal, Street Punk et Post-Punk sont tous d’excellente facture et font de cette première démo une franche réussite à laquelle, on l’espère, une suite sera donnée un jour. En attendant, je vous invite vivement à y jeter une oreille, vous ne devriez pas avoir à le regretter.
| | AxGxB 11 Mars 2026 - 227 lectures |
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