Duir - Catarsi
Chronique
Duir Catarsi
Les éléments extra-musicaux peuvent-ils nuire à la qualité d’un album ? Certains vous répondront immédiatement que oui, en prenant comme principal exemple l’idéologie du groupe. Comment apprécier une formation qui met en avant des opinions trop éloignées des nôtres ? Personnellement, cela ne me pose aucun problème. J’écoute justement du black metal pour découvrir la colère des autres, comprendre ce qui les pousse à s’exprimer et à utiliser cet art noir pour défendre leur vision du monde. En revanche, il m’arrive d’être refroidi par d’autres raisons qui paraîtront sans doute absurdes à la plupart… Un label, une pochette, un clip, une nationalité, une référence… Il y a des détails qui me font tiquer et qui me poussent à faire un pas en arrière avant même d’avoir lancé l’album. Lorsqu’il n’y en a qu’un, j’arrive généralement à en faire abstraction. Mais DUIR… en a accumulé plusieurs.
Avant tout, le groupe est signé chez AOP Records. Et si le label compte dans ses rangs un poulain exceptionnel, ELLENDE, il abrite aussi, à mon goût, beaucoup trop de formations qui s’écoutent jouer et qui ont franchi la frontière du « trop lisse pour Sakrifiss ». HARAKIRI FOR THE SKY, SERVANT, HERETOIR… Ces groupes ne sont pas mauvais, loin de là, mais ils m’ennuient. Je n’arrive pas à me laisser happer par leurs ambiances, qui me paraissent tellement fabriquées, tellement préméditées… Creuser un trou pour me faire tomber dedans, c’est une chose ; installer des clignotants tout autour pour être certain que je marche dedans, c’en est une autre.
DUIR n’évolue toutefois pas exactement dans le même registre que les formations que je viens de citer. Son approche est moins « moderne ». Il s’agit d’un groupe italien fondé en 2013 par MK, avec l’ambition de mêler ses influences personnelles aux sonorités du folk et du black metal. Est-ce original ? Non, justement. Est-ce bien fait ? Évidemment. Est-ce efficace ? C’est plus discutable. Le travail est tellement sérieux que l’auditeur ne peut qu’admirer la qualité de la composition et des arrangements. Pourtant, la lassitude finit par s’installer assez rapidement. Tout semble très codifié, très calculé pour séduire des oreilles distraites en quête d’émotions immédiates. Ce folk / black metal mélodique et atmosphérique est clairement taillé pour la scène, et rien d’étonnant à ce que le groupe ait déjà partagé l’affiche avec GROZA, GAEREA ou DARKEND. Tout cela est finalement assez logique.
Voilà ce qui me freine et empêche mon cerveau de se libérer complètement pour simplement se laisser porter par les compositions. Heureusement, la cornemuse me préserve souvent de l’ennui, tout comme la flûte et la vielle à roue. En réalité, sans TZ, le musicien chargé de ces instruments, je crois que je serais nettement plus sévère envers Catarsi…
En revanche, je dois saluer le travail accompli autour du concept. L’histoire se déroule pendant la Première Guerre mondiale et suit un jeune soldat partagé entre la fierté, le désespoir et l’oubli. Les clips pourront eux aussi diviser. Ils mettent largement en avant les membres du groupe, qui n’ont pas résisté à la mode des masques et des costumes. Les leurs sont ornés de néons en forme de branches… une idée qui fait directement écho au nom du groupe, puisque DUIR signifie « chêne » en celtique.
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