Sickle of Dust - Across the Vultures Trail
Chronique
Sickle of Dust Across the Vultures Trail
Bien entendu, les labels sont encore nécessaires, malgré tous les outils qui permettent à n’importe qui de sortir son album par ses propres moyens. Les plateformes sur lesquelles les formations peuvent publier leurs compositions sont particulièrement développées, mais justement, comment trouver la perle rare dans un océan de sorties ? Les labels permettent de faire un tri, en choisissant des artistes qui correspondent à leur ligne directrice, et nous aident ainsi à y voir plus clair. Il y a peu, j’ai passé commande chez Flowing Downward, parce que c’est lui qui a proposé (4.0°) Tsalmaweth, le tout dernier album de DAUGHTERS OF SOPHIA. Et pour compléter ma commande, je me suis intéressé à ses autres poulains, dont le Russe SICKLE OF DUST. Et là, le choc. J’étais passé à côté de ses quatre albums précédents alors qu’il officie dans un style qui m’est cher, et qui est en plus excellemment exécuté : l’atmosphérique mélancolique.
SICKLE OF DUST est tenu par un seul homme, Ash. Loin d’être un nouveau venu, le monsieur de 51 ans a déjà joué dès les années 90 dans un groupe nommé NEUTRAL. C’est en 2016 qu’il fonde cette formation, et, entre nous, elle mériterait beaucoup plus d’exposition que ce qu’elle a connu jusqu’à maintenant. Il possède un excellent sens de la mélodie, porté par des orchestrations magistrales. Il en place une exceptionnelle dès les premiers instants de « Brothers of the Storm », ouvrant instantanément les portes vers un monde désolé où rôdent les effluves d’une nostalgie profonde. J’ai bien conscience que l’emploi de superlatifs peut sembler lourd, voire excessif, mais je n’ai vraiment pas le choix tant je suis immédiatement cueilli par les ambiances. Je regrette souvent que les groupes atmosphériques à tendance épique fassent trop dans la clarté, sans ajouter la pointe de noirceur nécessaire qui rend le tout plus mature, plus désabusé. Ici, ces éléments sont bien présents. Je ressens, sur ces cinq compositions, un équilibre parfaitement maîtrisé entre les différentes ambiances. Oui, l’auditeur aura tendance à se redresser en écoutant ces passages flamboyants, mais cela ne lui permettra que de contempler des paysages incendiés et d’autres en ruine. Il n’y a pas de décors paradisiaques ni de couleurs chatoyantes.
Et cette retenue est due aux mélodies plus tristes, à l’utilisation de la mandoline ou de guitares acoustiques, mais aussi à des vocaux faits de hurlements black metal typiques. Il y a bien quelques passages déclamés, mais là encore, ils restent matures et apportent une sérénité apaisante plus qu’une véritable ouverture vers un quelconque espoir.
Je n’ai que des louanges à offrir à SICKLE OF DUST, et je ne peux que conseiller à tout amateur de black atmosphérique de s’engouffrer dans ces quarante minutes exceptionnelles, sans la moindre faute de goût. Et merci à Flowing Downward de l’avoir sorti en CD en janvier 2026, quelques mois après la version digitale autoproduite.
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