chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
185 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Early Graves... »

Grief - Dismal

Chronique

Grief Dismal (Compil.)
Impossible de commencer cette chronique sans souligner le travail d'Ivan Kocev, gérant de Fuck Yoga. Le label macédonien au nez fin (on lui doit déjà la réédition de l'excellente démo de Noothgrush, entre autres) a eu encore une fois une excellente idée en exhumant cette compilation des débuts de Grief. Autrefois indisponible pour qui n'était pas prêt à surveiller quotidiennement Discogs et dépenser une somme conséquente, elle est enfin republiée dans un format faisant honneur à l'originale, la seule modification apportée étant une remasterisation puissante et conservant le grain particulier des premières réalisations des EPs Dismal et Grief ainsi que des titres « Lifeless » et « Fucked Upstairs » issus du split entre les Ricains et Dystopia, toutes regroupées ici. De quoi donner envie d'utiliser google traduction pour remercier qui de droit. Fuck Yoga : Благодарам !

Sinon, la tentation est forte de suivre la tradition d'un certain webzine en concluant de trois mots simples : tout, est, là ! Sans aller jusqu'à faire de Grief l'un des premiers fondateurs du sludge pur et dur au même titre que d'autres plus réputés (encore que ce n'est semble-t-il l'histoire que de quelques mois...), il est clairement celui qui est allé le plus loin à l'époque dans ce que le style possède de plus pouilleux, underground et hostile. Presque dénué d'accélérations (seuls les morceaux « Isolation », « Fleshpress » et « Fucked Upstairs » font de brèves incartades au trot de mollusque sur lequel se calent les instruments), éloigné de notions telles que l'accroche, la composition à tiroirs, voire de la composition tout court, Grief paraît ici à son plus écœuré et écœurant. Une musique que l'on peut qualifier encore aujourd'hui de « définitive », au point que l'on en retrouve des traces grosses comme des cailloux dans les essais de sludge récent les plus bétonniers.

Mais s'arrêter à un bête constat historique pour faire de cette sortie un objet « culte » ne serait pas lui rendre justice. Car, pas loin de vingt-trois ans plus tard, Dismal n'a rien perdu, ni de son pouvoir, ni de son étrangeté. Suintant la haine par tous leurs pores, la voix étranglée et urbaine de Jeff Hayward en première ligne, ces quarante-trois minutes possèdent cette aura particulière, aussi vindicative que dépressive, des œuvres issues des nineties et leur goût pour la sentence et le cynisme, les samples au diapason (le « It's frantic, frantic noise » de « Shoot Me... (I'm Already Dead) » par exemple). Politique dans sa misanthropie instituée en programme, rêvant de l'annihilation de toutes choses vaguement vivantes, Grief en vient à se stranguler lui-même, ânonnant son mépris de tout, toutes et tous les jambes tremblantes et le regard chancelant, constamment au bord de s'écrouler totalement. Un sludge de débris, humains et autres, de gravats de notes s'effondrant sur elles-mêmes, allant jusqu'à attraper une ambiance fumante et statique d'après-guerre.

Il y a tout et il n'y a rien ici. Jusqu'à sa pochette me renvoyant au Into Darkness de Winter (pas qu'elle d'ailleurs, ce qu'elle enrobe possédant la même essence terne et radioactive que le disque de l'hiver), Dismal vénère la destruction, tant et si bien qu'il en est une de ses meilleures mises en musique. Certains pourront dire que Grief possèdera pleinement ce qui fait son identité par la suite et ils n'auront pas tout à fait tort, cette compilation étant jusqu'au-boutiste mais moins impressionnante dans son étalement que les buffets gratuits Torso et ...And Man Will Become the Hunted, où satisfaire sa passion pour le beurre d'escargot. Un début, certes si semblable à un aboutissement qu'il a fait date, mais restant la naissance d'un groupe qui deviendra grand. Comme un enfant issu des ruines.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Grief
notes
Chroniqueur : 4.5/5
Lecteurs : (3)  4.17/5
Webzines : (3)  4.1/5

plus d'infos sur
Grief
Grief
Sludge - 1991 † 2009 - Etats-Unis
  

formats
  • CD / 1993 - Common Cause
  • CD / 2015 - Fuck Yoga Records

tracklist
01.   Rhinoceros  (07:24)
02.   Isolation  (03:51)
03.   Coma  (09:16)
04.   Shoot Me... (I'm Already Dead)  (01:10)
05.   Lifeless  (02:54)
06.   Fucked Upstairs  (04:20)
07.   Depression  (04:19)
08.   Virus  (02:53)
09.   Fleshpress  (04:05)
10.   The Drone  (02:50)

Durée : 43:02

voir aussi
Grief
Grief
...And Man Will Become The Hunted

2000 - Pessimiser Records
  
Grief
Grief
Torso

1998 - Pessimiser Records
  
Grief
Grief
Come To Grief

1994 - Century Media Records
  
Grief
Grief
Miserably Ever After

1996 - Pessimiser Records / Theologian Records
  

Essayez aussi
Slave Hands
Slave Hands
No More Feelings

2020 - Dry Cough Records / Sewer Prison / Gate of Deliria / Minor Obscure
  
Radien
Radien
Maa (EP)

2016 - Indépendant
  
Eyehategod
Eyehategod
A History of Nomadic Behavior

2021 - Century Media Records
  
Acid Bath
Acid Bath
Paegan Terrorism Tactics

1996 - Rotten Records
  
Potop
Potop
Channels (EP)

2008 - Iron Pig Records
  

The Haunted
Unseen
Lire la chronique
Entretien avec CAGE FIGHT
Lire le podcast
Entretien avec DEATH DECLINE
Lire le podcast
Motocultor 2026 - Live Report
Lire le dossier
Exumer
Death Mask Messiah
Lire la chronique
Interview avec HEART ATTACK
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Ninth Realm
Damnation's Veil
Lire la chronique
Mucky Pup
Lemonade
Lire la chronique
D.R.I.
4 Of A Kind
Lire la chronique
Orph
Dead (EP)
Lire la chronique
Maidenhead
Maximum Clonage
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Warthrash
No Light Shall Remain
Lire la chronique
Uncontrolled
…No Hope (EP)
Lire la chronique
Forced Entry
Uncertain Future
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Eradikated
Wiring Of Violence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Crossover
Lire la chronique
Abuser
Blood Marks
Lire la chronique
Carnivore A.D.
Transmutation (EP)
Lire la chronique
Vice & Rale
Infection fatale (EP)
Lire la chronique
Extinct
In Conspiracies We Trust
Lire la chronique
D.R.I.
Dealing With It!
Lire la chronique
Cro-Mags
Near Death Experience
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
Hellfest 2026 - Tales From The Pit
Lire le dossier
Endless
Incantation of Darkness
Lire la chronique
Pro-Pain
The Truth Hurts
Lire la chronique
Bewitched
Diabolical Death Mass
Lire la chronique