Jamais avare de talents, le Brésil délivre régulièrement des formations très solides (
FOSSILIZATION en récente tête de gondole) dans nombre de registres extrêmes, les petits nouveaux de
GORENCEPHALIC entendant bien se faire une place dans la sphère
death metal à tendance brutale. Enfin, nouveaux… Le batteur
Yuri Hamayano a joué dans
MYSTIFIER entre 2006 et 2013 (période de vaches maigres puisque seules des compilations sont parues) et il a également participé à
DEFORMITY BR (
grind death) aux côtés du chanteur – bassiste
Krusius Barreto. Cette paire expérimentée est ici accompagnée de deux guitaristes au passé plus confidentiel, ces présentations d’usage visant surtout à vous faire comprendre, lecteurs voraces, que
Gore of the Forgotten est certes un premier EP mais enregistré par des types au
background respectable.
C’est vrai, elle ne fait pourtant pas bien envie cette pochette aux teintes verdâtres, néanmoins cohérente avec les sujets abordés : médecine légale, trépanation, expérimentations diverses sur des cadavres… Le catalogue est classique, on en connaît les tenants et les aboutissants, cela ne doit cependant pas être un frein à la découverte. En effet, derrière des compositions que j’apprécierais davantage développées (rien n’atteint les quatre minutes), se lovent de belles influences
CANNIBAL CORPSE (période
Fisher) qui, sans atteindre la technique des Américains, développent suffisamment de
groove pour qu’il soit difficile de ne pas y succomber. À titre personnel, c’est surtout la prestation vocale qui m’émoustille les tympans, joliment gutturale, sonnant d’une façon naturelle avec un timbre grassouillet à souhait, façon « bain de friture ». Il faudrait également noter la qualité de l’enregistrement : tu entends immédiatement que tu as affaire à des professionnels. Le son est ample, puissant, mettant en valeur chacun des protagonistes tout en affirmant le goût des musiciens pour des rythmiques écrasantes. Par conséquent, pour ce qui est du sérieux et de la mise en place,
GORENCEPHALIC se pointe avec de gros godillots, tout respire le
brutal death pure souche et sans dire qu’on se prend une claque, le quatuor fait largement mieux que nombre de ses concurrents directs, en restant simple, en visant juste, sans aucune esbrouffe. Et c’est vraiment ainsi que j’apprécie le
death, dans son épaisseur malsaine, te roulant dessus sans pitié.
Il reste que le disque, avec seulement quinze minutes au compteur, manque encore de profondeur pour valider définitivement le potentiel destructeur, la réédition CD proposée par
Nihilistic Holocaust Records offrant tout de même généreusement trois bonus : le single « Body Snatcher » de 2025 ainsi que deux
live inédits : « Procedure » puis « Agony Yells ». C’est un argument qui va dans le bon sens, bien que pour ma part je préfère attendre un LP qui, je le souhaite de tout cœur, saura me soutirer louanges et émerveillements.
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint