Impermanent - Forging Eternity
Chronique
Impermanent Forging Eternity (EP)
En dépit d’une page Bandcamp, d’un maigre site web et d’une entrée Metal Archives, je n’ai pas grand chose de factuel à vous apprendre au sujet d’Impermanent, formation londonienne active depuis seulement quelques mois et à laquelle on doit ce premier EP autoproduit sorti en février dernier. Un EP intitulé Forging Eternity paru sur Bandcamp uniquement et qui devrait plaire à tous les amateurs de Fatal Realm, Final Resting Place et plus globalement à tous les bons clients de New-York Death Metal (Dehumanized, Pyrexia, Suffocation, Entorturement, Internal Bleeding et j’en passe...).
Composé de cinq titres (parmi lesquels une conclusion instrumentale) pour une durée totale qui ne dépasse pas les quatorze minutes, ce premier EP est parvenu à me taper dans l’oeil grâce à son illustration aussi sommaire qu’engageante. Un artwork, un logo et des couleurs qui m’ont tout de suite fait penser à ce que l’on a pu voir précédemment chez les Américains de Final Resting Place et Simulakra... Une association d’idées qui s’avère d’ailleurs tout à fait sensée puisque effectivement les Londoniens jouent pendant près de quinze minutes la carte d’un Death Metal mâtiné d’influences Hardcore pour le moins évidentes.
Outre une illustration à même d’attiser la curiosité des plus inspirés, Forging Eternity a également pour lui une production particulièrement épaisse et à propos. Si l’auditeur est ainsi très vite écrasé par ces guitares féroces et implacables, il est aussi largement secoué par cette caisse-claire particulièrement naturelle et dépouillée. Un son de batterie sponsorisé par Tefal qui claque juste comme il faut pour un résultat qui naturellement n’est pas sans faire écho à certaines productions des années 90 et 2000. Bref, Impermanent ne s’y est évidemment pas trompé et le choix de cette production est clairement un atout majeur pour ce Death Metal / Hardcore de gros babouins dégénérés.
Alors évidemment, les Anglais n’ont absolument rien inventé et se contentent effectivement tout au long de ce EP de reprendre à leur compte une formule déjà exprimée par d’autres depuis belle lurette mais à vrai dire quelle importance ? Car si tout cela ne respire pas la grosse intelligence, le fait est que les cinq morceaux présents sur ce premier EP sont tous d’une efficacité absolument redoutable, même cette conclusion d’un petit peu plus d’une minute...
On retrouve ainsi chez nos Londoniens les mêmes ingrédients que chez les quelques groupes mentionnés ci-dessus à commencer par tout un tas de séquences chaloupées au groove absolument irrésistible et de breaks lourdingues taillés pour briser des nuques et frapper le sol (ou n’importe quelle personne proche de vous) avec ses poings. Tout cela n’est effectivement ni très fin ni très distingué et encore moins pacifiste mais bordel, quel panard ! De "Mass Psychogenic Illness" à 0:55 et 1:33 à "Spiralisation" à 0:20, 1:11, 2:06 et 2:57 en passant par "Defilement Of Self" à 0:32, 0:52 ou 2:19, "Corporal Immortality" à 0:22, 1:16 et 3:01 ou "Outro" à 0:28, le groove insufflé non sans générosité par Impermanent tout au long de ces treize minutes va certainement vous faire transpirer à grosses gouttes et par la même occasion vous donner envie de tout défoncer autour de vous. Et si ce groove est évidemment l’affaire de tous, j’avoue prendre également beaucoup de plaisir à l’écoute de certains plans de batterie détendus et hyper groovy qui amènent une soupçon de "swing" supplémentaire à l’ensemble. Mis bout à bout ces éléments ne vous feront probablement pas paraître plus intelligents que vous ne l’êtes mais ce qu’il faut surtout retenir de ce premier EP est qu’il constitue avant tout un parfait exécutoire pour quiconque ayant besoin de se défouler.
Bête de groove et de déhanché, Impermanent n’est pas non plus avare en accélérations et autres séquences plus tendues. Moins nombreuses et plus brèves, elles n’en ponctuent pas moins chaque titre sous formes de blasts soutenus ("Spiralisation" à 1:55, les premiers instants de "Defilement Of Self", "Corporal Immortality" à 0:59 et 2:28, "Outro" à 0:03) ou d’accélérations thrashisantes plus simples mais toujours ultra-efficaces ("Spiralisation" à 1:39, "Defilement Of Self" à 2:01). De quoi apporter évidemment un soupçon de relief dynamique et rendre ainsi encore plus plaisant ce petit quart d’heure. Enfin on saluera également cet effort mélodique consenti sur "Corporal Immortality" à 2:02 et concrétisé sous la forme d’un solo pas forcément hyper technique mais suffisamment fluide et inspiré pour apporter en effet une petit touche de fraîcheur mélodique bien sentie.
Définitivement acquis à la cause de ces jeunes londoniens qui n’ont pas eu à lutter un seul instant pour réussir à me cueillir, j’espère seulement que la suite sera un petit peu plus consistante car en l’état un léger sentiment de trop peu subsiste. Encore une fois, rien de neuf dans ce que propose aujourd’hui Impermanent mais l’ensemble est tellement bien troussé que je ne vois pas comment un amateur de tous les groupes cités plus haut pourrait ne pas y trouver son compte. Voilà ce que l’on appelle une entrée en matière réussie. Vivement la suite.
| | AxGxB 20 Avril 2026 - 285 lectures |
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