Observé de l’extérieur,
COGADH nous renvoie l’image d’une formation folklorique : de l’esthétique de ses pochettes (celle de ce
Kingmaker bien sûr mais l’EP
Runetongue de 2022 n’est pas en reste) aux photos promotionnelles dans les profondes forêts québécoises en passant par un chanteur – batteur qui n’hésite pas à jouer de la flûte irlandaise, de l’accordéon ou encore du violon, la tentation serait grande de ranger hâtivement le duo dans la catégorie
pagan metal. Heureusement (pour moi), le groupe aime le
black lorsqu’il est virulent, ne laissant que peu de places aux instruments non électriques et au chant non saturé.
Si la carrière des Canadiens s’est pour le moment faite en totale indépendance, la qualité de ce premier album pourrait bien rapidement changer la donne. En effet, même s’il faut lui laisser le temps d’installer ses ambiances, l’intérêt ira crescendo tout au long des quarante-deux minutes, le meilleur se révélant après l’interlude instrumental « Donnchadh, the Hunter », jusqu’à l’apothéose « The Unbroken Line » où les vocaux explosent dans un accès de démence proprement fascinant. Pourtant, la musique pratiquée par
Ira (guitare, basse) et
Alex (batterie, chant) est on ne peut plus simple : la froideur nordique d’
IMMORTAL (« Spill the Giant’s Blood ») revendiquée via la reprise de « Pure Holocaust » sur l’EP précédent, un côté parfois gueulard qui laisse à penser que les compères cherchent à exprimer des influences
punk non raffinées, des riffs élémentaires néanmoins efficaces même si l’on pourrait leur reprocher d’être parfois répétés plus que de raison… Et c’est en cela que le talent se dévoile pleinement :
COGADH sait intelligemment varier les rythmes, changer d’atmosphère en ne modifiant quasiment pas une seule note, travaillant juste les modulations d’intensité, les patterns de batterie. Le vocaliste est également un atout majeur dans ce contexte rustique : versatile, il sait se montrer effrayant, agressif, enjôleur, sa voix claire (« Cromwell’s Curse ») étant au moins aussi intéressante que ses hurlements.
Comme je l’écrivais plus haut, le disque se bonifie au fil des compositions, ces dernières se montrant de plus en plus épiques, violentes, habitées également à l’image du magnifique « The Misery Scryer », parfait équilibre entre la fureur du
black metal scandinave et un refrain entraînant à la
PRIMORDIAL, à mon sens l’autre grande influence de la formation. Cet art consommé du contraste devient l’atout majeur des deux musiciens, leur capacité à écrire de longues pièces (près de dix minutes pour « Restrainer of Dreams ») imposant cette nouvelle entité comme l’une des forces vives de la scène canadienne qu’il faudra désormais avoir à l’œil, dotée d’une vitesse de progression impressionnante si l’on compare cette œuvre aux trois titres de
Runetongue. Le
black metal traditionnel a encore de beaux jours devant lui.
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