Habituée à ne jamais se reposer sur ses lauriers, dame Chupin signait en janvier dernier son retour avec la sortie d’un nouvel EP intitulé
Aux Portes De l’Horizon. Une parution plutôt inattendue même si depuis la sortie de son premier album en novembre 2024 (l’excellent
La Nuit Éternelle, la Bretonne n’a en effet pas particulièrement chômé (une constante chez elle) avec la sortie d’une démo instrumentale (
Promo Rehearsal 2024) suivie par la publication d’un EP de 2021 resté jusque-là inédit (
Promo EP 2021).
Composé de quatre nouveaux morceaux et sorti pour le moment au seul format cassette via The Weeping Kingdom (petite structure indépendante tenue par Lila Chupin elle-même et sur laquelle on retrouve une partie de ses nombreux projets),
Aux Portes De l’Horizon renoue dès l’artwork avec cette thématique si chère à Vöghräth. Fidèle à son amour pour les vieilles pierres, qu’elles soient de Bretagne ou d’ailleurs, ce sont une fois de plus les sommets d’un mystérieux château (tours et chemin de ronde) qui sont ici visuellement mis à l’honneur à travers un filtre bleuté. Afin de parfaire le tout, Lila Chupin y a ajouté quelques étoiles pour le moins flamboyantes ainsi qu’à chaque coin des ornements décoratifs discrets. Tout le monde en conviendra, il n’y a là rien de très original mais en plus de trouver ça personnellement toujours très réussi, ce genre d’illustration a également le mérite de parfaitement planter le décor.
Composées et enregistrées entre 2023 et 2025, ces quatre nouvelles compositions (parmi lesquelles une conclusion instrumentale) s’inscrivent sans surprise dans la droite lignée des précédents travaux d’Ardente à commencer par ce premier album paru il y a maintenant un petit peu plus d’un an. On va ainsi retrouver avec grand plaisir ce Black Metal épique et mélodique dont s’est fait une spécialité Vöghräth. Une musique servie ici à travers une production relativement dépouillée (même si celle-ci ne manque pas de rondeurs) avec ces guitares rachitiques, cette voix lointaine, écorchée et saturée et cette batterie au naturel. Un Black Metal toujours aussi rythmé puisqu’une fois de plus, c’est essentiellement le couteau entre les dents que Lila mène ses assauts. En effet, malgré deux titres affichés à plus de cinq minutes ("Aux Portes De l’Horizon" et "Sous Les Remparts, Les Roses"), la cadence est dans l’ensemble assez soutenue avec beaucoup de cavalcades débridées (de ces galopades thrashisantes à ces coups de boutoir bien plus musclés) dont émanent un sentiment d’urgence à la fois impétueux et fragile ("Aux Portes De l'Horizon" à 0:43 et 5:43, "Sous Les Remparts, Les Roses" à 0:06, 1:47 et 4:25, "Ma Lame, Ma Volonté..." à 2:16). Sur ces accélérations à l’intensité et à la brièveté plus ou moins variables viennent se poser des riffs aux mélodies épiques, glorieuses et gorgées d’émotions (épaulées à maintes reprises par des nappes de synthétiseurs plus ou moins discrètes comme c’est le cas notamment sur "Sous Les Remparts, Les Roses") qui ne manqueront pas de vous hérisser le poil ("Aux Portes De l'Horizon" à 0:43, 1:42 et 5:43, "Sous Les Remparts, Les Roses" à 0:17 et 2:22, "Ma Lame, Ma Volonté..." à 2:16). Une sensibilité mélodique et dramatique particulièrement affirmée qui se dévoile tout autant lorsque Lila lève le pied.
Car
Aux Portes De l’Horizon est un EP de contrastes. Si effectivement, le plus gros de ces presque dix-huit minutes est mené bon train, il n’est pas rare d’entendre la Rennaise apporter de la nuance à son Black Metal. De cette très chouette introduction acoustique dispensée sur les premières secondes de "Aux Portes De l’Horizon" à cette conclusion contemplative conduite uniquement à coups de synthétiseurs ("Requiem Pour Ezherbü (Outro)") en passant par le titre "Ma Lame, Ma Volonté..." dont la première moitié ainsi que ses dernières secondes sont construites autour de mid-tempo entêtants (une sensation naturellement renforcée par ces fameuses mélodies évoquées plus haut) sans oublier bien évidemment toutes ces baisses de régimes consenties et autres variations subtiles et habilement amenées, chaque titre est effectivement l’occasion pour Ardente de ne pas se contenter de ces seules accélérations et ainsi faire de ce Black Metal en apparence primitif une musique bien plus riche, bien plus profonde et bien plus émouvante qu’il n’y paraît de prime abord.
Alors que l’on ne les attendait pas de sitôt (en tout cas en ce qui me concerne), Ardente et Lila Chupin nous reviennent toujours aussi inspirés avec sous le coude un Black Metal épique et mélodique de haute volée qui brille autant par sa cadence soutenue, ses changements de rythmes nombreux et bien vus et bien évidemment toutes ses mélodies chargées d’émotions. Tout cela n’est pas spécialement d’une grande originalité mais en musicienne accomplie, Lila Chupin livre une fois de plus un disque tout à fait abouti qui ne souffre d’aucun défaut et que l’on prendra plaisir à écouter sans jamais s’en lasser. Ue fois encore, bien joué madame !
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