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Evil Damn - Eons Of Horror
Chronique
Evil Damn Eons Of Horror (EP)
Quand on parle de la scène extrême venue du Pérou deux noms ressortent instantanément… ceux de MORTEM et ANAL VOMIT, car entre leur ancienneté et leur discographie longue comme le bras ces deux vétérans ont longtemps été les têtes de gondole de leur pays qui fait pâle figure par rapport à ses voisins chiliens, colombiens et brésiliens. Car outre le fait que le Metal là-bas est assez embryonnaire la qualité a aussi été rarement au rendez-vous dès qu’on s’éloigne des noms cités en amont… mais heureusement il va falloir désormais ajouter à cette courte liste celui d’EVIL DAMN, qui malgré plus de deux décennies d’activité reste encore largement confidentiel au-delà de ses frontières nationales. La faute principalement à un nombre de sorties assez restreint et qui commencent sérieusement à dater, vu que leur unique album (le très sympathique « Necronomicon ») a vu le jour en 2021… depuis silence radio ou presque jusqu’à l’arrivée sans prévenir de cet Ep qui va reprendre les choses où elles en étaient restées. Car gardant toujours comme base de travail l’œuvre de H.P. Lovecraft complétée par une thématique diabolique, guerrière et occulte le quintet livre vingt minutes de pur Death à l’ancienne, sulfureux et vindicatif d’une relative simplicité mais qui ne fait pas de quartier de bout en bout afin d’annihiler toute tentative de résistance.
Tout cela va directement nous sauter à la gueule dès les premières notes de l’impeccable « Eons Of Horror » qui après avoir mis un coup de pression durant quelques instants sous forme de lourdeur intense va ensuite totalement libérer sa puissance, en jouant sur le mode mitraillette débridé constant. Cependant au lieu de miser tout là-dessus les gars vont aussi proposer un soupçon de ralentissement et de passages remuants histoire d’offrir de la densité supplémentaire, avant de mieux ensuite repartir à l’assaut avec un rendu incisif et virulent qui fait plaisir à entendre. Restant toujours dans un relatif passage en revue des tempos « God Of Chaos » va continuer sur cette même lancée en ajoutant du médium implacable qui fait mal aux cervicales, bien calé entre les accélérations multiples et ne levant jamais le pied afin de rester cette machine de guerre inarrêtable, ce que la doublette « Summon Thy Presence » / « Evil Dwells Out There » va pousser plus loin encore. Car ici les mecs vont aller jusqu’au bout de leur idée de la radicalité musicale en misant sur le matraquage intégral sans autre forme de procès, en ne ralentissant jamais la cadence et en imposant par la force un côté martial délicieux et inépuisable qui mise sur une facette frontale et sans concessions, tout en ayant la bonne idée de ne jamais étirer inutilement les hostilités vu que sans cela ça se serait rapidement essoufflé tant c’est quand même assez rudimentaire et prévisible.
Et si c’est justement cela qu’on pouvait reprocher à ces quatre morceaux qui se montrent (à l’instar de ceux du long-format) assez interchangeables et prévisibles tant leur construction est assez similaire, la conclusion intitulée « Guerreros De Satan » (initialement jouée par les vétérans de VULCANO en 1985) va aller vers une autre direction en étant éructée en portugais et en misant vers du vieux Thrash à l’allemande. En effet tout ici nous renvoie aux origines du genre outre-Rhin de par sa grosse influence des vieux SODOM et KREATOR, vu que ça pue le Punk mort par tous les orifices avec une musicalité basique au possible où la rapidité est reine… même si ça freine légèrement durant une courte période avant de mieux repartir ensuite. C’est sobre, basique mais exécuté avec brio et nul doute que ça va parfaitement clôturer les concerts de la bande qui a trouvé ici un hymne imparable qui détonne par rapport au reste sans pour autant tomber à côté, montrant donc que les gars savent un peu sortir de leur zone de confort quand ils le veulent et que ça le fait très bien.
On ne saurait donc trop leur conseiller de continuer dans cette voie afin de diversifier un peu plus leur musique qui conserve malgré tout une vraie attractivité, à eux désormais de continuer à varier les plaisirs pour sortir de l’anonymat où ils sont actuellement malgré des qualités indéniables. Mais pour l’instant on se satisfera volontiers de cette livraison, qui même s’il lui manque un supplément d’âme pour être indispensable a nombre d’arguments à faire valoir, vu que techniquement ça fait mouche et que l’exécution y est sans failles et balancée à la gueule de l’auditoire avec une réelle conviction dans un registre toujours plaisant à écouter qui montre que le rétro a toujours ses adeptes et cela nul ne s’en plaindra.
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