Les Québécois de DÉPÉRIR traversent l’Atlantique afin de participer au Lions Metal Fest, dans le département du Rhône. Pour leur première fois en France, ils en profitent pour donner quelques autres concerts dans l’Hexagone, dont celui de Paris qui nous occupe aujourd’hui. Cette tournée se fait en compagnie de PUTREFACTION OF ROTTING CORPSES (dont le batteur joue aussi dans INTO DAGORLAD, formation qui a vu passer dans ses rangs Nico Reymond, guitariste chez DÉPÉRIR) et des vétérans d’HIMINBJORG (dont un ancien bassiste live a également figuré au line-up d’INTO DAGORLAD). Tous cousins !
Prévu initialement à l’O29, l’événement a finalement lieu au Klub, « la salle mythique parisienne » pour citer nos Canadiens francophones.
PUTREFACTION OF ROTTING CORPSES (P.O.R.C.)
2 ans et 19 jours. C’est le décompte qu’a tenu l’ami Emile depuis la
dernière fois qu’on est allé voir
P.O.R.C.. Il y avait bien eu une date en octobre 2024 dans le Nord pour le « We're Not Worthy Fest 5 » mais nous n’y étions pas. L’attente fut longue mais je comprends que les gars aient été occupés à préparer leur premier opus
Sociopatia, que Sosthène s’est fait un plaisir de chroniquer. On descend en avance pour être sûrs de ne rien rater, ce qui permet par ailleurs d’assister aux balances. C’est l’occasion d’entendre en boucle l’extrait de
Snatch qui explique comment se débarrasser d’un cadavre en le donnant à manger aux cochons, ainsi que d’écouter Baf (guitariste-chanteur) s’exercer au
pig squeals. Tout cela nous rappelant la subtilité du
show à venir. Ça y est, justement ça commence. Le batteur est direct à fond et le bassiste, visiblement fan de
PENDRAK (qui sort un nouveau LP), fait frétiller ses cordes pendant que le guitariste balance ses riffs hystériques. Puisqu’on parle de lui, Baf pense à saluer l’audience avec un « Salut les Parigots, têtes de veau ». C’est vrai qu’entre ce groupe et son public, c’est une histoire d’amour. En référence aux autres musiciens, Baf ajoute encore « Applaudissez-les bande d’enculés » avant de nous demander de nous bouger le cul et de nous taper sur la gueule. Vous voulez connaître la réponse qu’il obtient venant du fond de la salle ? « Trou de balle »… Bon, sinon ça tortille un peu de l’arrière-train mais on est loin d’une foule en délire. La faute à une assistance plus Black Metal que Grindcore, ou bien tout simplement que Le Klub ne soit pas le Cirque Électrique ? Sûrement un peu des deux mon général. En tout cas, l’appel au merch est entendu, pour l’album à 10€, le t-shirt à 10€ également, avec un package intéressant proposé à 20€ pour les deux ;-). À part ça, on finit par nous asperger d’eau, ce qui est bienvenu vu la température. C’est tout aussi efficace pour nous remettre les idées en place après l’agressivité sonore qu’on vient de se prendre et qu’on espère bien retrouver avant deux ans.
DÉPÉRIR
Formé en 2015 (comme
P.O.R.C.), le quintette fait aujourd’hui une entrée dans nos colonnes ; une petite présentation s’impose donc. Les compères sont de la ville de Québec et disposent de deux LP ainsi que d’un CD 4 titres intitulé
War E.P. sorti il y a quelques jours (le 20 mai), toujours sur Adipocere, s’il vous plaît. Ils évoluent dans le Black Metal, et si je compare au concert du même genre qui s’est tenu ici au début du mois (le
Votive Fire), on est bien plus près du style de
NATREMIA que de
BLACK CILICE. En effet, les Canadiens jouent plus sur l’énergie Thrash que sur la création d’une atmosphère occulte. C’est d’autant plus flagrant en
live car ils ne sont pas grimés. Par ailleurs, un rapide coup d’œil sur les patches de la veste du chanteur permet de cerner l’esprit (
MOTÖRHEAD,
CELTIC FROST,
SLAYER…). Cela dit, le bassiste arbore quand même un t-shirt
MARDUK, hein, et je ne dis pas que
DÉPÉRIR donne dans la première vague. Les larrons sont encouragés par un « tabernacle » (prononcez « tabarnak ») issu du public et savent bien nous divertir en retour. Bien que très serrés sur la petite scène du Klub, les deux guitaristes parviennent effectivement à se rapprocher pour une démonstration en duo. Quant au vocaliste, il est sympa avec les photographes en s’approchant pour regarder fixement l’objectif, et il n’hésite pas à tendre son micro à un kid du premier rang. Un mot aussi pour le batteur très véloce dont la performance est saluée, sachant que c’est un remplaçant au pied levé. Ça plaît, deux personnes « se bousculent » dans la fosse et après un solo, on nous annonce que le prochain morceau est dédié à
Ozzy Osbourne pour terminer avec le respect dû au Grand Ancien, tel qu’aurait pu le dire Lovecraft s’il avait vécu à notre époque.
HIMINBJORG
Ce nom est familier, on a en effet l’impression de l’avoir toujours connu et c’est normal, le projet de Zahaah remonte à 1996, 30 ans cette année, bon anniversaire ! Il est encore actif et a fait paraitre son septième album
The Fall of Valhalla en 2024, même s’il avait fallu attendre neuf années depuis le précédent (
Wyrd). Le quartet nous interprète d’ailleurs ce soir des titres de cette « récente » sortie, dont le morceau « Architecture of Annihilation » qui nous est présenté. Le premier souci technique rencontré se situe au niveau de la voix de Zahaah (guitare-chant) qui n’est pas très audible au début. Et c’est pareil pour celle du bassiste (au t-shirt
CAÏNAN DAWN), même après réglages. Le second problème est bien plus dérangeant car l’ampli du guitariste se met à sentir le brûlé, puis à fumer (une tête a cramé). Il ne peut bien sûr plus jouer mais le reste de la troupe ne se décontenance pas et passe sur une autre chanson en attendant le changement de matériel. Tout finit par reprendre normalement et on peut goûter au Pagan Black des Chambériens qui nous disent mettre à l’honneur toutes les cultures à travers leur musique. Il y a des solos, du chant clair, en revanche, pas d’intervention au violon ou à la cornemuse comme au
HeathenSnake Fest I ou au
Ragnard Rock Festival 2015 (cela aurait de toute façon été difficile d’ajouter des invités en ce lieu). Les fans parisiens apprécient la bonne ambiance et, entrainés par le bassiste, ne sont pas avares de « Hey, hey ». De son côté, le batteur (pour qui on demande de faire du bruit car il se démène avec une entorse du doigt) va jusqu’à se lever pour partager son enthousiasme. L’équipe est applaudie, une belle performance en dépit des gênes matérielles.
Ces trois combos ont eu une bonne idée de s’unir pour réaliser ce tour avant de monter sur la scène du Lions Metal Fest. Cela a permis de les voir au passage et de nous proposer une affiche éclectique, ce qui n’est pas si souvent le cas. Bien sûr, on a aussi apprécié l’entrée « prix libre », un geste sympathique pour les fidèles du Klub, d’autant plus qu’il faut participer au défraiement des groupes, dont DÉPÉRIR qui a parcouru plus de 5 000 km pour nous rendre visite.
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