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Red Hot Chili Peppers - Blood Sugar Sex Magik
Chronique
Red Hot Chili Peppers Blood Sugar Sex Magik
Vivre avec son époque c’est accepter que les choses soient aujourd’hui différentes de ce que l’on a pu connaitre par le passé. Cela n’empêche pas pour autant d’éprouver pour certaines de ces choses un brin de nostalgie mais il faut faire tout de même attention à ne pas s’y raccrocher systématiquement sous peine de devenir ce que l’on appelle un vieux con…
Dans le cas des Red Hot Chili Peppers je suis pourtant probablement pas loin d’appartenir à cette fameuse catégorie que les générations Z et Alpha ont coutume d’interrompre à base de "Ok boomer" mais peu importe, j’assume. Ainsi, tel un Jean-Pierre Koff de la musique Alternative, j’affirme haut et fort et sans trembler que tout ce qu’ont pu sortir les Californiens après One Hot Minute eh bien c’est d’la merde ! Cependant, avant d’en arriver là, le groupe originaire de Los Angeles a sorti quelques pièces de choix comme j’ai tenté d’ailleurs tenté de vous le démontrer à plusieurs reprises ces derniers mois...
Si les années 90 ont été marquées par la sortie de nombreux d’albums devenus depuis incontournables, Blood Sugar Sex Magik est certainement encore aujourd’hui l’un des plus iconiques de cette époque bénie. Un disque vendu à plus de quatorze millions d’exemplaires (ce qui est bien mais pas top au regard des chiffres de vente de l’insupportable Californication écoulé à plus de seize millions d’unités) grâce auquel les Américains vont acquérir une immense notoriété après des débuts relativement timides ou du moins confinés aux seules scènes alternatives. De cette illustration emblématique signée des mains de monsieur Henk Schiffmacher (artiste néerlandais ayant notamment tatoué Lemmy Kilmister de Motörhead, Kurt Cobain de Nirvana ou encore Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers) à ces quelques singles ("Give It Away", "Under The Bridge", "Suck My Kiss", "Breaking The Girl" et "If You Have To Ask") devenus rapidement les tubes de toute une génération d’adolescents et de jeunes adultes en passant par ces quelques clips qu’on ne pouvait regarder que tard le soir les yeux écarquillés et avides de découvertes et autres nouveautés face à des écrans cathodiques alors à la pointe de la technologie grand public..., Blood Sugar Sex Magik évoquera à beaucoup de ceux qui ont vécu ces dernières grandes années d’insouciances (en tout cas c’est l’impression qu’on avait) tout un tas de souvenirs absolument magiques.
Paru le 24 septembre 1991, soit le même jour qu’un certain Nevermind, il est assez aisé de comprendre pourquoi Blood Sugar Sex Magik a rencontré à l’époque un tel succès. Produit par monsieur Rick Rubin et enregistré au sein d’une somptueuse demeure du début du XXème siècle située sur les collines escarpées de Laurel Canyon (The Mansion que l'on peut d'ailleurs voir à plusieurs reprises dans le clip de "Suck My Kiss"), ce cinquième album des Californiens possède une production aux angles nettement plus arrondis. Exit les sonorités "lourdes" et abrasives empruntées au Heavy Metal et au Punk Rock (en grande partie en tout cas même si quelques traces persistent ici et là), place désormais à un son nettement plus propre. On imagine bien que cette approche beaucoup plus consensuelle a dû à l’époque décevoir plus d’un auditeur de la première époque des RHCP mais je la trouve néanmoins très intéressante. En premier lieu parce qu’elle est particulièrement naturelle avec des instruments plus ou moins dépouillés à qui ont a laissé l’opportunité d’exprimer chacune de leurs spécificités. Ensuite parce qu’elle permet à John Frusciante de mettre en avant son jeu très Funky et définitivement plus mélodique.
Bien évidemment cette production n’explique pas à elle seule le succès rencontré par Blood Sugar Sex Magik. Celui-ci est surtout à chercher du côté de ces dix-sept nouvelles compositions et de ce virage effectivement plus mélodique et « cadré » opéré par les Californiens. Même si Mother’s Milk nous en avait déjà donné un avant goût, ce cinquième album est effectivement truffé de ballades (ces deux tubes intemporels que sont devenus "Breaking The Girl" et "Under The Bridge" mais aussi « I Could Have Lied ») et autres titres ("The Power Of Equality", "If You Have To Ask", "Funky Monks", "Suck My Kiss", "Give It Away", "Naked In The Rain"...) particulièrement radiophoniques et donc à même de séduire le plus grand nombre. Il est fort probable qu’à l’époque cette direction plus "commerciale" n’ait pas fait que des heureux mais Blood Sugar Sex Magik n’en conserve pas moins l’ADN des Red Hot Chili Peppers. Ces soixante-quatorze minutes bien chargées se montrant ainsi particulièrement variées, dynamiques et fun. Car au-delà de ces quelques ballades évoquées plus haut, on trouve tout de même ici des titres encore particulièrement Funky à l’image des excellents "The Power Of Equality", "If You Have To Ask", "Funky Monks", "Mellowship Slinky In B Major", "Apache Rose Peacock" et ses cuivres chaleureux, "My Lovely Man" ou bien encore "Sir Psycho Sexy". Des titres dont il se dégage à chaque fois un groove fiévreux que l’on doit évidemment à ces fameuses guitares qui cocottent, à cette basse toujours aussi délicieuse et parfaitement mise en avant par la production de Rick Rubin ainsi qu’à cette batterie simple mais néanmoins toujours dynamique. Certes, l’ensemble est effectivement moins fun, moins débridé, moins excessif et moins foutraque que sur les précédents albums (même si la prestation d’Anthony Kiedis tout au long de l’album conserve de ce charme, de cette énergie et de cette loufoquerie d'antan) de la formation mais la recette fonctionne encore et fonctionne même très bien. Surtout, le groupe originaire de Los Angeles n’a pas encore définitivement renié ses influences Punk Rock. On trouve ainsi encore quelques chouettes brûlots oscillant à leur guise entre Funk Rock et Punk Rock à l’image des incontournables "Suck My Kiss", "Give It Away", "Naked In The Rain" ou "The Greeting Song" qui apportent une énergie supplémentaire à un album qui en dépit de ce côté effectivement plus mélodique et grand public n’en manque pas. L’album se conclut également sur une pointe un petit peu plus légère et plus fun avec le très court "They’re Red Hot". Un titre sautillant construit autour d’une mélodie un brin datée.
Album emblématique des années 90, Blood Sugar Sex Magik s’est imposé comme l’album majeur des Red Hot Chili Peppers, celui-ci trouvant rapidement sa place dans la culture populaire de l’époque pour devenir un véritable monument du Rock de ces dernières décennies. Un album qui de son écriture à sa production en passant par son interprétation se montre en tous points plus mature mais qui néanmoins a su conserver tout ce qui faisait avant cela le sel de la formation. S’il n’est pas aussi fun et déglingué que ses prédécesseurs, il n‘en reste pas moins un disque à l’esprit purement californien. Un disque léger (malgré quelques thématiques pourtant pesantes ou compliquées), ensoleillé et addictif qui trente-cinq ans après sa sortie n’a pas pris une seule ride et s’enfile d’un traite sans sourciller, sans rien jeter.
| | AxGxB 24 Septembre 2026 - 684 lectures |
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