Continuant à distiller la bonne parole malgré des disques très moyens et un intérêt très limité le combo slovène n’a jamais perdu la foi ni la motivation, surtout du côté de son chanteur Nejc Heine qui reste aujourd’hui le dernier membre d’origine encore présent dans l’aventure tant il y a eu du mouvement en interne… et d’ailleurs même encore récemment, vu que depuis la sortie de son précédent opus
(« Doctrines By The Figures Of Črnobog ») ce ne sont pas moins de deux nouvelles têtes qui ont intégré l’équipe à la basse et seconde guitare. Une habitude assez récurrente chez le quintet qui mise pour ce quatrième album sur un versant plus occulte et ritualistique, à la thématique typiquement satanique telle qu’on la faisait dans les années 90… mais qui comme pour ses prédécesseurs va avoir tendance à s’étirer inutilement et largement se recycler de bout en bout. Pourtant il faut reconnaître que sans nous faire sauter au plafond ce nouveau chapitre va être quand même plus convaincant, vu que ses auteurs sont pour une fois allés vers quelque chose de plus simple et direct sans chercher à en faire des tonnes du côté du temps comme de la technique.
Résultat un long-format sympathique et agréable qui s’écoute tranquillement à défaut d’en retenir véritablement quoi que ce soit mais qui fait le boulot facilement, surtout quand on aura appréhendé cette production humide et brumeuse où la reverb’ est prépondérante sans pour autant rendre le contenu inaudible. Une fois la courte introduction passée on est effectivement happé par les deux passages distincts de « Rite I : The Temple Of Nine Gates » qui débute pied au plancher entre parties débridées et autres plus lentes, et à l’écriture directe et rentre-dedans qui se montre fluide et impeccable… et ce avant que la deuxième moitié ne joue habilement sur un versant plus occulte et religieux où un court solo apparaît, tout comme une voix prête à posséder les esprits faibles. C’est pas mal fait et c’est classique à outrance sans pour autant être négatif vu que ça s’écoute aisément dans le noir avec la pluie qui tombe en complément, ce que l’équilibré « Rite II : The Sigel Of The Hangman » va conserver en misant autant sur la violence rapide que les plans rampants suffocants particulièrement froids et opaques. Ratissant large du côté des tempos l’ensemble à la fois attractif comme vindicatif continue donc sur cette bonne lancée qui va rester permanente jusqu’à l’ultime seconde, et ce qu’on aille autant vers une vision plus rudimentaire que plus dense.
En effet le primitif « Rite III : Mass Incineration For The Divine Resurrection » va confirmer cette bonne forme entendue jusqu’à présent en dévoilant une inspiration plus crue et intense qui tabasse sans discontinuer, mais sans pour autant être lassante et répétitive vu que ça ne s’éternise jamais tout en gardant une agressivité imposante. Mais afin de ne pas se répéter les gars vont ensuite immédiatement montrer autre chose, sans pour autant s’éloigner de leur zone de confort habituelle et rassurante. C’est le cas de « Rite IV : To Call Upon The Bog Spirit » qui en jouant habilement sur les variations et l’équilibre va montrer également du mid-tempo imparable et parfait pour secouer la nuque, tant ça groove de façon surprenante mais réussie… un point qui va continuer dans la foulée sur « Rite V : Blood, Seed, And Alchemy » où la rapidité est mise sur le côté, mais sans pour autant oublier de remuer comme il se doit et renforçant ainsi l’attractivité de l’ensemble d’où émergent quelques blasts pour ne pas oublier d’exploser par bribes. Tout cela transparaît donc avant l’impeccable et équilibrée doublette (« Rite VI : The Sleep Of The Sinister » / « Rite VII : Žerc Pogubljenih ») qui défile avec fougue, avant que notre oreille ne tique sur le très bon « Rite VIII : To Conjure The Infernal Storm » qui semble s’être fortement inspiré des premiers disques de GORGOROTH, tant le son norvégien y est présent plus qu’auparavant… et avec lui son cortège de blasts furieux et de montagnes russes imposantes. Avec en plus toujours ce headbanging idéal pour casser les nuques cette plage est sans doute une des meilleures entendues jusque-là, même si l’attention n’a jamais véritablement faiblie malgré un sentiment de légère redondance difficilement évitable.
Terminant les hostilités par l’étouffant, incantatoire et surtout à part « Cvinger : Lucerus, Morgoth, Nord Slayer, Corvus, Ichor – Rite IX : Abomination » au chant clair déclamé et où la chaleur des enfers transpire par tous les pores (tout comme la noirceur intégrale et désespérée), cet enregistrement sans fioritures a de quoi nous faire passer un bon moment de par son équilibre permanent et ses faiblesses rares… même si tout cela sera oublié dès qu’on en sera arrivé à la fin. Néanmoins l’ensemble reste de bonne facture et montre que la bande a su se ressaisir et que les mouvements réalisés en interne ont été bénéfiques, on ne peut donc que lui conseiller de rester dans cette veine plus sobre et courte où elle est bien plus à son aise. Du bon son donc de deuxième division ni plus ni moins mais en revanche pas si ennuyeux, c’est tout cela qu’on retient au final de cette sortie qui redonne du crédit à ses géniteurs même si pour pouvoir véritablement exploser il leur faudra franchir un vrai cap qui n’est pas encore en vue, même si l’amélioration est notable et c’est déjà très bien. Cependant avec autant d’ancienneté au compteur (quatorze années quand même !) et désormais quatre long-format dans les pattes c’est vraiment très long à se mettre en place et pas sûr qu'ils y parviennent dans le futur, à court comme à long terme.
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