chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
202 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Dominion » Ephel Duath ... »

Early Graves - We: The Guillotine

Chronique

Early Graves We: The Guillotine
Peut-être est-ce en raison de la lecture de Choosing Death de Albert Mudrian : voilà que je me prends de nostalgie pour un style musical tombé en désuétude. Qui aujourd’hui pour reprendre le flambeau des Cursed, Trap Them, Hessian, Dead in the Dirt, All Pigs Must Die et la tripotée de coreux ayant piqué au death metal suédois sa Boss HM-2 ? Personne, ce genre mêlant crust, grind, hardcore et metal extrême semblant être oublié de tous, voire moqué – j’avoue faire partie des coupables de l’époque, critiquant le manque d’originalité d’une formation s’en réclamant. Un destin qui rappelle effectivement celui du death metal de la fin 80 / début 90, sa radicalité première, sa popularité grandissante, puis un éloignement progressif de ce qu’il a pu ériger en codes à suivre en raison d’une surabondance synonyme de désintérêt.

Il y avait pourtant dans cette scène hardcore prenant du metal ce qu’il pouvait avoir de plus sombre et violent quelques perles cachées, peu mises en lumières car ni instigatrices de ce virage coupant les phares dans la nuit, ni particulièrement soutenues par un label / internet / les médias (dont les webzines, qui n’étaient pas encore une relique du passé refusant de mourir comme aujourd’hui). Early Graves, vous vous en doutez, en était une.

Il en est peut-être même le meilleur exemple, avec sa fin tragique – celle du hurleur Makh Daniels, mort d’un accident de la route – et ses œuvres cultes qui, à elles seules, symbolisent la naissance d’une scène, son explosion et son déclin. Goner en sommet, Red Horse en gisant refusant de mourir malgré les pelletés de terre tombant sur lui, We: The Guillotine transmet donc cette sensation de début qui avait déjà tout pour lui, mêlant avec plaisir différents styles et scènes sans s’emmêler outre-mesure. Outrancier, mais déjà juste dans son déséquilibre.

Et il en faut, de la finesse dans le bovin, pour convoquer hardcore pur jus, noisecore, grindcore, crust, hargne death metal et goût pour le péplum heavy metal dans un melting-pot qui ne s’embourbe jamais, avance droit vers son objectif : briser les nuques autant que les esprits, les riffs assassins et implacables s’enchaînant déjà à haute-intensité, Goner ne faisant « que » maximiser le talent ci-présent au-delà du point de non-retour. Le plaisir se vit à grand coup de canines et de canif, mordant et tranchant à tout-va au point de virer à l’automutilation (oui, on est à ce niveau d’incendie qu'il dérive vers l'immolation dès « Ballistics »). Les mélodies torturées, la voix beuglée jusqu’à en sentir les glaviots (Makh Daniels et sa synesthésie bien à lui manquent aujourd’hui), le batteur toujours au bord de faire route seul : tous ces éléments, formellement dans les règles d’une mouvance alors à la mode, sont appropriés de telle manière que Early Graves devient rapidement un maître du jeu, la signature sans préalable au sein de la subdivision hardcore / metal de Metal Blade « Ironclad » – aujourd’hui peu active – montrant l’effet qu’ont pu avoir ses compositions sur qui les a rencontrées.

Il faut dire que les ambitions de morceaux comme ceux constituant la trilogie « First Name: William » / « Rest » / « Last Name: Porter » ou la capacité à sortir de la pure brutalité pour développer des climats tragiques (« Here There Be Monsters ») restent encore actuellement particulièrement convaincantes. Cela, sans affadir la radicalité du propos, palpable jusque dans cette musique si impitoyable et urbaine qu’elle rend bien compte à elle seule de la rage urbaine qui habite le groupe. Les paroles sont au diapason, exprimant une colère sociale prête à passer au-delà de toutes discussions (« House Nigger » et la controverse de son titre pointant du doigt le racisme aux Etats-Unis). Early Graves aime la guillotine – fierté nationale – et en use et abuse sur ces quarante minutes, sa lame non-émoussée par le temps et l’oubli (écoutez l’album : il marquera rapidement votre mémoire). Un des quelques « Dearly Missed » qui, je l’espère, seront réévalués avec le temps.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Early Graves
Crust / Hardcore / Metal
2008 - Ironclad Recordings
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  7.5/10
Webzines : (1)  5/10

plus d'infos sur
Early Graves
Early Graves
Blackened Crust/Metal - 2007 † 2021 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Ballistics  (02:46)
02.   Safety Net Acrobats  (04:02)
03.   House Nigger  (04:04)
04.   First Name: William  (01:57)
05.   Rest  (02:22)
06.   Last Name: Porter  (04:49)
07.   The Man in Black Fled Across The Desert  (02:09)
08.   Ghosts Among Us  (04:08)
09.   Borrowed Teeth, Borrowed Claws  (03:02)
10.   Here There Be Monsters  (07:12)
11.   City Of Angels of Nothing At All  (03:32)

Durée : 39:41

line up
parution
13 Août 2008

voir aussi
Early Graves
Early Graves
Goner

2010 - Ironclad Recordings
  
Early Graves
Early Graves
Red Horse

2012 - No Sleep Records
  

Essayez aussi
Oathbreaker
Oathbreaker
Eros|Anteros

2013 - Deathwish Inc.
  
The Secret
The Secret
Solve Et Coagula

2010 - Southern Lord Recordings
  
Cursed
Cursed
One

2003 - Deathwish Inc.
  
Elizabeth
Elizabeth
Insomnia (EP)

2013 - Throatruiner Records
  
Cursed
Cursed
III: Architects Of Troubled Sleep

2008 - Goodfellow Records / Reflections Records
  

Machine Head
Unatoned
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
10 ans de vidéo SAKRIFISS / Le top 50 des groupes marquants
Lire le podcast
Cryptic Shift
Overspace & Supertime
Lire la chronique
Deathraiser
Forged In Hatred
Lire la chronique
R.I.P. Soldier
The True Soldiers Never Die
Lire la chronique
Cro-Mags
Best Wishes
Lire la chronique
Venthiax
Rites Of Ra (EP)
Lire la chronique
Archaic
The Endgame Protocol
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
Slakter
Infernal Exekution Reign
Lire la chronique
Norwalk
Psycho Mirror
Lire la chronique
Megadeth
Megadeth
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast
Agressor
Deathreat
Lire la chronique
Deathraw
Reduced To Ashes (EP)
Lire la chronique
Cro-Mags
The Age Of Quarrel
Lire la chronique
Barbarian
Reek Of God
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Dirty Rotten EP (EP)
Lire la chronique
Furi Helium
No Altar Stands Eternal
Lire la chronique
Power Abuse
Madness Inside
Lire la chronique
Kreator
Krushers Of The World
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique