Gluttony - Eulogy To Blasphemy
Chronique
Gluttony Eulogy To Blasphemy
Mine de rien malgré son statut bien maigre d’honnête artisan de la seconde division de son pays il faut reconnaître à GLUTTONY la volonté de s’accrocher à répandre la bonne parole du son HM-2, et ce contre vents et marées qui se montrent clairement défavorables vu que chacune des sorties du quatuor s’est faite soit en catimini comme en autoproduction ou via les Néerlandais de Vic Records dont le catalogue n’est clairement pas fameux. Pourtant après maintenant dix-sept ans d’ancienneté un virage important est peut-être en train d’avoir lieu pour le groupe, qui sort ce nouvel album chez les Allemands de F.D.A. Records… et qui même s’ils ne sont plus aussi qualitatifs qu’il y a une décennie arrivent encore à dégoter de temps en temps quelques noms intéressants. Si l’on n’attendait pas de miracle de ce quatrième opus c’est en revanche celui qui va bénéficier de la meilleure exposition et c’est franchement ça de pris, vu que musicalement on va rester dans quelque chose de basique au possible mais auquel il manque toujours un truc pour véritablement se démarquer de la concurrence locale.
Pourtant il serait dommage de ne pas donner sa chance au combo de Sundsvall qui arrive à produire de bons morceaux simples et efficaces, même si évidemment tout cela sonnera vite interchangeable voire répétitif… vu que la construction générale va être globalement la même durant ces quarante minutes sympathiques au demeurant, mais dont il sera difficile de retenir quelque chose une fois arrivé au bout de l’ultime seconde. Néanmoins on se laisse facilement embarquer par l’équilibre remuant de « All These Trees Are Gallows » où tout le panel rythmique est de sortie, ou encore la lourdeur plus marquée de « Hung From Entrails » qui s’agrémente de quelques accélérations brutales et de mid-tempo redoutable… ainsi que du grand écart marqué de « Excoriation Thrall » où la vitesse est prépondérante et bien calée aux deux extrémités où une partie massive émerge en son centre et parfaite pour headbanguer comme il faut. Tout cela est donc très simple du côté des riffs minimalistes mais propres du guitariste comme par le frappeur qui sait être précis sans en faire des tonnes, ceux-ci (ainsi que les deux autres membres) nous faisant donc apprécier ces différents instants même si un soupçon de variété aurait été nécessaire, vu qu’on finit par presque savoir à l’avance où vont tomber tel break ou accélération redoutable.
Et si l’attention va quelque peu baisser avec les mitigés « Eulogy To Blasphemy » et « Awoken In Autopsy » plombés par des longueurs pour le premier et une trop grande prévisibilité pour le second, en revanche on se laissera facilement emmener par la noirceur intégrale de « A Face Devoured By Rats » qui joue les montagnes russes entre rapidité exacerbée et passages pachydermiques au groove toujours constant. D’ailleurs il était dit que l’attractivité allait gagner en force au fur et à mesure de l’avancée de ce long-format, car côté lourdeur ça va aller plus loin sur l’impeccable « Corpses Eating Corpses » au riffing découpé et au bridage imposant qui ne desserre son étreinte que par courtes bribes, mais sans que l’envie de secouer la tête ne faiblisse. Un choix repris partiellement sur « Threshold To Nonexistance » qui va aussi lâcher les chevaux à plusieurs reprises, pour offrir une vision hyper débridée et presque Punk par moments… ce que la conclusion « Immured By Rotting Corpses » va pousser plus loin via une énergie débordante et ne faisant pas de quartiers, tant c’est frontal presque en permanence et parfait pour finir un enregistrement sans réelle fausse note (tout ça sans oublier l’épique et remuant « A Haunting Wordless Choir » proposé entre ces deux plages et qui va étonner – au sens positif du terme – tant on y sent une très large influence BOLT THROWER qui fait parfaitement le boulot).
Facile à écouter comme à digérer cette galette vindicative et rythmiquement groovy a de quoi satisfaire une frange du public peu exigeante, souhaitant simplement se vider la tête sans chercher plus loin… car ça reste de la (bonne) première partie, mais ça n’ira pas plus loin vu qu’on n’y trouvera aucun hymne marquant. De fait par rapport à ce qui se fait actuellement dans son royaume dans un registre similaire (FERAL, INTEREMO…) ça reste un iota en-dessous, même si c’est largement écoutable et plaisant. Idéal donc à écouter aussi bien en dilettante que de façon attentive cet éloge du blasphème satisfera donc facilement le plus grand nombre, et contribuera à être une pierre supplémentaire à l’édifice de la grande famille du Death gras et humide venu de Suède et c’est déjà pas si mal… surtout qu’on doute que ses auteurs soient réellement capables de faire mieux à l’avenir.
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