Tarask - Sitra Ahra
Chronique
Tarask Sitra Ahra
Parler de TARASK, c’est avant tout se souvenir de son ancien label, aujourd’hui disparu : Feu Follet Productions. Il aura tenté de survivre à une époque compliquée, ayant vu le jour peu après le Covid. Il restera aussi comme un label ayant donné leur chance à des groupes encore débutants : CERTA MORTIS, DËGENERESCENCE, FEUILLE MORTE... Oui, il y a comme un parfum de nostalgie dans l’air. Le premier album de TARASK, Pharus Morti, en aura d’ailleurs peut-être été la dernière sortie, en décembre 2021. Mais le Toulonnais n’est pas resté sans maison bien longtemps, et son deuxième essai a attiré les faveurs d’une écurie bien établie : Antiq Records. C’est généralement un gage de qualité, ou du moins la promesse d’un travail méticuleux, sincère et cohérent.
Et de ce côté-là, pas de problème : c’est bel et bien le cas. Les compositions de l’album, toutes intitulées « Evocation » et numérotées de I à VI, sont à la fois puissantes et personnelles. Chaque morceau a surtout l’avantage de proposer un élément distinctif qui donne envie d’y replonger immédiatement. Sur « Evocation I », c’est le riff du refrain qui marque les esprits, tandis que « Evocation II » se distingue notamment par l’apparition de ce que j'identifiais au début comme un piano mais qui s'avère être "une guitare mixée très cristallin, c'est joué sur une gratte 7 cordes avec un micro modifié pour sonner avec un effet piezzo" (dixit l'artiste). Sur « Evocation III », la hargne est particulièrement communicative, et le final, porté par des chœurs légers, apporte une touche très réussie.
Mais la surprise la plus inattendue, et sans doute la plus clivante, se trouve sur « Evocation IV » : alors que le morceau débute une nouvelle fois avec une énergie marquée, dans une veine black metal aux mélodies imparables, il s’apaise brusquement au bout de deux minutes pour laisser place à une guitare acoustique et à des vocaux féminins. Des vocaux étranges, qui évoquent le timbre d’Audrey Sylvain, sans que l’on parvienne vraiment à déterminer s’ils sont justes ou complètement à côté. Jusqu’à ce que la question cesse d’avoir de l’importance, tant ils dégagent du charisme. Après cela, difficile de surprendre davantage, mais « Evocation V » parvient malgré tout à affirmer sa personnalité, avec une touche dépressive à la SHINING et, une fois encore, des chœurs bien amenés en conclusion. Après tout cela, le très calme « Evocation VI » pourra sembler un peu pâle. Il conclut pourtant l’album avec justesse, en installant une atmosphère de semi-obscurité assez réussie.
Il s’agit d’un album particulièrement riche, intéressant tant sur le plan musical que sensoriel. Son premier défaut est peut-être de ne pas parvenir à transmettre clairement l’histoire qu’il entend raconter. Il m’a fallu me renseigner pour apprendre qu’il « traite du consumérisme, de la société moderne et propose une critique d’un monde où l’individu est contraint à la conformité et obligé de combattre, seul, ses démons ». Le second tient à quelques passages moins marquants : lorsque le groupe ne s’appuie pas sur ses idées les plus fortes, l’attention retombe légèrement.
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