chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
173 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Abduction + ... » Arek Niziołek »

State Faults - Children of the Moon

Chronique

State Faults Children of the Moon
Continuer à rester pertinent quand on joue un style comme le screamo me paraît compliqué. Cela est une vérité générale quel que soit le genre pratiqué mais le concernant cela me semble encore plus difficile, celui-ci faisant sien une certaine fraîcheur, une urgence, la transmission d’une énergie tirant sa force d’idées comme le renouvellement et l’émotion brute, au point que la répétition paraît un écueil à éviter. Les exemples de groupes s’assagissant avec le temps au point de décevoir ne manquent pas : Touché Amore cette année, poursuivant ses ponts vers d’autres domaines au point d’ennuyer ; Circles Takes the Square et son retour loin des hauteurs de son premier album… Le screamo profite d’une certaine brièveté, les formations les plus marquantes ayant été celles qui ont su s’arrêter à temps (Orchid ; Tristan Tzara ; Mihai Edrisch…).

Ainsi, on pouvait craindre que le retour de State Faults tombe dans la même tragédie qui en a touché tant. Quelques signes pouvaient en effet le laisser penser : la gentrification Deathwish – label qui s’est bien embourgeoisé avec le temps –, la durée conséquente de cet album, un aspect conceptuel avec samples et plages atmosphériques risquant de casser un rythme que l’on sait devoir être toujours nerveux et à fleur de peau… Il y avait de quoi imaginer le premier faux-pas de cette formation qui n’a cessé d’évoluer tout en gardant une certaine radicalité en son centre, même lors du come-back Clairvoyant, plus complexe qu’auparavant mais contenant toujours cette rage si prenante quand elle est bien exécutée.

On ne va pas jouer le suspense plus longtemps. Oui, State Faults a vu les choses en grand avec Children of the Moon mais son regard reste celui jeune, avide et hypersensible qu’on lui connait. Plus qu’un retour nostalgique – même si je pense fortement à l’abrasivité de Resonate/Desperate sur un premier tiers qui explose régulièrement –, la bande de Santa Rosa mélange ses différentes expérimentations dans une œuvre totale, sorte de création définitive où retrouver toutes les qualités présentes dès Desolate Peaks. Treize ans de carrière résumés sur soixante-deux minutes, de colère expulsée (« Leviathan » ; « Nazar » fricotant avec le black metal), de motifs mélodiques emportés (« Distant Omen » ; « Palm Reader »), d’instants de contemplation gazeux, respiration avant une nouvelle foulée du cœur (« Looming »). Guidés par la voix de Johnny Andrew, toujours aussi criarde et forte d’une assurance plus grande dans les parties claires (le final « Bodega Head », plein de soul juvénile, mais aussi « Palo Santo » par exemple) ainsi qu’une base rythmique variée et altière (le batteur Jared Wallace fait des miracles, aidant à tenir la cadence par des parties entraînantes), les titres s’enchaînent avec un naturel qui épate.

En effet, aucun ennui à l’horizon sur Children of the Moon, seulement des points d’orgue entourés d’exercices de masterclass. Certes, on pourra trouver ici que les choses sont uniquement bien faites – gens de peu de sensibilité ! –, pointant du doigt le classicisme de morceaux comme « Blood Moon » ou « Heat Death » ; il y a de quoi rétorquer, à commencer par cette démonstration qu’est « No Gospel », un titre ironique tant on tient là un exemple de la beauté pleine d’âme dont est capable le projet. « The only holy book is the one inside your heart / And on every page your love has made a work of art » y répète Johnny Andrew : c’est bien la ligne que s’est donné ici State Faults, semblant avoir réfléchi à se surpasser à chaque instant dans l’écriture de cet album.

Je ne vois pas quoi regretter ici. Bien sûr, je note quelques essoufflements, notamment passé cet incroyable titre qu’est « No Gospel ». Mais l’ensemble est si constant en qualité que j’en viens à me dire que le fautif est plus mon manque d’endurance que les compositions en elles-mêmes. Il y a après tout encore de nombreux coups d’éclats – « Transfiguration » ; la lourdeur de « Divination » ; la conclusion à couper le souffle de « Palm Reader » –, ainsi qu’un final qui joue la carte de la douceur et de la montée en puissance avec brio. De plus, State Faults continue de garder cette ligne poétique et spirituelle le mettant à part des autres groupes de screamo, avec ses paroles davantage symboliques où l’on devine une envie de vivre intensément chaque chose plutôt que de s’appesantir sur le négatif. Jusqu’au bout, Children of the Moon montre une formation où l’ambition – énorme – n’est qu’indirecte : il s’agit plutôt de profiter le plus possible, sans regarder en arrière. Franchement, après une année particulièrement sombre et des albums y répondant sur le même ton, voilà qui fait un bien fou.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
State Faults
Screamo
2024 - Deathwish Inc.
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
State Faults
State Faults
Screamo - 2010 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Fragile Light  (01:54)
02.   Blood Moon  (02:28)
03.   Palo Santo  (04:13)
04.   Leviathan  (04:10)
05.   Heat Death  (02:51)
06.   Looming  (01:04)
07.   No Gospel  (10:09)
08.   Transfiguration  (04:41)
09.   Divination  (03:45)
10.   Distant Omen  (03:55)
11.   Nazar  (04:48)
12.   Palm Reader  (03:21)
13.   Wind Song  (05:50)
14.   Bodega Head  (09:10)

Durée : 62:19

line up
parution
26 Juillet 2024

voir aussi
State Faults
State Faults
Desolate Peaks

2012 - Tiny Engines
  
State Faults
State Faults
Resonate/Desperate

2013 - No Sleep Records
  
State Faults
State Faults
Clairvoyant

2019 - No Sleep Records / Dog Knights Productions
  

Essayez aussi
Shizune
Shizune
Le Voyageur Imprudent

2015 - Dog Knights Productions
  
The Saddest Landscape
The Saddest Landscape
Darkness Forgives

2015 - Topshelf Records
  
Raein
Raein
Il N'y A Pas De Orchestre

2003 - Ape Must Not Kill Ape
  
Raein
Raein
Perpetuum (EP)

2015 - Autoproduction
  
Envy
Envy
A Dead Sinking Story

2003 - Level Plane Records
  

Sodom
Sodom
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast
Agressor
Deathreat
Lire la chronique
Deathraw
Reduced To Ashes (EP)
Lire la chronique
Cro-Mags
The Age Of Quarrel
Lire la chronique
Barbarian
Reek Of God
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Dirty Rotten EP (EP)
Lire la chronique
Furi Helium
No Altar Stands Eternal
Lire la chronique
Power Abuse
Madness Inside
Lire la chronique
Kreator
Krushers Of The World
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique