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Nine Inch Nails - Broken

Chronique

Nine Inch Nails Broken (EP)
Pris à la gorge par TVT Records qui, soucieux de capitaliser sur le succès du premier album de Nine Inch Nails et de s’en mettre évidemment une fois de plus plein les poches, va mettre une pression particulièrement toxique sur les épaules de Trent Reznor (en plus de lui suggérer franchement quoi faire et ne pas faire) dans l’espoir que celui-ci ponde un Pretty Hate Machine volume 2 et rien d’autre, notre multi-instrumentiste passablement énervé va choisir la dissimulation plutôt que la confrontation directe (celle-ci ayant déjà eu lieu et s’étant naturellement soldée par un échec pour des raisons bassement contractuelles). C’est donc en secret et sous un autre nom que Trent Reznor va enregistrer les huit titres de ce EP avec, une fois de plus, l’aide du producteur anglais Flood.

À ce titre, six différents studios et probablement tout autant de pseudonymes seront utilisés par nos deux protagonistes pour arriver secrètement à leur fin. Parmi ces studios, une maison située au 10050 Cielo Drive, quelque part sur les hauteurs de Los Angeles. Une maison louée à la fin des années 60 par le réalisateur Roman Polanski et sa femme Sharon Tate où cette dernière sera sauvagement assassinée par trois membres de la Manson Family. Une maison qui à partir de 1992 sera occupée par Trent Reznor et qui à cette occasion la baptisera alors "Le Pig" en référence à une inscription ensanglantée laissée par Susan Atkins sur la porte d’entrée (porte qui sera d’ailleurs récupérée par monsieur Reznor à l’issue de sa location quelques années plus tard et envoyée à la Nouvelle Orléans afin de servir de porte d’entrée aux Nothing Studios). D’ailleurs, outre une partie des titres de Broken, une grosse majorité des quatorze morceaux présents sur The Downward Spiral seront également enregistrés dans cette maison tout comme l’album Portrait Of An American Family de Marilyn Manson paru sur Nothing Records, label co-fondé par Trent Reznor et rattaché à Interscope Records chez qui Nine Inch Nails a trouvé refuge après ses déboires avec TVT Records... Ça va, vous suivez ?

Le Diable au corps après des mois de lutte avec son ancien label et résidant dans une maison chargée d’une histoire pour le moins morbide, c’est évidemment remonté à bloc que le père Reznor aborde la composition puis l’enregistrement de ces huit morceaux. Huit morceaux pour un EP cela peut paraître beaucoup mais précisions tout de même que celui-ci est composé d’une introduction ("Pinion"), d’un interlude instrumental ("Help Me I Am In Hell") et de deux reprises. Tout d’abord "Physical" composé par le groupe anglais Adam And The Ants puis "Suck" des Américains de Pigface fondés en 1990 par Martin Atkins (Ministry, Killing Joke, Nine Inch Nails...) et William Rieflin (Ministry, KMFDM, Lard, Swans, Revolving Cocks...). Bref, un EP bien chargé qui rencontrera d’ailleurs un énorme succès puisque l’année de sa sortie celui-ci était déjà certifié "platinum" (soit plus d’un million d’exemplaires vendus) par la  Recording Industry Association Of America ou RIAA...

Cet agacement, cette frustration, cette colère et cette rage vont donner lieu sans trop de surprise à un EP hyper abrasif et bien plus agressif que Pretty Hate Machine. En effet, à la différence de ce premier album et à l’instar de The Downward Spiral, les guitares sont dorénavant extrêmement présentes et apportent d’emblée une couleur effectivement bien plus radicale et tranchante aux boucles synthétiques et aux nombreuses sonorités numériques proposées en long, en large et en travers par Trent Reznor (au chant d’ailleurs tout aussi corrosif) durant ces trente-et-une minutes. Si "Pinion" et ses guitares qui doucement et tranquillement s’affirment n’en laissent rien paraître, l’arrivée de "Wish" quelques secondes plus tard est quant à elle sans équivoque. Nine Inch Nails livre là un titre hyper efficace aux riffs nerveux et entêtants et au refrain pour le moins fédérateur qui trente-quatre ans plus tard continue d’ailleurs de figurer en bonne place sur les setlists du groupe. Une énergie et une dimension accrocheuse que l’on va également retrouver sur "Gave Up", titre à la fibre Punk évidente marqué par des riffs pas bien compliqués mais qui bien vite rentrent dans le crâne. Avec "Last", Trent Reznor joue la carte du titre mid-tempo aliénant avec des riffs bien lourds qu’il prend soin cependant d’entrecouper par quelques saillies Punk faciles et efficaces histoire d’apporter du rythme et du relief à l’ensemble. Sur "Happiness In Slavery", les guitares accompagnent plus qu’elles ne mènent la danse pour un titre pointu (beaucoup de cassures et de sonorités électro-déglinguées...) mais néanmoins assez "dancefloor friendly". En ce qui concerne "Help Me I Am In Hell", cet interlude instrumental rempli parfaitement son office sans faire retomber le soufflé. À la lecture de Wikipédia j’apprends qu’un sample de The Empire Strikes Back s’y est vraisemblablement glissé mais personnellement et même en étant grand fan de la saga de Georges Lucas je suis bien incapable de mettre le doigt dessus... Enfin, reste ces deux reprises proposées en fin de parcours (ceux qui ont la version CD se souviendront qu’il faut passer plus de quatre-vingt dix pistes d’une seconde chacune pour pouvoir les écouter) qui, relativement fidèles aux versions originales, n’en reste pas moins marquées par l’identité de Nine Inch Nails. Deux reprises à la fois mélodiques et intéressantes qui quelque peu permettent à Trent Reznor de sortir de sa zone de confort tout en offrant quelque chose d’homogène qui finalement se marie très bien avec les titres précédents.

Enfin, un petit paragraphe pour évoquer l’existence de cinq vidéos clips (ce qui même pour un album semble déjà beaucoup alors pour un EP…) pour les titres "Pinion", "Wish", "Help Me I Am In Hell", "Happiness In Salvery" (largement censuré à l’époque et encore aujourd’hui non proposée sur la chaîne officielle YouTube de Nine Inch Nails) et "Gave Up" ainsi qu'un court-métrage d’une vingtaine de minutes réalisé par Peter Christopherson de Throbbing Gristle et Coil sorti quelques mois plus tard et reprenant visuellement une partie de ces clips. Un film à l’époque difficile à trouver et à visionner puisqu’il n’a bénéficié d’aucune couverture médiatique ni même d’une quelconque sortie officielle…

Bref, vous l’aurez compris, avec ses quatre-vingt-dix-neuf pistes, huit titres, trente-et-une minutes, cinq clips et un court métrage de vingt minutes, Broken est ce que l’on peut appeler un EP extrêmement généreux qui à sa sortie n’est évidemment pas passé inaperçu. Trente-quatre ans plus tard, il reste une pièce de choix à ne certainement pas occulter dans la discographie de Nine Inch Nails bien qu’il soit, il est vrai, coincé entre deux albums bien différents mais néanmoins fondateurs et aujourd’hui cultes. Un indispensable en somme.

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Nine Inch Nails
Rock / Metal Industriel
1992 - Interscope Records / TVT Records / Nothing Records
notes
Chroniqueur : 4.5/5
Lecteurs : (3)  4.67/5
Webzines : (1)  4.5/5

plus d'infos sur
Nine Inch Nails
Nine Inch Nails
Industrial Rock / Metal - 1988 - Etats-Unis
  

vidéos
Pinion
Pinion
Nine Inch Nails

Extrait de "Broken"
  
Wish
Wish
Nine Inch Nails

Extrait de "Broken"
  
Help Me I Am In Hell
Help Me I Am In Hell
Nine Inch Nails

Extrait de "Broken"
  
Gave Up
Gave Up
Nine Inch Nails

Extrait de "Broken"
  
Broken
Broken
Nine Inch Nails

Extrait de "Broken"
  

tracklist
01.   Pinion  (01:02)
02.   Wish  (03:46)
03.   Last  (04:44)
04.   Help Me I Am In Hell  (01:56)
05.   Happiness In Slavery  (05:21)
06.   Gave Up  (04:08)
08.   Physical (Adam And The Ants Cover)  (05:29)
09.   Suck (Pigface Cover)  (05:06)

Durée : 31:35

line up
  • Trent Reznor / Chant, Guitare, Basse, Batterie, Programmation

parution
5 Octobre 1992

voir aussi
Nine Inch Nails
Nine Inch Nails
Pretty Hate Machine

1989 - TVT Records
  
Nine Inch Nails
Nine Inch Nails
The Downward Spiral

1994 - Interscope Records / Nothing Records
  

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