Alors lui on l’attendait au tournant, car quoi qu’il en ressorte il allait être décisif pour l’avenir musical de ses auteurs qui nous ont fait passer par toutes les émotions depuis leurs débuts, vu qu’après un démarrage réussi avec le très sympathique
« Prophecies Of Eternal Darkness » ils nous avaient franchement déçus avec le très moyen et ennuyeux « Burning Shadows In The Southern Night » qui s’éloignait de son style originel pour quelque chose de plus occulte, mais qui ratait au final totalement sa cible. Du coup on ne savait pas trop à quoi s’attendre aujourd’hui et on espérait que le quatuor allait remonter la pente, surtout qu’il part sur de nouvelles bases désormais… car outre une signature chez les vétérans de Metal Blade il nous gratifie également d’un nouveau logo moins déchiffrable et plus mystérieux, signe donc d’une orientation qui continue à partir vers quelque chose d’opaque et de difficile d’accès. Car si au départ la musique du groupe était relativement sobre et accessible au fur et à mesure elle est devenue plus brumeuse et tribale, gagnant en profondeur ce qu’elle perd en sobriété et attractivité vu qu’il semble désormais acquis que le combo persévère dans cette veine où il montre de nombreuses imperfections.
Se structurant autour du chiffre trois (trois actes de trois suites et séparés chacun par trois interludes/instrumentaux) ce troisième opus va jouer sur les différents versants entendus chez ses deux prédécesseurs, avec son lot de mélodies sinistres et de lumière émergeant du néant comme pour nous embarquer vers des contrées moins tortueuses et plus apaisées. Chaotique mais aussi donc propice à une surélévation de l’âme ce « Transcend Into Oblivion » va donc parfaitement porter son nom, et si là encore le rendu va être parfois un peu inégal et bancal il va heureusement être supérieur au précédent chapitre et ainsi prouver que la bande n’est pas encore sur le déclin tant elle a encore des choses intéressantes à dévoiler. Car si « Fires Of The Apocalypse, Light My Path I » va avoir tendance à un peu traîner en longueur on va immédiatement s’apercevoir que cette ouverture a des arguments intéressants à faire valoir, vu que ça joue sur la variété rythmique totale et un ressenti aussi bien basé sur la noirceur absolue que la blancheur immaculée de la neige hivernale. N’hésitant donc pas à alterner entre vitesse intense et bridage marqué ce premier morceau offre un bon panel de ce qu’est capable de faire positivement l’entité, et ce malgré un enchaînement avec « Fires Of The Apocalypse, Light My Path II » assez poussif et répétitif. Car si les bonnes idées s’entendent lors de son démarrage ça va hélas s’embourber un peu de par des relents martiaux linéaires et un rendu occulte pas du meilleur goût qui sonne franchement un peu bancal… mais heureusement le dernier tiers de ce premier triptyque (« Fires Of The Apocalypse, Light My Path III ») va clairement relever le niveau en proposant un rendu plus frontal et direct, à la fois épique et brutal où aucune futilité n’est à l’horizon… confirmant donc que ses auteurs savent être efficaces en allant à l’essentiel et en ne cherchant pas la technicité débridée. Ici c’est sobre, énergique avec une furieuse envie d’en découdre comme de headbanger et clôturant donc avec efficacité ce premier tiers avec un interlude où retentit un piano inquiétant qui gagne en dureté au fur et à mesure de son avancée, et ce avant la deuxième partie de ce disque où ça va grimper en technique comme en rendu religieux.
Et comme précédemment la qualité sera au rendez-vous même si on n’évitera pas l’écueil de quelques moments quelconques, tels qu’on les entend sur « Servants Of Darkness, Guide My Way I » qui va miser sur le grand écart classique mais va être plombé par une prévisibilité sans bornes comme une temporalité excessive, et une simplification de l’ensemble aurait pu être meilleure… cependant cela ne va pas durer comme va le proposer « Servants Of Darkness, Guide My Way II ». Montrant une facette plus élaborée cette plage (comme celle qui va suivre) mise ici sur une brutalité exacerbée qui se greffe à un long passage d’obédience Doom, créant ainsi un sentiment d’écrasement total mais où les surprises sont nombreuses… notamment quand la guitare se fait douce et acoustique pour porter ainsi l’esprit plus sereinement après ce voyage dans une nuit intégrale… ce que « Servants Of Darkness, Guide My Way III » va reprendre tout en y ajoutant un rendu solaire apaisant. Particulièrement rampante en misant sur la pédale de frein cette composition va néanmoins voir la lumière apparaître progressivement au milieu de cette brume impressionnante, avant que quelques redoutables explosions de violence retentissent ici et là… offrant donc quelque chose de plus virulent mais aussi plus apaisé au défunt qui continue de grimper dans les hautes sphères vers le paradis éternel via une sérénité retrouvée.
D’ailleurs cet apaisement va se conforter sur le court « Mystical Creation Of Enlightenment » éthéré et aux atmosphères cotonneuses avant que ne déboule le dernier volet de ce trio musical, avec d’abord l’excellent et entraînant « Horns Of Destruction, Lift My Blade I » où l’on retrouve avec plaisir la facette la plus inspirée et vindicative de ses auteurs. Officiant ici dans un registre immédiat et court (où ça se montre dynamique à souhait et avec l’envie constante de secouer la tête) les Américains ne ralentissent jamais la cadence pour mieux prendre l’auditeur à la gorge, mais sans oublier néanmoins de poser quelques ralentissements disséminés pour densifier le tout où l’alternance est de rigueur… un grand écart avant que « Horns Of Destruction, Lift My Blade II » ne pointe le bout de son nez, et avec lui un résultat plus minimaliste mais pas moins intéressant. Lorgnant presque vers l’Indus’ on y découvre une vision très rudimentaire de l’écriture des gars, qui offrent un rendu martial et totalitaire en mode rapide où nul optimisme n’est présent… et ce même si une certaine espérance apparaît en guise de conclusion, et lancer ainsi idéalement « Horns Of Destruction, Lift My Blade III » qui va aller largement vers les deux extrémités de tempos disponibles. Car on va avoir droit en guise de bouquet final à une lourdeur démesurée comme à un tabassage indécent, chacun des deux ayant droit à un long passage pour qu’il puisse s’exprimer correctement, reprenant ainsi tranquillement les choses déjà jouées en amont et qui se finissent de nouveau par du piano inquiétant. Tout cela avant que l’outro solaire et aux accents presque western et grands espaces ne déboule avec « Toward The Necrofier », qui clôture un disque qui demandera du temps et de l’attention pour être totalement appréhendé.
Car oui malgré une relative simplicité de certains passages la majeure partie du temps il faudra s’armer de patience pour décrypter correctement ce contenu particulièrement dense et difficile d’accès, où l’ambition n’est pas un vain mot. Si ça n’est pas encore avec ça que les Texans vont prendre du galon au sein de l’échelon international ils rattrapent quand même l’erreur de parcours de leur précédent long-format, et même si ici on aura des moments où l’on sera tenté de passer vite fait à la plage suivante l’allant a été retrouvé et ça n’est déjà pas si mal. Relativement cohérent dans son concept et aidé par des harmonies nombreuses ceux-ci offrent un enregistrement sympathique et bien troussé où classicisme, modernité et messe noire se mêlent intelligemment entre elles avec un mysticisme assourdissant qui nous emmène aux tréfonds de l’âme humaine et des questions existentielles qui la compose. Un travail de réflexion philosophique et psychologique digne donc des grands penseurs, et rien que pour ça on ne peut qu’adhérer au message voulu même si un peu plus de sobriété temporelle comme dans l’exécution ne sera pas de refus à l’avenir pour arriver à passer à l’étage supérieur où évolue actuellement NECROFIER… car hormis un public de passionnés peu connaissent ce nom et il est probable que cela soit pareil dans le futur. À voir donc ce que l’avenir nous réserve, pour l’instant le résultat produit nous satisfait même si on est en droit d’en demander plus et mieux, vu qu’il manque toujours un truc pour nous satisfaire totalement… peut-être la prochaine fois, on verra bien.
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