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Move - Black Radical Love

Chronique

Move Black Radical Love
Nous avions quitté les Américains de Move après la chronique l’année dernière de leur premier EP paru début 2021 sur Triple B Records. Un disque court mais ô combien efficace qui par son engagement affirmé et son discours assumé venait naturellement faire échos aux travaux d’autres formations telles que Zulu, Buggin’, Soul Glo ou bien encore End It. Bref, un groupe des temps modernes soucieux de faire entendre sa voix et celle de la communauté noire et cela sans pour autant manquer d’inclusivité.

Pour ce retour aux affaires forcément très attendu par une bonne partie de la scène Hardcore, Move s’est décidé à faire le grand saut avec la sortie il y a quelques semaines de Black Radical Love, un premier album aussi expéditif que réjouissant paru une fois de plus sous la bannière du fameux label de Boston. À cette occasion, la jeune formation a choisi de s’entourer de tout un tas de collaborateurs, tout d’abord pour l’aider à transmettre son message de la meilleure manière qui soit, ensuite afin de fédérer autour de ses propos. Produit par Charlie Abend (Akhlys, Khemmis, Cult Of Lilith, Hate Still Burns...) avec qui Move avait déjà collaboré par le passé à l’époque de sa première démo, Black Radical Love est également passé entre les mains expertes d’Arthur Rizk que je ne ferais pas l’affront de vous présenter. Côté illustration, Move renoue avec la talentueuse Mithsuca Berry (Zulu) pour une oeuvre une fois encore très colorée même si je la trouve moins pêchu que ses oeuvres habituelles. Mais ce n’est pas tout, le groupe a également invité quelques copains à la fête avec les participations d’Aaron Heard (Jesus Piece) sur "Double Death", Kayla Phillips (Bleed The Pigs, Pulsatile Tinnitus) et River Elliott (Ballista, True Grit) sur "Summer Trend", Gjared Robinson (Out Of Body) sur "Ode To The Pit" et Christine Cadette (Zulu) sur "For All Not One".

Du beau monde réunit autour d’un premier album qui sans trop de surprise va se contenter de reprendre les choses là où Move les avait laissé deux ans auparavant. Ainsi les Américains renouent naturellement avec ce Hardcore modernisé qui continue de prendre racine du côté de la scène new-yorkaise des années 90. Le groupe de Boston offre ainsi à ses auditeurs un Hardcore métallique relativement virulent (sans pour autant faire preuve de célérité) au groove toujours aussi redoutable et efficace. Alors on va bien trouver quelques séquences un poil plus rapides comme par exemple sur "Summer Trend", "Ode To The Pit" ou bien encore "For All Not One" mais globalement, les titres de ce premier album jouent la carte d’un Hardcore chaloupé plutôt que d’un Hardcore vindicatif mené pied au plancher. Si vous êtes prêt à rouler des épaules et à jouer les durs tout en balançant quelques high-kick et autres mouvements tout aussi gracieux alors nul doute que vous saurez apprécier les nombreux passages bien remuants que réserve Black Radical Love. En effet, si le rythme n’est donc pas super tendu tout au long de ces vingt-six minutes, attendez-vous quand même à transpirer dur sur des titres tels que "Imperialist Reign", "Trojan Horse", "Summer Trend", "1,000,000 Experiments" ou bien encore "Black Radical Love". Des moments bien physiques qui ne manqueront pas de remporter l’adhésion de ceux pour qui Hardcore rime avec Violent Dancing.
Outre cette formule balisée dont l’efficacité n’est certainement plus à prouver, Move continue bien évidemment d’attacher également une importance toute particulière à ses textes. Un point qui d’ordinaire passe souvent au second plan mais qui, forcément ici, peut difficilement être ignoré. Ces écrits bien souvent au vitriol sont adressés essentiellement contre l’état, le capitalisme et la police dont les violences régulières touchent les minorités et enflamme les populations : "A thug, a criminal, a brute, a fiend. What the fuck will they make out of me? The pigs will take everything from you even after they’ve taken your life", "Imperialist Reign. Nothing can stay the same. Imperialist Reign. Permanently fixed to the throne of hate. Monopolize the violence against our lives. Legitimize the imperialist rise. Laws and policies that serve our demise"... Naturellement, cette tribune qu’ils se sont offertes va permettre aux membres de Move (et même à quelques autres intervenants plus ou moins proches ("Statement: Lee Lee", "Statement: Deja", les derniers instants de "Black Radical Love")) d’adresser d’autres sujets tout aussi fondamentaux relatifs à la condition noire : "Black Lives aren’t a trend. Why can’t y’all see this through till the end. Put out a shirt, donate the funds. Sit back like your job is done. So you say that your sorry how you feel for our plight. Get off your ass and continue the fight.", "Black Radical Love Awaken to the same sensation Burning love & radical vision A spark for our struggle, unlike any other Abolition, Revolution, Liberation All fueled by the same sensation Black Radical Love The beat behind the first brick thrown" et à un désir d’unité : "What the fuck are we trying to do. Collective power is what matters. What are we going to build. Don’t tell me you’re a comrade. Let’s do this work", "We can’t remain complacent, with this false sense of unity…Need to build the space for all, not one you and I"... Bref, difficile chez Move de dissocier la musique du message. D’ailleurs, il serait bien dommage de chercher à le faire…

Malgré mon enthousiasme à l’égard de ces douze nouveaux titres, Black Radical Love n’est pas complètement exempt de défauts. Si musicalement je n’ai pas grand chose à lui reprocher, je trouve néanmoins que la production n’est pas toujours à son avantage. La faute selon moi à des guitares un peu trop apprêtées et qui du coup manquent un poil de caractère. De ce constat découle également parfois un certain manque de présence, notamment face à une batterie ou à une basse sensiblement plus dominantes. Alors bon, je n’irai tout de même pas dire que cela me gâche l’écoute de ce premier album mais je suis convaincu que celui-ci aurait gagné en impact avec des guitares moins lisses et plus abrasives.

Après des débuts particulièrement engageants, Move vient confirmer que celui-ci est à la hauteur des attentes le concernant. Certes, le groupe de Boston n’a absolument rien inventé mais en prenant position comme il le fait à travers ses paroles et ses actions, il donne de la voix et du crédit à ceux qui n’ont jamais osé franchir le pas ainsi qu’à ceux qui ont trop subit pour vouloir s’exprimer. Il met également la lumière sur des populations peu représentées, même dans ces scènes dites inclusives que sont pourtant le Punk et le Hardcore. Groupe définitivement à l’écoute des problématiques de son époque, Move compte donc faire entendre sa voix et celles des autres au son d’un Hardcore dénué d’originalité mais d’une très grande efficacité. Et pour le coup, en plus du message, c’est bien ce qui compte le plus ici.

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Move
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

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Move
Move
Hardcore - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Double Death  (01:45)
02.   Imperialist Reign  (02:19)
03.   Statement: Lee Lee  (00:32)
04.   Trojan Horse  (02:39)
05.   Summer Trend  (02:31)
06.   Ode To The Pit  (01:57)
07.   Statement: Deja  (00:32)
08.   For All Not One  (02:15)
09.   Comrade  (02:55)
10.   1,000,000 Experiments  (02:07)
11.   Ascent  (02:04)
12.   Black Radical Love  (04:43)

Durée : 26:19

line up
parution
11 Août 2023

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2021 - Triple B Records
  

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