En plus d’être particulièrement active ces dernières années, la scène Hardcore parisienne est également dans son ensemble plutôt variée. Associé à celle-ci depuis ses débuts en 2021, Glassbone s’est au fil du temps émancipé de ses premières attaches musicales (sans jamais s’en départir) afin d’amener petit à petit sa musique vers de nouveaux horizons. Un choix qui semble lui réussir puisqu’après la sortie de l’excellent
Deaf To Suffering en octobre 2024, les Parisiens ont entamé cette nouvelle année avec la sortie d’un second EP intitulé
Ruthless Savagery. Si le label américain Iron Fortress Records est aujourd’hui encore de la partie, le groupe a également rejoint les rangs du label nantais Frozen Records afin d’assurer la sortie d’une version vinyle augmentée puisque figurent effectivement en guise de bonus les cinq titres de
Deaf To Suffering.
Composé de six nouveaux morceaux, ce nouvel EP se distingue pour commencer par une nouvelle collaboration avec le peintre italien Paolo Girardi. Pour l’occasion, celui-ci a fait preuve d’une certaine retenue puisqu’à moins de s’attarder sur les quelques corps meurtris disposés au premier plan, la composition générale prend des allures de paysage naturel presque apaisant... Une sobriété assez rare chez l’illustrateur mais qui avec ces couleurs plutôt douces fonctionne assez bien. Comme vraisemblablement on ne change pas une équipe qui gagne, les Parisiens ont également sollicité une fois de plus les compétences de Thomas Cremier afin d’assurer le mixage et le mastering de ces nouveaux morceaux au sein du Soundblast Studio. Un choix qui au-delà d’une évidente facilité permet également d’entretenir une certaine cohérence entre ces deux sorties séparées de seulement quelques mois.
Car on ne peut évidemment pas dire qu’il y ait de grandes différences stylistiquement parlant entre les titres de
Deaf To Suffering et ceux proposés aujourd’hui sur
Ruthless Savagery. Opérant depuis maintenant deux ou trois ans dans des contrées où se mélangent influences Hardcore et Death Metal de manière plus ou moins équilibrée, ce nouvel EP ne pouvait être que la confirmation de cette nouvelle orientation musicale empruntée depuis au moins la sortie de leur premier EP en 2024 (si ce n’est même un petit peu avant). Ce retour se fait donc cette fois-ci sans effet de surprise mais pour autant, ce n’est pas moi qui irait faire grise mine à l’écoute du bien nommé
Ruthless Savagery.
Pour commencer, la production signée Thomas Cremier s’avère une fois encore particulièrement fracassante. Un son lourd et épais qui vous presse les épaules comme une barre de squat chargée de chaque côté par de grosses plaques de 20kg. Atout majeur de la formation parisienne, cette production massive à la fois moderne et très justement équilibrée sert un Death Metal tout en nerf dont les réminiscences Hardcore parfaitement assumées vont lui apporter ce groove de babouin et cette rage urbaine qui fait le sel de ce genre de formations et de la musique des Parisiens en particulier. Rien de vraiment nouveau dans cette formule mais la preuve par six que Glassbone maitrise une fois de plus parfaitement son sujet et que cette transformation entamée depuis la sortie de
Deaf To Suffering est assurément la meilleure chose qui pouvait arriver aux Parisiens après des débuts aux sonorités Hardcore et Electro / Indus nettement plus prononcées (et en ce qui me concerne un poil moins convaincantes).
Construit sur le même moule que les titres de
Deaf To Suffering, ces six nouvelles compositions alternent à nouveau accélérations certes brèves mais néanmoins viriles ("Ruthless Savagery" à 0:24, "Dryin' Up Of Their Blood" à 1:17, 1:37 et 2:39, les premières secondes d’"Apostasy Imperium" puis une fois de plus à partir de 1:13, "Testimonty Of Death" et ses quelques cavalcades thrashisantes débutées à 0:16 suivies aux alentours de 0:54 par une courte rasade de blasts punitive, "Driven By Sinister" à 0:57), séquences bien plus lourdes et écrasantes ("Ruthless Savagery" à 1:32, "Apostasy Imperium" à 0:14, "E.K.F.I.V" à 0:49, 1:46 et 2:32, "Driven By Sinister" à 0:35 et 2:32) et bien entendu nombre de passages beaucoup plus chaloupés (mais pour autant pas beaucoup plus légers) idéalement taillés pour se déhancher et au passage rouler des mécaniques ("Ruthless Savagery" à 1:19 et 2:47, "Dryin' Up Of Their Blood" à 0:24, 1:48, 1:59 et 2:59, "Apostasy Imperium" à 2:22, "E.K.F.I.V" à 0:09, 1:14 et 2:02, "Testimony Of Death" à 1:02 et 2:24, "Driven By Sinister" à 0:07, 1:59 et 3:04). Enfin, comme sur le précédent EP des Parisiens, chaque titre ou presque se voit sublimer par la présence de leads et de solos mélodiques qui permettent à Glassbone d’introduire un semblant de finesse à une formule autrement plus bas de plafond.
Car ce n‘est évidement pas avec
Ruthless Savagery que les Parisiens iront prétendre à l’obtention d’un quelconque prix Nobel, le groupe renouant avec toujours autant d’efficacité avec ce Death Metal mid-tempo tout en nerf et en groove grâce auquel il s’est bâti depuis quelques mois une très solide réputation. Véritables hymnes à la bagarre, ces six nouvelles compositions ne surprendront personne un tant soit peu habitué à ce mélange implacable de Death Metal et de Hardcore mais ces vingt minutes n’en sont pas moins particulièrement plaisantes et convaincantes. Aussi, après deux EPs rondement menés qui ne manqueront pas d’accompagner toutes vos séances de musculation et autres activités de force, il n’y a plus qu’à espérer que la suite des aventures de Glassbone prenne la forme d’un album digne de ce nom. C’est en tout cas tout ce qu’il y a a souhaiter après ces deux sorties successives de grande qualité.
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