Ensanguinate - Death Saturnalia (With Temples Below)
Chronique
Ensanguinate Death Saturnalia (With Temples Below)
Après s’être révélé il y a un peu plus de trois ans via le très réussi
« Eldritch Anatomy » l’heure était venue pour le combo slovène de confirmer les belles promesses entrevues sur ce disque, même s’il n’a pas choisi ici la facilité en changeant quelque peu de style comme de visuel… et sans compter un renouvellement des troupes en interne. Terminé en effet les photos promos du précédent disque où l’on voyait les membres en mode poseur arborer un pantalon moulant et veste en cuir (le chanteur-guitariste Andrej Čuk nous gratifiant même de son torse nu velu du plus bel effet), et place aujourd’hui à un style Black Metal plus marqué avec maquillage cradingue et cheminement plus haineux, en rapport total avec la nouvelle thématique proposée aux accents occultes. Car misant sur le mysticisme sombre des années 70 et rendant hommages aux démones Kali, Ereshkigal ou encore Lilith le quatuor livre un deuxième album direct et sans compromis qui font du groupe une des têtes de gondole de son pays au sein de sa scène extrême.
Cependant il faut bien reconnaître que cela va être moins marquant que précédemment, car s’il contient encore des éléments antérieurs aux accents mélodiques ceux-ci vont progressivement s’effacer au fur et à mesure de l’avancée de l’écoute, allant ainsi vers une vision plus primaire certes réussie mais aussi moins marquante et au rendu inégal. Néanmoins tout cela démarre parfaitement après une courte introduction où le piano classique se montre très inquiétant, nous mettant donc dans l’ambiance maléfique et mortifère de manière instantanée avant que ne déboule en force « Angel Of A Thousand Poisons » qui va d’entrée jouer sur les deux versants musicaux de la formation. Montrant immédiatement sa radicalité via des blasts furieux et une production cradingue celle-ci n’en oublie pas de lever le pied pour mieux redémarrer ensuite, tout ça en proposant en son centre des riffs aux accents Heavy et du lead fluide et éthéré servant de rampe de lancement avant le retour du côté vindicatif. Cela permet donc de mieux densifier un titre remuant et rampant impeccable de bout en bout, et dont « On Wings Of Bone » qui se pointe dans la foulée va reprendre les grandes lignes avec la même agilité. Si ça va mettre en avant une brutalité encore plus marquée le mid-tempo comme l’ambiance nostalgique ne sont pas absents des débats, et offrent donc encore une fois une légère respiration avant que les déferlantes ne reviennent annihiler tout espoir de paix et de renouveau… ce que le très bon et équilibré « Rooted In Accursed Ground » va parfaitement réussir. Misant ici sur un grand écart persistant où des arpèges froids dignes d’IMMORTAL vont se mêler entre les différentes accélérations, l’ensemble offre ainsi un mélange de neige et d’obscurité totale impeccable où la chaleur des enfers et le brûlé ne sont pas très loin de nous.
D’ailleurs ces notes gelées qui émergent du cocon blanc immaculé vont servir de point de départ à l’implacable « Savage Hunger Far Beyond » qui sent bon les 90’s de par son désespoir et sa radicalité exacerbée, tant ça ne cesse d’osciller entre violence intempestive et ralentissements pachydermiques à la saleté démoniaque vu que l’on est aisément happé par cette température bien en dessous de zéro qui donne clairement envie d’en découdre. D’ailleurs cela va être exacerbé sur l’excellent « Gloaming » qui laisse place à du médium à foison et crée ainsi une ambiance épique affirmée aux légers accents nostalgiques sans que rythmiquement ça ne s’emballe outre mesure, montrant donc que dans cette veine les gars restent clairement au-dessus de ce qu’ils proposent que quand ils jouent leur facette la plus radicale (et ce malgré les qualités intrinsèques des morceaux les plus débridés), comme la conclusion « Daughter To Cain » va le prouver en misant sur un côté Punk marqué… sur fond de rendu martial et d’incandescence permanente du fait d’un tabassage et d’un entrain constant. C’est énergique et brutal mais même si c’est efficace ça finit par s’essouffler un peu vu que les mecs ont tendance à parfois un peu étirer leur propos inutilement… ce que l’interminable « The Whip And The Pendulum » va hélas démontrer durant neuf minutes. Osant un peu sortir de sa zone de confort la bande nous propose ici un mélange de fureur et douceur où se mêlent de la mélancolie, de la tristesse comme de la rage qui se dévoilent tranquillement que l’on arrive vers la fin… ce qui aurait pu être intéressant tant c’est assez cohérent, mais ça manque de fluidité et surtout aurait été plus marquant en allant à l’essentiel. Au lieu de cela on décroche en cours de route et offre donc une fin de long-format un peu décevante tant ça avait de quoi être meilleur, même si au final cela ne nuit pas trop au rendu général fort sympathique mais qui pouvait prétendre à mieux.
Car on a l’impression que l’entité est un peu le cul entre deux chaises, hésitant à quitter complètement ce qu’elle proposait à ses débuts mais sans pour autant assumer sa nouvelle orientation (de par l’intégration régulière d’éléments antérieurs toujours agréables). Du coup même si ça reste loin d’être raté on ne peut qu’être un peu déçu du résultat qui s’écoutera tranquillement en dilettante mais pas avec la même envie d’y revenir régulièrement contrairement aux précédentes réalisations, vu que les engagements proposés ici ne sont qu’en partie tenus. A vouloir jouer sur une musique plus débridée et virulente le risque est de se casser partiellement les dents et c’est cela qui arrive aujourd’hui à ses auteurs, à voir désormais ce que donnera le futur vu qu’on a un goût légitime de trop-peu quand les choses sont parfaitement en place et que les guitares se montrent plus posées et moins incisives que la majeure partie du temps. Pour le moment on se contentera donc de cela à défaut d’autre chose plus intéressant… peut-être lors d’une future livraison qui sait ?!
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