À la liste des bons groupes en provenance de Marseille, nous allons pouvoir ajouter
WOEST même si ce n’est pas vraiment un nouveau venu. Première démo en 2017 (
La fin de l’ère sauvage), premier album en 2019 (
Le gouffre), ce à quoi il faut ajouter un
line-up expérimenté dont les travaux remontent parfois jusqu’aux années 90 :
FILTHY CHARITY,
YOUR SHAPELESS BEAUTY, ce n’est pas mal du tout en termes de référence surtout si l’on a connaissance de la récente arrivée à la guitare de
Wÿnter Ärvn (ex-
BELORE, ex-
AORLHAC), tellement récente qu’il ne figure d’ailleurs pas sur ce
Vomir à outrance. Ainsi, des passifs qui tapent à peu près dans tous les styles extrêmes, les quatre membres se rejoignant ici sous la bannière du
black metal industriel.
Un style difficile le
black indus, dans lequel on retrouve de nombreuses choses n’ayant que peu de choses en commun. Cependant, s’il y ici des amateurs de
BLACKLODGE ou du
DIAPSIQUIR de l’époque
Crasse (« Les déchets de l’âme » où les vocaux sont signés, « Dionysiaque » également), ils retrouveront peut-être dans cet album un peu de l’abjection originelle, celle qui se focalise sur les fluides, le bas corporel (« L’humiliation dans le sang » ; « Vomir à outrance » ; « Déterminé à puer la merde »), soit un satanisme crade, post apocalyptique.
Au fil des écoutes (éreintantes, cinquante minutes au total), d’autres influences remonteront à la surface, peut-être de manière inconsciente d’ailleurs :
WURDULAK au cours de « L’humiliation dans le sang », plus étonnamment
SLAYER, l’arpège présent à 01:28 du morceau « Vomir à outrance » résonnant fortement comme ce bon vieux « Dead Skin Mask ». Proximité sans doute involontaire,
WOEST n’ayant rien d’une formation de
thrash. Je le sais, j’ai cité beaucoup de noms pour tenter de définir cette musique de cirque itinérant tenu par des psychopathes (la pochette, un hommage au capitaine Spaulding ?) voué corps et âmes à Lucifer.
L’album est difficile d’accès c’est un fait. Mais il l’est parfois pour des raisons qui tiennent au décorum : voix torturées qui s’entremêlent, hurlent, gémissent et implorent, une fascination explicite pour la laideur, le caca, la bile, j’ai parfois l’impression que la formation cherche à trop en faire dans le bizarre pour montrer à quel point elle est dépravée là où d’autres y arrivent avec un minimum d’artifices. Alors je ne dis évidemment pas que les Marseillais surjouent la démence et la satisfaction à se vautrer dans la fange, je constate juste que près d’une heure à se faire balancer des excréments de
freaks au visage, cela peut sembler parfois un peu long et je continue de penser que
WOEST décuplerait son efficacité en condensant son propos car si la démarche artistique est claire, l’auditeur n’a quant à lui quasiment aucune piste de repos, le groupe lui refusant toute possibilité de reprendre ses esprits durant ne serait-ce que quelques secondes.
Malgré tout, je ne peux que saluer la performance dans ce registre complètement fumé qui, sans atteindre la perfection d’un
SPEKTR (oui, encore une référence pour la route), parvient à provoquer un sentiment puissant de malaise nauséeux, une réussite donc.
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