Vaulderie - Sanguinoctum
Chronique
Vaulderie Sanguinoctum
Ce qu’il y a de bien avec certains labels c’est qu’on sait exactement à quoi s’attendre musicalement comme qualitativement, c’est le cas de Witches Brew où aucune surprise ni aucune déception n’est à prévoir tant les groupes qui figurent sur son catalogue sont homogènes stylistiquement comme du côté de l’attractivité. Car on a l’habitude de trouver signés chez les Allemands des formations évoluant majoritairement dans du Thrash qu’il soit rétro et classique ou enroulé de noirceur occulte, c’est ce dernier point qui va faire mouche chez VAULDERIE qui signe ici un premier album quatre ans à peine après ses premiers pas au sein de la scène de Tacoma dans l’état de Washington d’où il est originaire. Si pendant longtemps on s’était habitués à voir débarquer de ce secteur nombre de groupes de Grunge, la région de Seattle renferme aussi d’autres combos intéressants dont justement celui-ci… qui sans prétendre réinventer quoi que ce soit va parfaitement faire son travail de sape avec une musique cradingue, sobre et rudimentaire où l’on sent aussi bien un peu de MOTÖRHEAD, que du DESTRÖYER 666 et des vieux vétérans d’outre-Rhin.
Tout cela va donc se mélanger et être exécuté tranquillement pendant trois-quarts d’heure sans difficultés notables, même s’il faut bien reconnaître que cela ne va pas être exempt de longueurs et de redondances liées principalement à une durée globale excessive qui auraient pu être évitées en raccourcissant quelques titres… ainsi qu’en supprimant certains autres qui font clairement office de remplissage. Mais cela ne doit pas faire oublier le bon rendu général auquel on a droit vu que ce disque est de la bonne deuxième division, efficace et bien exécutée où la rythmique est majoritairement élevée durant la grande partie du temps, comme on va s’en rendre compte immédiatement avec « Calling The Blood » et « Nocturnal Hound ». Ces deux morceaux servent en effet de bonne petite mise en bouche en jouant de façon quasiment continue sur la vitesse, avec une batterie en minimum syndical tout comme les riffs primitifs et joués en boucle avec néanmoins force et conviction, ce qui fait qu’on se laisse prendre au jeu… surtout qu’un gros dynamisme ressort de tout ça avec en prime l’envie immédiate de taper du pied, et ce malgré une production un peu faiblarde qui aurait mérité de gagner en puissance. C’est donc rudimentaire et hormis quelques courts ralentissements en médium ça ne varie presque jamais (ce que « Befouled » situé un peu plus loin va répéter de la même manière tout en gardant son efficacité), d’ailleurs « Sanguinoctum » va aller crescendo dans cette voie en misant sur une facette Punk débridée et sans atteindre des sommets l’ensemble se découvre facilement surtout que le cerveau est totalement mis en sommeil et appréciant ainsi d’autant plus tout cela.
Il est en effet évident qu’avec ce genre de sorties il n’y a pas besoin d’être hyper attentif, les gars récitent tranquillement leurs gammes et le minimalisme ambient fait largement l’affaire, et ce même quand ils décident d’allonger à l’envi leur propos comme avec « Flight Of The Gargoyles ». Car durant plus de six minutes la bande va proposer plus de profondeur et de densité, tout en n’hésitant à varier les plaisirs rythmiquement et y ajouter quelques doses de Heavy bien senties qui trouvent facilement leur place au milieu des parties endiablées et du mid-tempo épique qui sent les grandes heures de KK Warslut et ses comparses (dont la plage suivante - le furieux et vindicatif « Bloodhammer » - semble là aussi directement tirée de « Phoenix Rising »). Et si on s’accommode parfaitement du très noir et énervé « From Thy Crypt » qui nous propose sa grosse rasade de blasts à cheval avec d’autres en rythme intermédiaire… à partir du dernier tiers de cet opus on va commencer à perdre doucement mais sûrement en intérêt, tant ce qui arrive va être interchangeable et relativement monotone. On n’en tiendra cependant pas rigueur vu que la doublette « Mortcage » / « Voivodes Of Vengeances » se montre assez hétéroclite, n’hésitant pas à jouer les montagnes russes avec sérieux, et malgré une temporalité trop importante cela montre que les gars savent lever un peu le pied et offrir quelque chose de plus complet que précédemment.
Se terminant par l’agréable « Among The Aeries » (à défaut d’être réellement marquant) cette première réalisation des Américains a tout pour plaire lors des premières parties des festivals comme des têtes d’affiche, c’est sans aucune prétention mais ne peut pas espérer mieux pour le moment vu qu’il faudra oser un peu plus à l’avenir et diversifier son propos pour pouvoir prétendre attirer plus de monde dans ses filets. Néanmoins s’il est certain que ce long-format sera rapidement oublié dès l’écoute finie on aimera se le remettre par périodes, histoire d’apprécier le boulot fourni à la fois sympathique et professionnel malgré un relatif manque de maturité et de variations. En attendant c’est idéal comme parfait défouloir et avoir quelque chose en fond sonore où le dilettantisme est de rigueur, rien de génial donc mais néanmoins loin d’être mauvais… du milieu de tableau comme on en trouve des centaines mais heureusement largement supérieur aux trucs infâmes dont Comatose et Unique Leader sont les spécialistes… et finalement ça suffit déjà amplement.
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