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Coaghulum - Infernal Gore Machine
Chronique
Coaghulum Infernal Gore Machine (EP)
Pas plus tard que lundi dernier je vous parlais d’Otras, un groupe Slovaque dont les cinq membres sont embarqués dans divers projets plus ou moins dignes d’intérêt. Parmi eux, Coaghulum qui a sorti en août dernier en autoproduction un premier EP intitulé Infernal Gore Machine. Un manque d’intérêt de la part des labels que je trouve relativement surprenant puisque celui-ci aurait à mon avis pu trouver sa place chez Iron Fortress Records... Mais comme ce n’est de toute façon pas moi qui décide, ce que je pense n’a finalement pas beaucoup d’importance.
Opérant sous la forme d’un trio, notre groupe tchèque est à ce jour composé de David Kukoľ (Bätlick, Cancer Void, Otras, SZMRD...) au chant, d’un certain G-Spot Inkvizitor à la basse et enfin de monsieur Kick Flis (Cancer Void, ex-Heruvim…) à la programmation. Car oui, ce n’est pas une batterie que vous entendrez si jamais vous vous décidez à jeter une oreille à ce court EP de seize minutes mais une boîte à rythme à la programmation plutôt correcte même si celle-ci est tout de même loin d’être parfaite (cela manque un petit peu d’attaque à mon goût, comme si les peaux n’étaient pas suffisamment tendues...).
Alors si vous êtes à peu près câblez comme moi, la première chose que vous avez probablement dû remarquer en arrivant jusqu’ici est cette illustration étrange dont le caractère flou rappelle les pauses sur images faites à l’époque sur nos vieilles VHS. Il y a en effet un côté amateur tout à fait calculé dans la restitution de cet autel morbide sur lequel on distingue des corps mutilés et empalés… Tous n’adhèreront pas mais rehaussé de ce logo pas loin d’être illisible on tient là quand même quelque chose de visuellement très sympathique qui donne envie d’en savoir davantage. On doit cette œuvre à un certain Final Vision qui a également collaboré avec des groupes tout autant dénués de finesse tels qu’Atrocity (de jeunes américains à ne pas confondre avec leurs homologues de Torrington qui bouffent les pissenlits par la racine depuis déjà belle lurette), Brainstem, Decryption ou Gutbath...
Cinq titres, une conclusion instrumentale, seize minutes bien frappées, voilà les chiffres qui vous attendent à l’écoute d’Infernal Gore Machine. Un EP qui n’a absolument rien de neuf à offrir mais dont l’efficacité et le groove des compositions permettent néanmoins de pas en faire tout un fromage. Quelque part entre Cancer Void et Tomb Mold, Coaghulum offre en effet à ses auditeurs un Death Metal pas bien compliqué et surtout définitivement ancré dans l’air du temps. Une formule simple faite essentiellement d’accélérations thrashisantes particulièrement entrainantes ("Infernal Gore Machine" à 1:35, "Exoskeleton" à 0:53, les premiers instants de "Blood Emterror"...) et de coups de boutoirs et autres fulgurances naturellement plus intenses et soutenus ("Infernal Gore Machine" à 0:15, l’entame de "Exoskeleton", "Blood Emterror" à 0:52, "Throne Of Remnants" à 1:11) auxquels viennent s’opposer plusieurs passages plus modérés dans le but d’apporter, comme toujours, un semblant de contraste à l’ensemble ("Infernal Gore Machine" à 2:53, "Exoskeleton" aux alentours de 0:24, "Blood Emterror" à 2:39, la première partie de "Throne Of Remnants"). Oui, on a évidemment déjà entendu ça mille fois auparavant mais l’efficacité dont fait preuve le trio tchèque associée à ce groove délicieux porté par une basse expressive qui chatouille les tripes et des séquences chaloupées pour babouins et autres primates en pleine crise hormonale rend le tout particulièrement sexy à défaut d’être effectivement original.
Cette formule pourrait se suffire à elle-même mais il convient néanmoins d’évoquer pour commencer le growl particulièrement épais de David Kukoľ. Une voix particulièrement profonde et glaireuse et parfois doublées qui apporte de la profondeur ainsi que quelque chose de très sale au Death Metal de nos trois Tchèques. Il y a également ces quelques sonorités mécaniques et étranges dispensées sur "Infernal Gore Machine" et "Exoskeleton" qui participent elles aussi à nourrir ces ambiances suffocantes et dérangeantes dans lesquelles trempent ces cinq compositions ou bien encore "Healing Point" qui comme son nom le suggère vient clôturer ce EP sur une note plus apaisante que l’on ne manquera pas d’apprécier.
Comme tant d’autres avant-lui, Coaghulum ne révolutionnera pas lui non plus la face du Death Metal avec cette première sortie (tout comme les suivantes d’ailleurs, s’il jamais y en a un jour). Tout y est en effet très convenu et balisé au point probablement de paraître anecdotique aux oreilles les plus fermées, fatiguées et désabusées par un genre qui depuis plus de trente ans se contente dans les grandes lignes de vivre sur ses acquis. Seulement on trouve sur Infernal Gore Machine tout ce qui fait le charme de cette musique. Riffs, intensité, brutalité, mélodie, groove et atmosphères à couper au couteau... Rien de nouveau mais un heureux mélange d’éléments que l’on connait par cœur mais que les Tchèques parviennent à restituer avec équilibre et efficacité. Pourquoi alors faire la fine-bouche ?
| | AxGxB 21 Octobre 2026 - 166 lectures |
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