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Sectarian Defacement - Hostile Consuming Rapture
Chronique
Sectarian Defacement Hostile Consuming Rapture
Malgré le conflit sur son territoire avec son encombrant voisin la vie continue tant bien que mal au sein de l’Ukraine, notamment au sein de sa scène Metal qui perpétue une tradition ancienne de qualité et de productivité devant l’adversité et les problèmes, vu que celle-ci ne s’est jamais arrêtée de vivre et de composer depuis le début de la guerre en 2022. On peut en effet s’en apercevoir aussi bien du côté des vieux briscards reconnus (DRUDKH, HATE FOREST) que des jeunes loups motivés, dans des registres très différents les uns des autres… preuve donc de la vivacité des genres extrêmes au sein du pays. Car en attendant le retour imminent de MORTAL VISION on a vu récemment émerger également NIGHTSPELL, et après ces deux réussites il va falloir aussi compter sur SECTARIAN DEFACEMENT qui après un court Ep alléchant livre un premier album particulièrement efficace, dans un registre toujours compliqué à gérer. Car évoluant dans un Brutal Death minimaliste le trio basé à Kiev a clairement les armes pour se démarquer dans un style où pullule nombre de formations de bas étage, et il y arrive très bien sans chercher à révolutionner quoi que ce soit en à peine une demi-heure où l’on trouve des morceaux implacables… ainsi qu’une reprise de DEFEATED SANITY, pour conclure dignement un opus très prometteur qui va tout défourailler sans pour autant être ennuyeux et redondant, et ce malgré quelques erreurs de jeunesse inévitables.
Car dès qu’on a passé la courte introduction ce qui va apparaître immédiatement à nos oreilles c’est cette production digne d’une Démo, brute de décoffrage avec une grosse reverb’ du côté de la voix et une batterie au son de casserole pas toujours très calée du côté de la double … donnant ainsi l’impression d’un amateurisme forcené. Et pourtant ça fonctionne tant on se laisse prendre à ce résultat étonnant de prime abord qui aurait cependant mérité d’être plus consistant, vu qu’il contient à peine quatre compositions originales et deux instrumentaux… où se greffent une introduction et deux interludes, sans compter la réinterprétation d’une composition de Lille Gruber et ses comparses. Donc afin de commencer sur le positif « Sectarian Ritual (Appalling Oath) » va proposer un rendu très classique mais hyper efficace ; jouant constamment sur les versants les plus opposés entre lourdeur massive et rapidité explosive sur fond de groove permanent, car même si souvent on va avoir la sensation que les riffs comme les patterns sont identiques ceux-ci vont faire parfaitement le boulot en donnant constamment l’envie de headbanguer et de tout envoyer valdinguer. Ça commence donc avec brio et ça ne va pas s’arrêter en si bon chemin vu que « Mob Justice » va jouer sur l’équilibre des forces en mettant tout le panel rythmique en avant, offrant donc une plage à la fois lourde et explosive où les trois acolytes montrent l’étendue de leur niveau, sans jamais en faire trop vu que ça reste balisé et d’une grande sobriété… et ce même quand la radicalité est encore plus exacerbée.
C’est le cas de « Hostile Consuming Rapture » qui va en boucle jouer sur les facettes les plus vindicatives en augmentant clairement la cadence comme la violence, matraquant comme un damné et s’égosillant à n’en plus finir avec ce growl caverneux impressionnant de profondeur, créant donc un ensemble où l’humidité suinte par tous les bouts pour un résultat tortueux et inquiétant qui va se renforcer encore davantage via le long et suffocant « Famine 33 » qui pue la mort et la guerre. Jouant ici sur le côté le plus bridé la bande sans oublier d’exploser par intermittences livre une prestation où l’étouffement et l’obscurité sont à leur paroxysme tant tout y est glauque, opaque et désespéré… avec là encore cette graisse qui coule et l’odeur des cadavres en supplément, pour mieux nous faire comprendre que l’heure n’est pas à la fête et que la fin de cette galette n’est que le reflet de la géopolitique locale entre attaques de drones et artillerie omniprésente. Entre tout cela les instrumentaux « Corrosion Spread » (assez homogène et entraînant) et « Puddle Of Gore » (qui mise ici plus sur la pointe de vitesse) auront fait tranquillement leur boulot, même si leur intérêt est finalement assez limité tant ça donne surtout le sentiment que c’est là pour remplir et meubler un long-format à la temporalité trop minimale. Celui-ci va se terminer avec « Suttee » joué originellement en 2016 par l’entité du tentaculaire batteur Allemand sur l’implacable « Disposal Of The Dead / Dharmata », et qui est jouée ici assez fidèlement tout en étant un soupçon plus cru par rapport au rendu initial ainsi que du côté du son.
Pas totalement abouti mais néanmoins plein de promesses pour le futur le groupe s’en sort franchement pas si mal, et même s’il lui faudra clairement hausser son niveau à l’avenir pour pouvoir perdurer on ne va pas faire la fine bouche devant ce rendu très agréable, sincère et rempli d’authenticité qui met à distance respectable pas mal de noms connus et inconnus originaires de pays hostiles sur le plan politique. Un signe qualitatif supplémentaire et bienvenu par rapport à l’appétit souverainiste de l’ours Russe et de son allié du côté de Minsk, qui nous bombardent aussi musicalement et régulièrement de combos sans talent de troisième division… tout le contraire de la nation bleue et jaune dont la majeure partie des sorties valent clairement le détour, ce dont personne ne se plaindra évidemment.
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