chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
360 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Le Diable - Le Diable - I

Chronique

Le Diable Le Diable - I
LE DIABLE. Judicieuse appellation ? Nous pourrions penser que les formations de black metal à porter ce nom seraient légion et pourtant non. Mis à part LE DIABLE BLANC également référencé par Metal Archives, c’est peanuts. Par curiosité je recherche avec le mot « Satan » : 258 résultats, simples et composés confondus. Il faut dire qu’en France lorsqu’on parle du Cornu, les images de « La Salsa du démon » ne sont jamais très loin alors que nos campagnes furent un terreau fertile pour la sorcellerie. Ceux qui seraient intéressés par le sujet peuvent séance tenante se procurer l’étude de Claude Seignolle, « Les Évangiles du diable », ouvrage complet (du moins en 1998) de la présence du Mal en milieu rural.

Mais ce n’est pas de cela que veut nous parler la formation à travers ce premier album sobrement intitulé Le Diable – I. Ici, point de folklore. À l’image de cette illustration lugubre, la musique proposée par le nouveau bouc du label Ordo Catharsis ne vise qu’à l’expression brute d’une violence totalement extériorisée, sans filtre, sans retenue, à la limite de l’impudique. Le positionnement est clair : « Pas de message. Aucun sens. Dansez avec le diable. Niquez-vous. » À moins que cette dernière injonction soit une version modernisée d’« aimez-vous les uns les autres » (bordel), nous ne verrons dans ce Credo que l’expression de la renonciation de l’esprit à toute forme de pensée cohérente alors que se dessine en arrière-plan la libération des corps par la danse et le sexe, autre façon d’interpréter ce « niquez-vous ». Pourtant, cette absence de valeurs, quelles qu’elles soient, sera peut-être ce qui desservira le disque. Je m’explique.

Sur la forme, les sept compositions expulsent un black cru, libre, frôlant la désorganisation dans la dimension parfois bordélique des guitares (« Venti Mali ») et qui n’est pas sans m’évoquer les travaux jusqu’au-boutiste de THE ARRIVAL OF SATAN. Je retrouve cette même volonté de tout foutre en l’air, d’utiliser l’obscurité comme matière première de la création, d’exprimer un dégoût profond de l’homme civilisé. Ici, on veut aller vite, jusqu’à l’absurde (le final de « Porci »), râcler les cordes vocales au verre pilé, cracher du sang, une improvisation sonore de la terreur que provoquerait une vraie rencontre avec le diable : la chiasse, le cœur qui s’emballe, battements frénétiques de « Corvus » dans la cage thoracique. Tout cela est bel et bon.

Pourtant, au-delà de la réception immédiate qui tend à tétaniser l’auditeur mis face à un mur d’agression, l’absence de fond fait un peu tourner l’album en rond car, guidé par aucune idéologie, aucun idéal, le hurlement devient vain (comme Jésus qui a essayé de changer l’eau, en vain), il manque à la violence de la geste musicale une philosophie tout aussi radicale qui, selon moi, amènerait la formation à un autre niveau de grandeur. Cela étant, je suis moi-même conscient de la limite de mes commentaires. En effet, si ce refus dogmatique de communiquer afin de laisser la totalité de l’espace au BM le plus sauvage dont soient capables les musiciens (ou le musicien d’ailleurs, soupçonnant qu’il s’agisse d’un nouveau projet d’Aarunda) pourrait être vu comme un reliquat de crise d’adolescence où l’on décrète sans discernement que tout le monde peut bien aller se faire enculer, un résultat identique pourrait être atteint en effectuant un cheminement inverse : c’est parce que le compositeur est allé au bout de sa démarche intellectuelle qu’il en voit l’inanité, cherchant alors à redescendre au stade de l’animalité, la primitivité des compositions militant pour cette recherche de la négation de la pensée, du raisonnement, de ce qui nous constitue en tant qu’humain.

Ce qui est certain, c’est que les amateurs de DOSKA ou de PUTAIN DE TRISTESSE ne seront pas forcément à la fête, alors qu’en relisant les paroles de ce dernier, « J’ai traversé les portes de l’enfer lentement sans m’en apercevoir », je commence à mieux comprendre la démarche artistique cachée derrière LE DIABLE. Cri d’horreur ou d’agonie, détresse morale, bras tendu et main ne saisissant que du vide, mental laminé, corps fatigué, n’est-ce pas là une forme d’aboutissement langagier dans le champ lexical parfois caricatural du black metal ? En définitive, je prends l’œuvre telle qu’elle s’offre, dans sa pureté souillée, réfractaire à tout, inconsolable, plongée dans une misère insondable.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Le Diable
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Le Diable
Le Diable
Black Metal - 2025 - France
  

formats
nouveaute
A paraître le 1 Février 2026

tracklist
01.   Diaboli  (07:35)
02.   Porci  (03:54)
03.   Amen  (02:33)
04.   Corvus  (03:36)
05.   Venti Mali  (03:43)
06.   Mors  (03:14)
07.   Litaniis  (05:00)

Durée : 29:35

Essayez aussi
Nyx
Nyx
Home

2015 - Agonia Records
  
Eggs Of Gomorrh
Eggs Of Gomorrh
Outpregnate (EP)

2019 - Krucyator Productions
  
Possession / Spite
Possession / Spite
Passio Christi Part I / (Beyond The) Witch's Spell (Split-CD)

2019 - Invictus Productions
  
Odraza
Odraza
Rzeczom

2020 - Godz Ov War Productions
  
Aspernamentum
Aspernamentum
Primal Judgement Manifesto (EP)

2024 - Soulseller Records
  

Sodom
Expurse Of Sodomy (MCD)
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast
Agressor
Deathreat
Lire la chronique
Deathraw
Reduced To Ashes (EP)
Lire la chronique
Cro-Mags
The Age Of Quarrel
Lire la chronique
Barbarian
Reek Of God
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Dirty Rotten EP (EP)
Lire la chronique
Furi Helium
No Altar Stands Eternal
Lire la chronique
Power Abuse
Madness Inside
Lire la chronique
Kreator
Krushers Of The World
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique