Une chronique qui ne servira sans doute à rien pour une démo dont tout le monde se foutra royalement, c’est épatant à quel point j’ai du temps à meubler pour en arriver à m’intéresser à
ALCHEMIC TRANSMUTATION. Pourtant, si je le fais, ce n’est pas totalement innocent de ma part. En effet, l’histoire est belle, moi aussi j’ai envie de célébrer l’amour, de chanter les louanges de la vie en ménage, de mettre un savoureux bout de Cupidon dans la soupe à la grimace quotidienne… Car cette
Demo 2025 n’est rien d’autre que cela : l’expression violente de la transcendance des esprits dans le creuset du réconfortant foyer conjugal.
Quel baratin… C’est qu’il se met bien le père
Austin Spence, guitariste – chanteur à temps plein chez les Reptiliens d’
EMBRYONIC DEVOURMENT : du haut de ses quarante-cinq piges il s’est dégotté une 2004 et, afin de sceller cette union de jolie façon, le couple a choisi d’enregistrer trois titres. Le monsieur s’occupe de la guitare, de la basse et de la batterie alors que la jeune femme gère le chant ainsi que la seconde guitare. Sur le papier, on se dit que c’est mignon, dans une relation normale le résultat serait probablement d’une mièvrerie confondante sauf qu’on navigue ici dans les eaux boueuses du
brutal death metal, pas le plus ragoûtant qui soit. Certes, ce dernier s’avère bien moins technique que les travaux habituels d’
Austin et l’on imagine aisément que
Melaina ne doit pas pouvoir le suivre sur ce terrain de jeu mais putain c’est quoi ce chant ? La nana dispose d’un timbre ultra guttural, glauque et profond, les textes devant sûrement être à l’avenant si j’en crois le nom des compositions : « Festering Dish of Putrid Succulence », c’est joli mais pas pour un gâteau de mariage, « Excremental Despair of Forgotten Dispositions » comme programme de nuit de noce.
Parfois ridiculement brutale dans ses accélérations effrénées, voire équipée de riffs trop simplistes (« Offerings of Burnt Sordid Brain Tissues »), la démo hésite entre la facilité du
slam et le pur exercice de style
brutal death pour lequel les déséquilibres de niveau sont hélas flagrants. À choisir, il aurait mieux valu que le mari prenne en charge l’intégralité de l’instrumentation pour laisser les seuls vocaux à madame car ils sont sincèrement flippants, malsains, inquiétants. Hélas, l’égalité des sexes a voulu qu’il faille riffer à deux. De toute façon, personne n’attendait rien de cette sortie donc on s’en branle un peu du résultat final mais je doute que la chanteuse reste encore longtemps méconnue car un tel organe a de quoi susciter le plus vif intérêt chez nombre de formations moins bien loties. Quant à la partie masculine, qu’attend-elle pour donner une suite à
Heresy of the Highest Order ?
Il reste qu’au-delà de la qualité des chansons, discutable tout en étant prometteuse si tant est qu’une suite soit donnée, la démarche reste vraiment
cool, à tel point qu’elle soulève une véritable question existentielle : si vous deviez monter un groupe avec votre moitié, que joueriez-vous ?
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