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Mutagenic Host - The Diseased Machine
Chronique
Mutagenic Host The Diseased Machine
Parmi la multitude de nouvelles formations évoluant dans le Death old-school et monolithique il est difficile d’en nommer une en provenance du Royaume-Uni, vu que cela fait longtemps que nos voisins d’outre-Manche ne marquent guère les esprits dans ce style comme dans d’autres. Car s’il est vrai qu’à une époque ceux-ci nous ont envoyé cohortes de groupes désormais mythiques (BLACK SABBATH, IRON MAIDEN, VENOM, JUDAS PRIEST, DIAMOND HEAD, LED ZEPPELIN, BOLT THROWER, CARCASS, NAPALM DEATH, KILLING JOKE, CRADLE OF FILTH, MOTÖRHEAD…) ces derniers sont aujourd’hui soit à la retraite soit plus ou moins en fin de carrière, et hormis quelques éclairs récents de qualité (LVCIFYRE, SARPANITUM, MITHRAS) on n’a pas eu de quoi franchement s’emballer venant d’Angleterre, Ecosse ou Pays de Galles depuis un bon moment. Pourtant au milieu de ce marasme apparent on va voir émerger de la brume londonienne MUTAGENIC HOST qui après une première Démo remarquée sort enfin son album qui a tout pour le mettre directement sur orbite, car mélangeant habilement la jeunesse comme l’expérience de ses différents membres le quintet livre ici un disque dans la droite ligne de ce qu’ont pu proposer par le passé Karl Willetts et ses comparses. Car le mur sonore impénétrable présent ici et au rendu monolithique va donner immédiatement mal aux cervicales, comme l’envie d’aller prendre les armes en mode tuerie de masse.
Cela est immédiat dès l’ouverture intitulée « Neurological Necrosis » qui va mettre en avant toute la palette rythmique du groupe et en particulier sa propension à jouer (voire abuser) de la lenteur tout en gardant en permanence une grosse dynamique, vu qu’on a de suite une irrépressible envie de headbanguer entre quelques accélérations et ralentissements, ponctués de plans mid-tempo absolument redoutables et groovy. C’est donc grassouillet et suffocant tout en possédant un entrain communicatif où la fluidité ne faiblit jamais… ce que le massif « Genestealer » va proposer en gardant le pied sur le frein au maximum. Si ça n’accélère jamais ça garde un dynamisme de dingue de par des riffs affûtés et un son général massif et gras, qui n’oublie pas d’ajouter quelques courts plans en médium afin d’aérer l’ensemble qui reste néanmoins en mode pachydermique, ce que « The Twisted Helix » et « Incomprehensible Methods Of Slaughter » vont reprendre avec la même qualité en jouant toujours habilement sur cette vision de cauchemar étouffant. Néanmoins cela va aussi finir par montrer quelques limites car plus on va avancer vers la fin de ce disque et plus on va avoir l’impression légitime que la construction globale en devient prévisible et interchangeable d’un titre à l’autre, sans compter qu’on aurait aimé que les mecs lâchent plus régulièrement les chevaux au lieu d’être parfois trop dans la retenue et le bridage.
En effet « Artificial Harvest Of The Obscene » va garder cette même exécution en lorgnant presque vers le Doom le plus suffocant la majeure partie du temps (même si de courts passages impeccables en intermédiaire sont à noter), tout comme le dense « Organometallic Assimilation » aux accents tribaux et courts instants de tabassage intensif qui donne vite mal aux nuques les plus résistantes. Cela sera aussi le cas du massif « S.W.A.R.M. (Systematic War Against Rentless Machines) » où l’écrasement total est de rigueur mais qui propose quelques petites explosions disséminées sur sa durée, afin d’épaissir l’ensemble et qu’il y gagne en profondeur. Ce que « Promethean Dusk » au grand écart incessant (entre blasts destructeurs et ralentissements furieux afin d’accentuer la pression générale) va représenter fortement et avec plaisir, car on ne ressort pas indemne de tout cela malgré qu’on commence à trouver un peu le temps long du fait d’un manque de variations pas encore rédhibitoire… mais qui pourrait le devenir dans le futur sur ses auteurs ne font pas plus attention à ces détails.
N’hésitant pas y ajouter quelques soupçons de MORGOTH pour le côté froid la bande nous offre une réalisation pas exempte de défauts (comme expliqué plus haut) mais qui tient néanmoins largement la route, se plaçant donc à l’heure actuelle parmi les noms à suivre de son île et il est certain qu’on va suivre avec intérêt la suite de ses aventures. A elle dorénavant d’oser un peu plus dans le futur et de ne pas hésiter à appuyer sur l’accélérateur pour offrir des compositions encore plus performantes et variées, au risque sinon de rester un nom que l’on apprécie mais qui n’a jamais su (comme hélas beaucoup d’autres) donner la véritable mesure de son talent. L’avenir le dira donc… mais pour le moment on se contentera volontiers de ce « The Diseased Machine » bien burné et qui offrira aux fans des regrettés briscards de Coventry exactement ce qu’ils recherchent, et c’est finalement largement suffisant pour plaire au plus grand nombre.
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