Chaoscibel »
Krallice - S... »
Dishumane - Centurion's Demise
Chronique
Dishumane Centurion's Demise (EP)
Bon, je dois bien vous avouer que je suis un petit peu perdu. Sur Metal Archives ainsi que sur la courte biographie présente sur la page Instagram de Dishumane, les effectifs sont précisés comme suit : James Shanks au chant et à la guitare (en plus d’être à l’origine de ce projet d’abord mené sous le patronyme de Sadistic Malevolence), Chuck Sherwood (Incantation) à la basse et David Procopio (ex-Drawn & Quartered, ex-Disbelief) à la batterie. Sauf que sur la photo du trio que l’on trouve un petit peu partout sur Internet (Metal Archives, Facebook, Instagram...) et même ailleurs (pas plus loin qu’au dos du disque), ce n’est clairement pas David Procopio qui se tient à gauche de James Shanks mais l’infatigable Charles Koryn dont la liste de groupes auxquels celui-ci participe continue de s’allonger année après année... Alors est-ce que monsieur Procopio a depuis pris ses cliques et ses claques ou bien est-ce que monsieur Koryn fait-il ici seulement de l’intérim ? Je n’en ai aucune idée...
Une chose est néanmoins certaine, c’est bien avec notre stakhanoviste derrière les futs (mais également derrière la console puisqu’on lui doit la captation, le mixage ainsi que le mastering) qu’a été enregistré ce premier EP. Un disque intitulé Centurion’s Demise et dont les quatre titres ont vraisemblablement tapé dans l’œil du label suédois Blood Harvest Records puisque c’est chez Rodrigo Alfaro qu’est paru le mois dernier cette toute première sortie officielle. Enfin pour ce qui est de cette illustration chargée et un brin naïve (malgré une scène pour le moins explicite), Dishumane a fait appel à l’Américain Kyle Bowen à qui l’on doit déjà quelques pièces annexes pour des groupes tels qu’Ascended Dead, Balefire, Grave Infestation, Noroth ou bien encore VoidCeremony.
Alors qu’est-ce qui vous attend exactement à l’écoute de ce premier EP ? Eh bien quinze minutes à peine d’un Death Metal américain laaaaaaaaaaaargement influencé par… Incantation. Mais pas la peine de soupirer car à l’instar d’un Unholy Redeemer dont je vous ai parlé il y a quelques jours avec enthousiasme, le résultat est une fois encore particulièrement probant. D’autant plus que Dishumane s’inspire ici des premiers albums de la formation menée à l’époque par la voix gutturale et monstrueuse d’un Craig Pillard encore en odeur de sainteté. Ainsi avec sa production épaisse, ses gros riffs fuligineux, ses harmoniques sifflées infernales et ce growl profond, "Conquering The Forlorn" qui ouvre Centurion’s Demise de manière pour le moins tonitruante laisse effectivement très peu de doutes sur cette question de l’affiliation. Si vous ne pouvez plus en souper de tous ces groupes influencés par la musique de John McEntee et compagnie passez alors votre chemin. Pour ceux qui auront l’intelligence de rester jusqu’au bout, je vous promets que vous allez vous régaler à vous en lécher les doigts et les babines.
La notion d’originalité ainsi balayée d’un revers de main pour aller rejoindre les profondeurs de l’oubli, vous pourrez alors vous concentrer sur l’essentiel à savoir le pouvoir du riff. Et à ce petit jeu-là Dishumane s’en sort haut la main et sans frémir grâce à un James Shanks particulièrement appliqué et dont les leçons suivies en classe de "Incantation 101" ont été apprises et pratiquées avec une grande assiduité. Des riffs particulièrement nerveux et techniques (sous leur aspect presque boueux) qui puent littéralement le souffre et le blasphème. Alors c’est vrai, notre homme n’a strictement rien inventé puisque John McEntee et Craig Pillard le faisaient déjà très bien il y a plus de trente-cinq ans mais très franchement, osez-me dire que les compositions imaginées ici par Dishumane ne sont pas à la hauteur d’une telle comparaison ? Franchement, tout cela a beau sentir effectivement le réchauffé, je n’arrive pas à ne pas prendre un immense plaisir à l’écoute de tous ces riffs absolument diaboliques et à ces nombreux changements de rythmes à rendre complètement zinzin. Et lorsque le groupe ralentit un tantinet la cadence, il continue à ne pas faire les choses à moitié grâce à ces nombreuses harmoniques sifflées qui participent à ces ambiances infernales, à ces quelques leads et autres solos chaotico-mélodiques inspirés et à cette pesanteur rance qui vous entraine inexorablement dans les profondeurs de la Terre. Non, franchement, ce premier EP est vraiment particulièrement bien troussé et fait très vite oublier son manque total d’originalité grâce à des compositions extrêmement bien ficelées qui ne changeront rien à la scène Death Metal mais qui cependant continueront de la rendre aussi vivante et intéressante aujourd’hui.
J’ai parfois l’impression de ressasser toujours les mêmes arguments mais en vérité il n’y a pas trente-six manières différentes de tourner ce que j’ai à vous dire. En puisant l’essentiel de son inspiration du côté du grand Incantation, Dishumane ne fait preuve en effet d’aucune originalité tout au long de ce petit quart d’heure. Mais Dishumane fait les choses avec tellement d’application que l’efficacité de ces quatre compositions (oui, bon, trois si l’on met de côté "Loom Of Souls" qui est en fait une courte conclusion instrumentale pas désagréable mais tout de même bien moins intéressante) suffit à faire oublier tout le reste. Bref, pour ceux qui n’en ont jamais assez, voilà encore de quoi gonfler vos écoutes avec de la nouveauté de qualité.
| | AxGxB 28 Septembre 2026 - 237 lectures |
| |
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Keyser
Par Lestat
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Sosthène
Par xworthlessx
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par AxGxB
Par Sosthène
Par Sosthène
Par Cujo
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint