Si je vais vous dire beaucoup de bien de cet album de
NARGAROTH, je ne vais pas pour autant exagérer et tomber dans la surenchère. Oui, il est de très bonne facture, mais il n’est sans doute pas le meilleur méfait d’Ash. Bon… on pourrait dire que cela se discute et que tout dépend de ce que l’on attend ou espère de l’Allemand, et on toucherait alors justement à l’un des points les plus importants de l’affaire. Car voilà, nous connaissons tous
NARGAROTH et nous avons tous un avis différent sur l’album qui le représente véritablement, tout simplement parce qu’il a réussi à plaire dans des styles différents. Ainsi, pour apprécier un nouvel album à sa juste valeur, il est toujours recommandé de faire table rase des précédents.
Alors, avant de vous lancer dans
Apocalyptic Steel, oubliez
Jahreszeiten, oubliez
Geliebte des Regens, oubliez même
Black Metal ist Krieg (A Dedication Monument). Non pas qu’il n’y ait aucun élément en commun, mais attendre une suite à l’un d’eux est voué à provoquer une déception. Par contre, celui qui le sait, celui qui l’a compris, lui, aura les oreilles suffisamment ouvertes pour saisir la qualité de ces huit nouvelles compositions (je ne compte pas l’introduction de moins d’une minute).
Apocalyptic Steel possède effectivement des saveurs encore différentes de celles des albums passés, et celle qui saute le plus au palais, c’est cette touche thrash/death implacable, très accessible mais aussi terriblement efficace. Couplée à des vocaux hachés et bien ciselés, elle apporte une nervosité et une excitation contagieuses. Je suis vraiment époustouflé par l’énergie qui se dégage de « Steel Apocalypse », « Twisted Steel », « I Drink Alone » et « Metalheart ». Ces quatre morceaux sont plutôt courts, faisant en moyenne quatre minutes, mais ils dépotent avec succès.
C’est ensuite qu’arrive un premier virage dans l’album avec « Dresden », au rythme plus lent, plus lourd et accompagné de vocaux clairs. C’est une pause, une éclaircie, mais aussi un passage salvateur dans
Apocalyptic Steel, qui montre que les émotions peuvent encore être variées quand on s’appelle
NARGAROTH. Sur les trois titres restants, l’un sera le plus extrême de la galette (« Shelter the Faithless »), tandis que les deux autres seront ceux qui offriront le plus de nuances. « Man of Mayhem » et « Requiem Germania » parviennent avec talent à jongler entre touches agressives et épiques, le tout saupoudré de mélancolie.
L’orientation prise par le groupe déplaira à une catégorie d’auditeurs, voire à certains fans de longue date. Et pourtant, il y a de très bonnes choses à se mettre sous la dent. À condition, justement, de ne pas chercher le
NARGAROTH que l’on connaît déjà.
Apocalyptic Steel ne tente pas de recréer les émotions de ses prédécesseurs : il préfère miser sur l’impact, l’énergie et une efficacité presque immédiate, sans pour autant sacrifier totalement les nuances qui ont toujours permis à Ash de dépasser les limites d’un black metal trop balisé. Ce n’est peut-être pas son album le plus marquant, mais il donne envie d’y revenir, sans doute parce que c’est assurément un disque qui sait où il va et qui y va avec une sacrée détermination.
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