Chronique
Fuath III
J’ai la petite impression que le génial Andy Marshall se fait un peu bolosser depuis quelques années. Corrigez-moi si je me trompe, mais ses détracteurs semblent s’être multipliés. Je parle évidemment de son projet principal, SAOR, que certains jugent désormais très sévèrement, estimant que ses compositions tournent en rond et n’ont plus grand-chose à raconter. J’ai même été pris à partie lorsque j’ai complimenté Amidst the Ruins l’an dernier. On m’a demandé si j’aimais simplement les mièvreries ou si j’étais tout bonnement sourd...
Et ce désamour pour l’Écossais semble s’être confirmé avec son deuxième bébé, celui dont nous allons aujourd’hui découvrir le troisième volet : FUATH. Le premier album, sorti en 2016, avait rencontré un joli petit succès (sans doute parce qu’il y a dix ans, on pouvait encore dire du bien de Marshall sans déclencher une levée de boucliers), mais le deuxième, paru entre deux confinements en 2021, avait été nettement plus boudé, au grand dam du label français Season of Mist. L’expérience n’a d’ailleurs pas été renouvelée et FUATH se retrouve aujourd’hui sur une troisième écurie différente en trois sorties. Cette fois-ci, c’est Northern Silence Productions qui s’y colle.
Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais Marshall est quelqu’un de très cyclique. Depuis 2016, il sort un album de SAOR tous les trois ans (2016, 2019, 2022, 2025) et un album de FUATH tous les cinq ans (2016, 2021, 2026). Il prend donc un peu plus son temps pour le second, alors même qu’à première vue ses compositions y paraissent plus directes, avec moins d’éléments et moins de variations. Mais à vrai dire, je suis sous le charme des deux projets. J’avais beaucoup apprécié le volume II et je me faisais une vraie joie d’entendre la suite. J’espérais retrouver la même énergie, ce black metal dynamique qui met des coups de pied au derrière et donne envie d’enfiler une armure pour partir chevaucher son meilleur destrier. Oui, c’est exactement ce que je ressentais avec les cinq compositions du précédent opus, même si elles étaient censées me plonger dans des paysages froids et hivernaux. Comme quoi, l’imaginaire prend parfois ses propres chemins.
Avec III, je retrouve un peu la même situation. Le visuel et les titres des morceaux sont pourtant très explicites quant aux thèmes abordés. Nous allons plonger dans le folklore gaélique et la mythologie écossaise. « The Cailleach » évoque la vieille déesse de l’hiver, « Embers of the Fading Age » s’intéresse à la disparition progressive des traditions païennes, « Possessed by Starlight » suggère une transe sous un ciel nocturne constellé d’étoiles et « The Sluagh » renvoie à ces esprits malveillants qui traversent le ciel pour capturer les âmes des mourants.
La musique correspond-elle vraiment à ces intentions ? Pas totalement et, à vrai dire, ce n’est pas plus mal. Les morceaux, très atmosphériques, avancent une nouvelle fois à un rythme particulièrement soutenu, tout en laissant filtrer de lourdes touches mélancoliques et de petits instants que j’appellerais volontiers « spatio-introspectifs ». C’est ce moment précis où l’on se retrouve à fixer un ciel nocturne étoilé, où le temps semble suspendu, et où l’on repasse en revue tout ce que l’on a fait, tout ce que l’on n’a pas fait, pour finalement réaliser que tout cela paraît bien dérisoire face à l’immensité qui nous domine.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que Marshall se lâche. L’énergie finit toujours par reprendre le dessus, même si, je le répète, l’album reste profondément atmosphérique. Et cela fonctionne très bien. Encore une fois, j’aurais bien du mal à dire du mal du bonhomme. Tout au plus admettrai-je que je garde une petite préférence pour le deuxième album. Mais ici, « Possessed by Starlight » est clairement une pépite.
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