chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
167 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Jarkko Haapala » Necros »

Thætas - Shrines To Absurdity

Chronique

Thætas Shrines To Absurdity
Formé à New-York en 2015, Thætas a passé les cinq premières années de sa carrière dans l’indifférence la plus totale avec pour seules offrandes une démo trois titres ainsi qu’un split en compagnie de leurs copains d’Haagenti. L’annonce de la signature des New-Yorkais sur Maggot Stomp Records, label actuellement très en vogue parmi les amateurs de Death Metal, a quelque peu changé la donne puisque comme moi, nombreux sont ceux a avoir été mis sur le chemin des Américains.

Mais au-delà cette simple signature qui effectivement a permis de braquer les projecteurs sur Thætas, c’est surtout la sortie de son premier album qui nous intéresse aujourd’hui. Intitulé Shrines To Absurdity, ce dernier est illustré par l’infatigable Paolo Girardi. Et oui, on ne dirait pas comme ça mais c’est bien l’Italien qui signe de ses pinceaux l’artwork des New-Yorkais à travers une oeuvre surprenante car bien loin des tourments diaboliques généralement évoqués par les travaux de l’homme en slip. Ceci étant dit, on reconnaît assez bien la patte de l’artiste une fois le nez plongé dans cette ville grouillante que l’on imagine aisément comme une version plus sale et inquiétante de New-York.

Mais la véritable bonne surprise, c’est surtout que Thætas se démarque quelque peu des productions auxquelles le label californien nous avait habitué jusque-là. En effet, on est ici bien loin du malaise provoqué par les samples de Fluids, des ambiances sournoises et rampantes d’un Ossuary ou du caractère particulièrement primitif d’un Rotted ou d’un Encoffinized. Thætas verse plutôt dans la pratique d’un Brutal Death Technique implacable dont l’une des caractéristiques et de ne s’embarrasser d’aucune fioriture. Du haut de ses neuf compositions (dont certaines ne datent pas d’hier comme l’atteste "Thlth" issu de la démo de 2016), Shrines To Absurdity dépasse de peu la demi-heure et cela seulement grâce aux huit minutes de "Greenhaven", dernier titre de l’album lui-même largement rallongé par les six dernières minutes faites pour l’essentiel de bidouillages électroniques et autres expérimentations à bases de riffs tordus et de batterie tribale (seule la dernière minute renoue avec le Brutal Death).

Avec un esprit de concision qui lui va donc plutôt bien (même si je suis convaincu que le groupe ne perdrait rien à prendre le temps de développer davantage ses compositions), Thætas va aller piocher l’essentiel de ses influences chez des groupes comme Defeated Sanity, Wormed, Suffocation et Gorguts pour un Brutal Death Technique largement inspiré par ce qui se faisait durant les années 90. En premier lieu on appréciera le soin apporté à la production afin, notamment, de s’affranchir des travers dans lesquels beaucoup trop de groupes récents ont malheureusement tendance à tomber. Pas de batterie synthétique ici ni de triggs trop voyants mais une production plutôt naturelle, percutante et bien équilibrée au service de compositions particulièrement explosives et épileptiques.
En effet, avec une moyenne de trois minutes par titre (et encore), Thætas n’est pas là pour faire semblant. Et s’il n’est pourtant pas le groupe le plus véloce que compte le genre, ces enchainements de riffs nerveux, ces dissonances technico-chaotiques et ces nombreux changements de rythmes (entre accélérations fulgurantes à base de blasts et ralentissements sauvages taillés pour briser des nuques) vont insuffler une véritable intensité à ces titres menés le couteau entre les dents. Comme souvent avec ce genre de Brutal Death Technique tout en nerfs, il faudra être en mesure de dompter ces riffs chaotiques et schizophrènes qui par nature demanderont tout de même quelques écoutes pour être un tant soit peu assimilés. Et si cela pourra sembler rédhibitoire à certain, je trouve au contraire que c’est l’un des petits plus de Thætas, être capable de donner à l’auditeur l’impression de découvrir systématiquement quelque chose de nouveau à l’écoute de Shrines To Absurdity, que ce soit un riff étrange et surprenant ou bien tout simplement une note, une mélodie ou un break inattendu (par exemple celui de "Shrines To Absurdity" à 2:14 avec ses consonances jazzy). Si le groupe n’invente rien, celui-ci fait pourtant preuve d’une certaine ingéniosité, notamment dans sa manière de construire ses morceaux et d’y apposer sa propre touche.

Moins véloce, moins brutal et également moins impressionnant que les grands noms qui ont marqué le genre, les New-Yorkais de Thætas tirent néanmoins d’emblée leur épingle du jeu grâce à une production soignée et un sens de la mesure leur permettant d’éviter tous les travers du Brutal Death moderne, un genre bien trop souvent plombé par des productions artificielles et un manque de retenue qui font tomber tous ces groupes dans la parodie et les clichés. Cependant, ce n’est pas le seul atout des Américains puisque ce premier album se montre particulièrement efficace et suffisamment bien ficelé pour avoir envie d’y revenir régulièrement. Si la durée contenue y est pour beaucoup, ce sont surtout ces compositions explosives et intenses faites de petites touches personnelles bienvenues qui finalement font ici toute la différence. Alors non, Shrines To Absurdity ne fera probablement pas date dans l’Histoire mais ça fait du bien de pouvoir s’enfiler en 2020 ce genre de disques dénué de tout artifice inutiles.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Thætas
Brutal Death Metal
2020 - Maggot Stomp Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (2)  8/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Thætas
Thætas
Brutal Death Metal - 2015 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   All Consuming Dread  (02:52)
02.   Blood Distillery  (02:27)
03.   Dearth  (03:23)
04.   Shrines To Absurdity  (03:09)
05.   Thlth  (02:48)
06.   Disassociated  (02:56)
07.   Envy The Stillborn  (02:59)
08.   Isixhenxe  (02:41)
09.   Greenhaven  (08:10)

Durée : 31:25

line up
parution
26 Juin 2020

Essayez aussi
Heaving Earth
Heaving Earth
Vision Of The Vultures (Démo)

2008 - Nihilistic Holocaust
  
Funeral Inception
Funeral Inception
Anthems of Disenchantment

2001 - Warpath Records
  
Debilitated
Debilitated
As The Vine's Break The Neck (EP)

2025 - Rotten Music
  
Aborted
Aborted
The Archaic Abattoir

2005 - Listenable Records
  
Virvum
Virvum
Illuminance

2016 - Autoproduction
  

Witching Hour
...and Silent Grief Shadows...
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Entombed
Crawl (EP)
Lire la chronique
Türböwitch
Under Haunted Skies
Lire la chronique
Exodus
Goliath
Lire la chronique
Cro-Mags
Alpha Omega
Lire la chronique
Slyther
Chronicles of Despair
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Violent Pacification (EP)
Lire la chronique
Nukem
The Grave Remains
Lire la chronique
Aborcja
Do krzyża abarotem
Lire la chronique
Vomitory
In Death Throes
Lire la chronique
La photo mystère du 15 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Paradox
Heresy
Lire la chronique
Sunovrat
Kuluk
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Perpetual Warfare
The Age of War
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
10 ans de vidéo SAKRIFISS / Le top 50 des groupes marquants
Lire le podcast
Cryptic Shift
Overspace & Supertime
Lire la chronique
Deathraiser
Forged In Hatred
Lire la chronique
R.I.P. Soldier
The True Soldiers Never Die
Lire la chronique
Cro-Mags
Best Wishes
Lire la chronique
Venthiax
Rites Of Ra (EP)
Lire la chronique
Archaic
The Endgame Protocol
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
Slakter
Infernal Exekution Reign
Lire la chronique
Norwalk
Psycho Mirror
Lire la chronique
Megadeth
Megadeth
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast