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Ectovoid - In Unreality's Coffin
Chronique
Ectovoid In Unreality's Coffin
A l’instar de DYSENTERY et LUST OF DECAY ces derniers mois ont été l’occasion pour nombre de formations d’outre-Atlantique de revenir aux affaires après plus d’une décennie de silence, nouvel exemple ici avec ECTOVOID qui est de retour onze ans après le réussi « Dark Abstraction »… un long temps d’arrêt seulement interrompu en 2019 par le court Ep « Inner Death » à l’intérêt fort dispensable. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts et autour du binôme historique Chuck Bryant/Chris McDonald se sont ajoutés l’ancien bassiste d’EXAUGURATE ainsi que Shawn Staszko qui a fait ses armes notamment dans METAPHOBIC et SADISTIC RITUAL… bref du beau monde pour faire de ce troisième album une réussite sympathique dans la droite ligne de ses prédécesseurs. Car sentant toujours l’humidité des caveaux avec ce côté putride digne d’INCANTATION et AUTOPSY le quatuor nous balance presque trois quart-d’heure de gros son glauque, puissant et possédé qui ne va jamais faiblir sur la durée tant c’est consistant et opaque comme il faut pour nous embarquer dans les abîmes mortifères… et ce même si comme d’habitude il va manquer quelque chose pour pouvoir espérer passer à l’échelon supérieur.
En effet si l’on n’a rien à véritablement reprocher au combo force est de reconnaître que sa musique sans être loupée ni ratée en profondeur a toujours montré certaines limites du côté de l’écriture, tant elle finit par être rapidement répétitive et interchangeable du fait de riffs repris en boucle, de patterns identiques ici et là et d’une construction globale assez similaire de bout en bout. Du fait on finit toujours par un peu décrocher en cours de route et c’est dommage car il y a de bons éléments pour captiver l’attention, on aimerait juste que les gars se foulent un peu plus au lieu de reprendre toujours une recette agréable et bien faite mais qui à force n’a plus la même saveur. Néanmoins tout cela débute parfaitement avec l’impeccable « Dissonance Corporeum » particulièrement débridé et remuant où l’ensemble des tempos sont ici mis à l’honneur, créant ainsi un ressenti furieux où la violence intempestive côtoie facilement les passages rampants massifs qui ne cessent d’alterner l’un après l’autre. C’est donc à la fois brutal, lourd mais franchement dynamique avec l’envie d’en découdre immédiate tant ça se révèle simple dans l’exécution mais absolument redoutable… ce que « Collapsing Spiritual Nebula » qui s’ensuit reprend avec le même brio et ingrédients pour que ce soit efficace. Là-encore on a droit à un ensemble de plans furieux menés à un train d’enfer agrémentés de ralentissements pachydermiques et de hammerblasts dézingués… et où se greffent habilement quelques influences Doom du plus bel effet afin d’ajouter encore plus de putridité à un disque qui n’en manque pourtant pas. C’est donc équilibré et ça joue régulièrement sur l’alternance rythmique sans qu’on n’y trouve grand-chose à redire à défaut du côté prévisible de cette doublette, tant on sait plus ou moins quand et où vont tomber chacune des notes sans véritablement se tromper. Néanmoins cela passe comme une lettre à la poste et être aussi le cas quand les gars y vont de façon plus frontale et directe, comme le propose l’excellent « Intrusive Illusions (Echoes From A Distant Plane) » où l’équilibre des forces se fait plus marqué en jouant sur le grand-écart permanent (ce que le tout aussi rutilant « In Unreality’s Coffin » va proposer de manière tout aussi impeccable), montrant que même en simplifiant un peu plus son jeu l’entité garde son attractivité sans chichis extérieurs, idéal pour faire du bon headbanging sans tambour ni trompettes.
Et quand ça n’est pas cette vision plus épurée qui fait mouche c’est au contraire celle pleine de crasse du bridage intensif qui marque les esprits, comme avec l’excellentissime « Formless Seeking Form » qui offre un rendu plus opaque et obscur vu qu’ici tout espoir de lumière est absent des débats… du moins dans sa première moitié où la lourdeur atteint des sommets, avant que sa seconde partie ne voit les chevaux être lâchés pour faire une composition aux deux visages qui explose après avoir mis une pression continue au départ. Comme si cela ne suffisait pas du côté de l’accélérateur les implacables et entraînants « Irradiated Self » et « Erroneous Birth » vont miser sur une vision radicale où ça ne fait qu’aller à fond et foncer tête baissée sans jamais appuyer sur le frein… ni même l’effleurer d’ailleurs. Jouant donc sur un rythme endiablé l’ensemble livre une rendu sans failles, et qui malgré quelques longueurs évitables (encore et toujours !) se laisse attraper aisément sur le chemin tant on appréciera que ça défouraille comme cela le long des routes isolées de l’Alabama où ses auteurs ont pris racine. Du coup après toute cette panoplie ceux-ci vont clairement lever le pied sur l’instrumental « It Is Without Shape… » qui va détonner par rapport au reste en jouant la carte de la nostalgie, via une guitare plus aérienne et quelques nappes de claviers atmosphériques portées par des accents Heavy discrets mais efficaces qui amènent une touche différente et agréable à écouter… même si on se demande un peu à quoi elle sert, hormis lancer la conclusion finale.
Car débarquant sous le nom de « In Anguished Levitation » celle-ci est la plage la plus longue de cette galette et si cela ne se fera pas sans heurts (ça aurait pu largement être raccourci une fois encore) on adhèrera tranquillement à cette dernière salve qui reprend l’ensemble des choses proposées en amont, même si on aura ici un ressenti plus marqué concernant le sentiment de recyclage permanent. Néanmoins comme pour le reste ça s’enfile facilement et sans broncher à défaut d’être mémorable, un bilan général qu’on pourra conserver une fois arrivé au bout de ce long-format homogène en continu et à l’équilibre musical impeccable… mais qu’on aura rapidement oublié une fois terminée l’écoute. Il faut bien avouer que ça manque franchement de titres qui se détachent des autres, et même si ça fait le boulot avec sérieux, application et professionnalisme on retournera rapidement écouter les entités menées par John McEntee ou encore Chris Reifert, qui proposent la même qualité mais avec plus d’accroche et de variété. Loin donc d’être un échec ce nouveau cru du gang basé à Birmingham dans son état sudiste ne changera pas la donne pour lui, il restera un outsider professionnel et crédible mais cantonné aux premières parties et ouvertures diverses de festivals dont on appréciera poliment la prestation, avant de laisser place aux têtes d’affiches attendues et qui elles offriront ce qu’on recherche.
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