Faisant suite à l’EP
Immortal de 2024 qui ne m’avait que moyennement convaincu à cause d’une prépondérance à jouer du gros
rock de ricain au lieu de renforcer les parties
stoner, les Angevins de
REDSTONE retrouvent une actualité en ce mois de septembre avec la sortie de leur premier album intitulé
The Fall. Sept titres pour tenter de changer d’avis.
L’ouverture « Raise Your Voice » durcit le ton, laissant à penser que la formation a choisi son camp, celui du bien : un juste équilibre entre des couplets mélodiques et un refrain puissant, le style reste très accessible mais s’est considérablement étoffé pour des formats « chansons » désormais parfaitement adaptés aux concerts en petites salles. Ce constat sera d’ailleurs confirmé par les compositions suivantes, peu oui prou forgées selon le même modèle, davantage
Electra Glide que
Rat Bike, cependant toujours plaisant par temps chaud dès lors qu’une buvette sympathique est à portée de main.
Je note également que la qualité des lignes de chant rattrape les quelques trous d’air en forme de balade (« Witness of the Fall ») car c’est clairement lorsque les musiciens plombent le tempo qu’ils s’en sortent le mieux, à l’image des efficaces « The Storm » ou « Best Served Cold » qui, à mon sens, appuient le clin d’œil aux
GALACTIC COWBOYS que je citais déjà dans le précédent article. Rien d’extraordinaire, juste un boulot soigné, appliqué, sérieux sans se prendre la tête sur des plans alambiqués qui seraient mal maîtrisés, il est aisé de se laisser porter par ces ondes positives.
Piste après piste, le même constat :
REDSTONE a évolué. Il a accentué les contrastes entre moments planants (« Silent Mess », « Anything »), atmosphériques et rugosité d’un
rock stoner certes sonnant légèrement daté mais correctement exécuté, sans prétention, sans superflu. C’est vrai, la galette ne contient que peu voire pas de
metal et
The Fall sera à même de plaire à quiconque n’est pas allergique aux guitares. Ce n’est pas un reproche, au contraire : le LP jouera le rôle de porte d’entrée pour toute personne désireuse de découvrir le genre en douceur. D’ailleurs, je me demande si quelques solos n’apporteraient pas un surcroît d’intérêt, ne serait-ce que pour casser le sentiment d’être figé dans des structures encore trop semblables. Cela dit, c’est aussi ce dépouillement qui donne à la bande sa spécificité, le sillon peut encore être approfondi avant d’y ajouter des adjuvants.
En définitive, les Angevins ont muri, affiné leur approche sans renier leur personnalité, c’est tout ce que l’on attend d’un tel projet.
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