Wolfnacht - Erberinnerungen
Chronique
Wolfnacht Erberinnerungen
[ A propos de cette chronique ] Si
WOLFNACHT est l’un des plus anciens groupes à avoir choisi de s’inscrire totalement dans le NSBM, il est surtout l’un des plus connus. Et s’il revendique une idéologie extrême, il en assume aussi tous les stéréotypes attendus, que ce soit visuellement, thématiquement ou musicalement. Athalwolf, de son vrai nom Marios Papaioannou, est grec. Cela ne l’empêche pourtant pas de s’imaginer et de se mettre en scène comme s’il vivait au début des années 1940. Il en possède toute la panoplie, au point qu’on pourrait croire qu’il sort tout droit d’un film. L’ensemble est parfois si grotesque qu’il donne envie de replonger dans L’As des as ou Papy fait de la résistance. Il pousse la logique jusqu’au bout et a même opté pour la langue de Goethe dans ses textes. Renie-t-il pour autant ses propres origines ? Non, car
WOLFNACHT s’efforce en réalité de relier le paganisme grec ancien aux idéaux nazis aryens. Certains jugeront cette démarche absurde, d’autant que la Grèce a connu une tragédie comparable à notre Oradour-sur-Glane avec le massacre de Kalavryta en 1943.
En 2025,
WOLFNACHT revient avec
Erberinnerungen. Et non, ce n’est toujours pas l’album de la rédemption. Faut-il d’ailleurs traduire le titre ? « Souvenirs héréditaires ». Un terme qui renvoie à l’ésotérisme völkisch et à l’ariosophie, courants du début du XXe siècle ayant influencé l’idéologie nazie.
Mais le véritable problème avec
WOLFNACHT, c’est que le résultat est musicalement abouti, dans un style qui lui est propre. À ce stade de son évolution, on pourrait presque parler de « black metal opéra wagnérien ». C’est probablement la meilleure manière de décrire les compositions de ce dixième album, si l’on ne compte pas Soldatenlieder, qui constituait une sortie orchestrale et martiale à part. Le morceau instrumental qui ouvre l’album est d’ailleurs sans équivoque : il s’inscrit à 100 % dans une veine d’opéra grandiloquent, sans le moindre élément metal. Ce n’est que sur les six compositions suivantes que la violence s’impose, toujours accompagnée de mélodies et de tournures résolument wagnériennes. Ces mélanges étaient déjà perceptibles sur les albums précédents, mais ils se sont encore accentués ici, donnant une nouvelle fois un résultat immédiatement reconnaissable. D’autant que les vocaux sont eux aussi singuliers. Entre la voix éraillée qui vocifère et celle, plus posée, qui déclame avec gravité, la personnalité du projet ne fait aucun doute.
En conclusion,
Erberinnerungen confirme la capacité d’Athalwolf à développer une identité sonore cohérente et ambitieuse, à mi-chemin entre black metal épique et fresque lyrique. Dix albums après ses débuts, le projet poursuit obstinément sa ligne artistique. Mais quelque chose me dit que certains fuiront avant même d’écouter et que d’autres adoreront avant même d’appuyer sur play… Pour ceux qui écoutent attentivement le résultat, le constat pourrait être comme le mien : un album efficace qui se classe au-dessus de certaines sorties, sans pour autant s’imposer comme le sommet de la discographie.
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