chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
104 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Mike Martin » Necroblaspheme »

Grief - Come To Grief

Chronique

Grief Come To Grief
Lourd, haineux, écrasant, misanthrope, pataud, nihiliste et... lourd et haineux : il n'y pas quinze mille manières de présenter ce premier album de Grief.

En effet, les amateurs de sludge auront beau chercher dans leur dictionnaire ou encore se frotter la tête dans l'espoir que des analogies ou métaphores en sortent, Come to Grief est essentiellement « lourd et haineux », reprenant la radicalité des œuvres précédentes des Ricains (cf. la compilation Dismal) au format longue-durée. Cinquante-cinq minutes qui pèsent des tonnes et semblent durer des plombes, dans un extrémisme qui, encore aujourd'hui alors que de nombreuses formations ont repris à leur compte l'objectif affiché ici, fait serrer les dents et se préparer mentalement avant d'appuyer sur le bouton « lecture ».

C'est que, dans cette façon de s'appesantir, de n'offrir que des riffs terrassants et obsédants dans leur descente perpétuelle, on a rarement fait mieux que Come to Grief. À la fois sorte de cahier des charges et d'aboutissement de ce sludge « sick » [sic], il abandonne tout ce que le style peut avoir de « groove » pour faire ressortir cette détresse particulière, sale, surpuissante dans son écroulement, où l'on veut faire mal aux autres car on a mal soi-même. Certes, Grief n'a jamais été un groupe joyeux. Mais il est ici à son plus triste et implacable.

...Je l'ai déjà dit ailleurs mais cela est encore plus vrai ici : le sludge, cette musique qui fait sienne la misère, la drogue, la crasse, se doit, pour être pleinement convaincant, de ne jamais oublier qu'il est de la musique. Un peu comme pour ces films de genre qui souhaitent mettre un coup de pied dans le cinéma dit traditionnel, ses œuvres marquantes se reconnaissent à ce qu'elles arrivent à transmettre au-delà d'une marginalité revendiquée. Et Come to Grief, derrière son apparente envie d'être le disque le plus linéaire et idiot du sludge, possède ce petit supplément d'âme qu'il ne doit qu'à lui, cet espèce de romantisme qu'il y a à « aller au fond des choses », décelable jusque dans son titre. « To come to grief », traduction anglaise d'« échouer » aussi bien que d'« avoir de graves ennuis » : il n'en faut pas plus pour montrer où emmènent ces riffs semblant tourner à vide, les quelques rares incartades au tempo d'escargot donnant l'impression d'être des tentatives d'accélération rapidement vouées à l'échec.

Soyez prêt à entendre le même morceau pendant une heure avant de vous enquiller Come to Grief. Sans doute les quatre notes utilisées à sa réalisation changent d'un titre à l'autre : elles donnent pourtant le sentiment d'être continuellement les mêmes. Par chance, ce morceau est assez bon pour qu'on écoute cet album jusqu'au bout à chaque fois, à genoux devant tant de maîtrise développée à rendre réel un certain fantasme de sludge, celui « heavy as fuck », hostile, malade, où placer ses connaissances en MST et hallucinations vécues lors de bad trips.

« Objectivement » la plus affreuse création de cette bande d'affreux, Come to Grief n'est cependant pas celle qui me plaît le plus quand je pense à la discographie des Ricains. Le meilleur est encore à venir, là où Grief mettra en surface un peu d'eau dans son vin, pour devenir en réalité encore plus possédé. Indiscutablement extrême, marquant à plus d'un titre, son jusqu’au-boutisme n'est que le premier pas vers un ailleurs qui fera de cette formation encore injustement méconnue cette entité si délicieuse et hors-normes, loin des cadres habituels du sludge. En 1994, Grief montrait déjà qu'il n'était pas un groupe comme les autres. Il ne lui restait plus qu'à montrer qu'il n'y aura jamais d'autres groupes comme lui.

Note : L'album a été réédité en 2010 par Willowtip Records avec un titre-bonus, « Bury the Dead », enregistré pour un film d'horreur jamais sorti (I Am Vengeance). Un morceau clairement destiné aux insatiables, aimant qu'on leur dise « Il en reste un peu, je vous le mets quand même ? » l'estomac déjà plein, mais que j'avoue souvent passer.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Grief
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (4)  8.5/10
Webzines : (5)  7.66/10

plus d'infos sur
Grief
Grief
Sludge - 1991 † 2009 - Etats-Unis
  

formats
  • CD / 1994 - Century Media Records
  • CD / 2010 - Willowtip Records

tracklist
01.   Earthworm  (09:50)
02.   Hate Grows Stronger  (08:23)
03.   World Of Hurt  (05:03)
04.   I Hate You  (06:10)
05.   Ruined  (04:26)
06.   Fed Up  (06:29)
07.   Stricken  (06:00)
08.   Come To Grief  (08:11)

Durée : 54:32

line up
parution
6 Août 1994

voir aussi
Grief
Grief
Miserably Ever After

1996 - Pessimiser Records / Theologian Records
  
Grief
Grief
Torso

1998 - Pessimiser Records
  
Grief
Grief
...And Man Will Become The Hunted

2000 - Pessimiser Records
  
Grief
Grief
Dismal (Compil.)

1993 - Common Cause
  

Essayez aussi
Buzzov•en
Buzzov•en
To A Frown

1993 - Allied Recordings
  
Facedowninshit
Facedowninshit
NPON
(Nothing Positive, Only Negative)

2006 - Relapse Records
  
Acid Bath
Acid Bath
When The Kite String Pops

1994 - Rotten Records
  
Slave Hands
Slave Hands
No More Feelings

2020 - Dry Cough Records / Sewer Prison / Gate of Deliria / Minor Obscure
  
Come To Grief
Come To Grief
When the World Dies

2022 - Translation Loss Records
  

Witching Hour
Rise Of The Desecrated
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Intoxicated
The Dome
Lire la chronique
Shadowspawn
Cadaver Dogs
Lire la chronique
Cage Fight
Exuvia
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Entombed
Crawl (EP)
Lire la chronique
Türböwitch
Under Haunted Skies
Lire la chronique
Exodus
Goliath
Lire la chronique
Cro-Mags
Alpha Omega
Lire la chronique
Slyther
Chronicles of Despair
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Violent Pacification (EP)
Lire la chronique
Nukem
The Grave Remains
Lire la chronique
Aborcja
Do krzyża abarotem
Lire la chronique
Vomitory
In Death Throes
Lire la chronique
La photo mystère du 15 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Paradox
Heresy
Lire la chronique
Sunovrat
Kuluk
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Perpetual Warfare
The Age of War
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
10 ans de vidéo SAKRIFISS / Le top 50 des groupes marquants
Lire le podcast
Cryptic Shift
Overspace & Supertime
Lire la chronique
Deathraiser
Forged In Hatred
Lire la chronique
R.I.P. Soldier
The True Soldiers Never Die
Lire la chronique
Cro-Mags
Best Wishes
Lire la chronique
Venthiax
Rites Of Ra (EP)
Lire la chronique