Si par le passé elle s’est montrée souvent très rapide pour enchaîner les sorties les unes après les autres, il faut croire que cela est désormais une période révolue pour la formation menée par l’inusable Nornagest qui aura mis plus de six ans à donner un successeur au mitigé
« Cold Black Suns »... une durée inédite dans la longue histoire d’ENTHRONED. En effet s’il avait fallu cinq années pour enregistrer la suite de « Sovereigns » ce coup-ci son leader a été encore plus long, la faute notamment à de nombreuses tournées loin de l’Europe et à comme d’habitude un large renouvellement des troupes en interne. Car en 2024 ce ne sont pas moins de trois membres qui ont mis les voiles (dont notamment l’historique Neraath), et de fait pour mieux structurer le groupe celui-ci est passé désormais en trio... un choix assumé par son chanteur afin de conserver une meilleure osmose et éviter les problèmes extérieurs, ce qui a causé de nombreux désagréments encore récemment. Du coup pour éviter toute erreur de casting le combo a intégré Tomasz Dziubich le chanteur-guitariste de LVCIFYRE que le frappeur Manuel Rodrigues connaît bien pour jouer avec lui dans ces deux entités, et cela a sûrement compté dans ce choix final d’avoir un binôme qui se connaît depuis longtemps et semble plus soudé que jamais.
Ayant annoncé il y a quelques temps avoir mis fin à sa deuxième période musicale ce nom historique de la scène belge se lance aujourd’hui dans une nouvelle thématique, qui musicalement va rester dans la même vision froide et brumeuse entamée depuis
« Tetra Karcist », mais qui va voir le retour à une certaine sobriété entendue à l’époque sur ce disque et que l’on a retrouvé depuis de façon éparse mais inégale. Aucune trace effectivement d’excès que l’on avait pu entendre à l’époque sur le moyen
« Pentagrammaton » comme sur la précédente réalisation, vu qu’ici sans revenir aux fondamentaux on va percevoir un mélange entre le côté moderne actuel et des relents de l’âge d’or du combo avec le sieur Sabathan. La preuve d’entrée avec le très efficace « Crawling Temples » qui va voir l’apparition (après un début assez tribal et occulte) de longs blasts déchaînés agrémentés de parties rapides endiablées et d’une fin plus lente et rampante, offrant ainsi un résultat sans surprises mais foutrement bon où la radicalité au milieu du brouillard côtoie une noirceur impénétrable où l’efficacité comme la simplicité sont de mise. On sait donc parfaitement à qui on a affaire et cela va être une constante prouvant ici que la bande est dans une grande forme et qu’elle a retrouvé de l’allant, ce dont le tout aussi impeccable « Basilisk Triumphant » va conforter ce ressenti en jouant ici le grand écart intégral sans qu’on y trouve quelque chose à redire, tant c’est calibré mais inspiré. D’ailleurs on pourra faire le même constat du tout aussi redoutable « Stillborn Litany » qui malgré quelques longueurs nous balance tout le panel rythmique de ses auteurs, y rajoutant une dose de passages remuants et hypnotiques joués en boucle et qui voient la peur se faire plus marquée, tant on sent ici le souffle malsain du diable via un dynamisme incessant où la vitesse est prépondérante.
Ce dernier point va d’ailleurs aller crescendo et en premier lieu sur le martial « Ashspawn » où l’ambiance de combat monte d’un cran et où là encore tout le panel de jeu est mis en avant de très bonne façon, tant ça donne envie de headbanguer comme de prendre les armes et d’aller au combat… ce que « Raviasamin » qui s’enchaîne juste après va reprendre de la même manière. Si ici ça se montre plus court temporellement on a cependant droit à énormément de variations portées par une écriture hyper incisive et rentre-dedans remuante à souhait qui ne fait pas dans la dentelle, sans chercher à en faire des caisses ce qui s’avère être une idée imparable. D’ailleurs après cette doublette de haut niveau la suivante va être identique autant du côté de l’inspiration que de la façon de faire sonner la musique, car « Sightless » et « Chrysalid » vont conserver ces mêmes bases entendues auparavant en allant encore plus loin en matière de virulence comme de météo grisâtre impénétrable. Tout ça en jouant majoritairement sur l’explosivité mais sans oublier de lever le pied régulièrement pour densifier l’ensemble (et même ajouter quelques petits accents Indus’ ici et là), pour un rendu hyper homogène et dont l’écoute se fait sans heurts sans qu’on ait le temps ni l’envie de regarder la montre.
En revanche on pourra un peu tiquer sur l’interminable « Ashen Advocacy » qui se voit inutilement allongé et met trop de temps à démarrer, malgré ses percussions tribales et une montée en pression progressive où l’influence Doom est franchement poussée à son paroxysme, tant la rythmique est bridée à outrance. Si celle-ci met clairement trop longtemps à démarrer (le côté ritualiste étant également trop mis en avant) en revanche la suite est plus plaisante en explosant de tous les côtés, faisant ainsi qu’on sent l’odeur de brûlé des enfers avec deux longues boucles totalement opposées mais qui s’accordent relativement bien… même si éliminées de certains passages orthodoxes et synthétiques ça aurait été mieux. Cependant ce faux-pas sera le seul vu que la conclusion intitulée « Assertion » va retrouver l’équilibre et la simplicité en étant particulièrement addictive via du mid-tempo largement mis en avant entre deux rasades explosives terminant ainsi un disque très réussi, et qui même s’il manque de futurs classiques en devenir a de quoi satisfaire les vieux fans de l’époque
« Towards The Skullthrone Of Satan » comme les plus jeunes.
Cathartique et introspectif sans pour autant être dénué de furia primitive ce nouveau long-format se place clairement parmi les meilleurs depuis que le cousin de Cronos a pris place derrière le micro, confirmant ainsi le regain de forme de ce vétéran qui a finalement bien fait de se renouveler en profondeur, comme de prendre son temps pour mieux revenir aux affaires. Si comme souvent on pourra lui reprocher quelques passages remplis de longues boucles à rallonge et des morceaux parfois bêtement étirés, pour le reste on appréciera clairement le résultat qui demandera du temps et de la patience pour être parfaitement appréhendé. Tout cela montre donc qu’après plus de trois décennies d’activité - où un nombre impressionnant de musiciens ont défilé en son sein et ponctuées de périodes de déclin comme de renouveau, le nom le plus connu du Metal noir du plat pays a toujours de la ressource et qu’il n’est pas encore mort. Il est en tout cas certain que tant que son le parolier et vocaliste aura toujours la foi l’intronisé continuera de vivre sans jamais cesser de répandre la bonne parole partout sur la planète, et vu son attractivité retrouvée on espère que cela continuera encore dans le futur… pour le meilleur assurément.
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