Peut-être n’y avez-vous pas spécialement prêté attention mais rien ne semble vouloir arrêter le Hongrois Tibor Hanyi qui depuis maintenant quelques années multiplie les projets sans jamais viser une seule fois à côté. Coffinborn, Rothadás, Cryptworm et bientôt le très prometteur Dying Effigy, voilà effectivement à quoi notre homme occupe la plupart de son temps. Aujourd’hui, c’est de Cryptworm dont il va être question puisque le groupe originaire de Bristol (composé également de membres de Cryptic Shift et Sepravation) sort ce jour son troisième album. Un disque intitulé
Infectious Pathological Waste paru une fois de plus en étroite collaboration avec les labels Me Saco Un Ojo Records et Extremely Rotten Productions mais cette fois-ci sans le soutien de Pulverised Records qui pour l’occasion semble s’être retiré de l’équation... Dommage même si à notre niveau de simple auditeur, cela ne change pas grand chose.
Afin d’illustrer ce troisième album comme il se doit, le trio a de nouveau fait appel aux talents de l’artiste islandais Þorvaldur Guðni Sævarsson plus connu sous le pseudonyme de Skaðvaldur (Cryptic Brood, Evoker, Hexorcist, Malformed, Rotheads...). Ce dernier, vraisemblablement inspiré par le meilleur mais aussi le pire des années 2000, nous a concocté pour l’occasion une appétissante illustration à la sauce tripes et boyaux directement sortie des dernières pages des catalogues de Bones Brigade Records, Bizarre Leprous Production ou bien encore Rotten Roll Rex... Une oeuvre au bon goût tout à fait relatif (d’ailleurs je lui préfère quand même à titre personnel celle de
Spewing Mephitic Putridity) mais qui grâce à ces personnages mal en point et ce mélange de couleurs ne m’en est pas moins sympathique pour autant. Et puis surtout, celle-ci ne pouvait pas mieux convenir à la musique proposée par le trio anglais sur ce troisième album particulièrement imparable.
D’ailleurs, comme le suggère très justement cette fameuse illustration, on ne vient pas écouter Crytpworm pour son originalité mais plutôt pour la crasse, le groove, le gras et désormais la brutalité de son propos. En effet, si
Spewing Mephitic Putridity et
Oozing Radioactive Vomition n’étaient tous les deux pas exempts d’accélérations et autres coups de boutoirs plus ou moins virils, ce troisième album fait un sérieux pas en avant vers davantage de brutalité. Une impression probablement renforcée par une production également plus épaisse et plus ronde qui à vrai dire lui va plutôt bien d’autant plus que celui ou celle qui s’en est chargé a su conserver un son de caisse claire tout à fait délicieux... Alors non, les Anglais ne versent pas dorénavant dans la pratique d’un Brutal Death technique ou tout autre style propice à l’expression d’une brutalité exacerbée mais les nombreuses démonstrations de force dispensées tout au long de cette grosse demi-heure sont sans conteste bien plus radicales que par le passé. Un titre comme "Drowning In Purulent Excrementia" en est probablement la preuve la plus parlante puisque malgré ses presque six minutes et quelques séquences de toupa-toupa toujours très efficaces, ce dernier est mené pour l’essentiel à coups de blasts particulièrement soutenus et jouissifs. Un titre qui ne fait pas office d’exception puisque de "Gallons Of Molten Hominal Goo" à 0:26 et 1:49 à "Maimed And Gutted" à 1:10 en passant par "Infectious Pathological Waste" à 1:17, 2:39 et 3:49, "Embedded With Parasitic Larvae" et son entame en fanfare ou "Emanations Of Corporeal Pyosis" à 1:46, les coups de matraques et autres salves de blasts ne manquent pas. Des accélérations plus ou moins franches et plus ou moins brèves qui, comme pour "Drowning In Purulent Excrementia", sont souvent entrecoupées de cavalcades thrashisantes simples mais absolument imparables.
Cryptworm a donc pris du muscle depuis décembre 2023 et à l’image de cette production plus épaisse, cela lui va à ravir. Surtout que le trio anglais n‘a rien perdu de ce qui faisait le charme de ses sorties précédentes à commencer par ce groove insolent présent à tous les étages. Si comme moi vous aimez chalouper, rouler des mécaniques, vous dandiner à la faveur d’une section rythmique particulièrement groovy, alors vous trouverez chez les Anglais de quoi vous régaler. Il n’y a certes rien de bien sorcier dans ces formulations mais c’est à chaque fois tellement bien fait qu’on ne peut que succomber à ces passages simiesques tous plus irrésistibles les uns que les autres ("Gallons Of Molten Hominal Goo" à 1:25, "Maimed And Gutted" à 0:45 et 3:01, "Drowning In Purulent Excrementia" à 0:29 et 3:05, "Infectious Pathological Waste" à 1:39 et ainsi de suite jusqu’à l’issue de ces trente-cinq minutes). Ajoutez à toutes ces compositions savoureuses un growl glaireux et dans les chaussettes et vous voilà avec un album qui ne sera sûrement pas sans évoquer une fois encore les Finlandais de Demilich aux oreilles averties.
Ainsi comme Sanguisugabogg avec
Hideous Aftermath, Cryptworm parvient à donner un petit coup de frais à sa formule sans pourtant en changer les ingrédients. La recette de ce nouveau succès ? Un regain de brutalité exprimé à travers des séquences punitives bien plus marquées et appuyées qui ne devraient pas manquer de convaincre ceux qui auront la brillante idée de poser leurs oreilles sur cette nouvelle offrande définitivement un petit cran au-dessus des deux précédentes. Comme souvent avec ce genre de groupe, Cryptworm ne réinvente rien mais entre l’efficacité des riffs, le groove dispensé avec générosité, l’intensité décuplée, le growl dégueulasse et la production musculeuse mais naturelle, les Anglais ont clairement pris du galon et devraient à n’en point douter convaincre la majorité des auditeurs qui se lanceront dans l’écoute de ce troisième longue-durée particulièrement savoureux. Car clairement, c'est la régalade !
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