Pour moi, c’est une évidence :
SALE FREUX est entré dans sa deuxième période faste depuis 2022 et l’album
Le corbeau clandestin. La première période, celle qui a fait connaître le Français, se situe entre 2012 et 2017, entre
L’exil et
Vindilis. Dunkel n’a pas été mauvais par la suite, mais son activité est devenue plus difficile à suivre, avec une multiplication de splits et de compilations qui ont brouillé la lisibilité pour les auditeurs. Il donnait l’impression d’errer, de presque tourner en rond. Un comble pour lui, qui parvenait toujours à nous emporter dans ses récits de vie, dans ses promenades auprès de vrais gens, au cœur du monde réel et de ses paysages. Puis tout est rentré dans l’ordre, presque soudainement, en 2022, avec l’excellent
Le corbeau clandestin. C’est là que commence, à mon sens, cette deuxième période faste, prolongée deux ans plus tard par
Vol de travers, puis, début 2026, par
...Elles s’envolèrent..., l’album dont il est ici question.
Cependant, si je place cet album dans le même ensemble que les deux précédents, c’est uniquement pour sa qualité et ses ambiances, car il possède plusieurs spécificités qui le distinguent, à commencer par son line-up. Oui, il y a un line-up : Dunkel n’est absolument pas seul, contrairement à ce que laisse croire cette pochette originale en noir et blanc. Tout d’abord, on retrouve un batteur, Fafnir. Un solo de guitare est assuré par Raven, et quelques vocaux ainsi que des effets de voix sont signés Viskr. Deux corbeaux, Iris et Strygga, apparaissent également dans le livret pour leurs croassements, photos à l’appui. Enfin, l’incontournable Ludovic Tournier est aux manettes, puisqu’il a masterisé l’album. Je ne sais pas pour vous, mais mentalement, je préfère imaginer Dunkel seul. C’est sans doute un manque total d’empathie de ma part, mais j’ai envie de le voir perdu, solitaire, esseulé, résigné, incompris. Bravo à lui d’avoir multiplié les compagnons, mais cela a forcément une incidence sur l’imaginaire de l’auditeur.
Cela dit, leurs participations ne bouleversent pas l’équilibre.
SALE FREUX est et restera Dunkel, et il délivre une nouvelle fois sa formule à l’identité forte. Le black metal y est extrêmement organique, rude, austère, porté par des vocaux qui déstabilisent ceux qui préfèrent la sécurité d’un growl plus classique.Dunkel pousse des cris stridents et d’autres plus plaintifs, il croasse et il coasse, il semble possédé, extrême. Les riffs tournoient, les mélodies ruissellent et les marais envahissent l’espace. Le marais occupe d’ailleurs une place centrale sur ce nouvel opus. Car, au lieu de nous narrer une fois encore ses mésaventures bien réelles, Dunkel innove en imaginant un monde, pas si fictif que cela, où la Terre a été dévastée et dont il ne subsiste qu’une forêt ravagée. Un corbeau découvre cet univers et nous guide dans un voyage initiatique singulier, croisant saules, marais et autres formes de vie, dont un crapaud, défenseur de ces terres. Les métaphores se multiplient, et le périple se révèle plus profond qu’il n’y paraît.
L’album se montre ainsi plus complexe qu’à l’accoutumée, avec certaines compositions particulièrement longues. Sur les neuf titres, trois dépassent tout de même les dix minutes, ce qui arrivait rarement ces dernières années. Sur
Vol de travers, un seul morceau franchissait cette barre, et sur
Le corbeau clandestin, le plus long ne dépassait pas sept minutes. Résultat :
...Elles s’envolèrent... atteint 1 h 15. C’est un peu long, même pour un grand fan du groupe comme moi, car cette durée finit par diluer les meilleurs moments. Et si je préfère les deux opus précédents, c’est aussi parce que je me suis montré moins sensible aux paroles et aux thèmes abordés.
Bien sûr, l’ensemble reste très efficace et la note demeure tout à fait correcte, mais je suis simplement moins convaincu. Il est en tout cas intéressant d’observer ces évolutions.
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