Cela faisait longtemps que j’avais envie de dire un mot au sujet d’
ALKALOID, formation hautement recommandable de
death metal progressif qui saura séduire les amateurs d’
OBSCURA ou d’
AUGURY et dont les trois albums studios portent tous le sceau de l’excellence :
The Malkuth Grimoire (2015),
Liquid Anatomy (2018),
Numen (2023).
Le trio rend également hommage à
Lovecraft (des titres tels que « Cthulhu », « Azagthoth », « Shades of Shub-Niggurath », « The Fungi from Yuggoth » ne s’inventent pas) et si je commence à détailler le
line up, tout le monde mouillera sa culotte :
Hannes Grossmann à la batterie,
Morean au chant et à la guitare,
Linus Klausenitzer à la basse, soit la crème de la crème de la scène technique allemande. On fait difficilement mieux en termes d’association de bienfaiteurs.
Les présentations étant faites, plutôt que de parler des albums précédents, je saisis l’occasion donnée par la sortie en ce début d’année de
Bach Out of Bounds, un
live enregistré au Pays-Bas, pour effectuer mon petit travail d’évangélisation et ce même si ces huit compositions ne seront probablement pas la meilleure porte d’entrée pour découvrir les Bavarois. D’ailleurs, même le fan de la première heure pourrait être déçu car le
death metal est quasiment absent de la captation. En effet, la formation, toujours ambitieuse, a choisi de faire de ce concert un évènement spécial au cours duquel elle a offert à un public conquis trois interprétations de pièces de
Jean-Sébastien Bach (inutile d’expliquer de qui il s’agit hein ?), deux nouveaux morceaux (« Beneath the Sea » ; « Haunter of the Void ») sur lesquels je reviendrai, le tout se voyant complété par trois de leurs standards largement réarrangés pour l’occasion. Et pour cause, les Allemands sont ici accompagnés de talentueux musiciens nécessaires à la bonne marche du concept : deux guitaristes (dont
Max Blok, actuel
PESTILENCE), deux chanteuses sopranos, deux violonistes (pas de trace du violoneux Michel pour ceux qui ont la référence), une accordéoniste et, enfin, une violoncelliste. Prétentieux ? Peut-être, mais pour quel résultat ! Rien que grâce au final dantesque de « The Fungi from Yuggoth » nous pouvons parler de pleine réussite tant l’osmose entre
death inventif et musique classique s’avère magnifique. Cependant, cette conclusion d’anthologie ne doit pas occulter l’essentiel :
ALKALOID se dévoile ici bien plus proche d’un
AYREON, les influences progressives étant en l’occurrence parfaitement sublimées, sans les claviers ainsi que le côté 70’s bien entendu.
Néanmoins, quelle beauté… Si la puissance des deux parties de « BWV 1052 » (de ce que j’ai trouvé, initialement un concerto pour clavecin) pourront évoquer ce qu’avait tenté (en moins grandiose),
GOLEM reprenant en 2004 « Le sacre du printemps » (
Dreamweaver), « Agnus Dei » s’avère simplement magnifique dans sa beauté fragile, un pur instant de grâce, subtil, religieux, alors que les nouvelles compositions ont certainement été écrites dans l’optique de ce moment unique avec leurs partitions pour les cordes, les lignes de chant lyrique et une dimension métallique réduite à peau de chagrin. Elle reste d’un niveau faramineux au regard des codes actuels d’une bonne partie de la scène
metal.
C’est vrai, le tout peut sembler pompeux, un brin présomptueux d’autant que le disque ne trouvera sans doute pas une oreille favorable chez les auditeurs habituels de
tech death progressif. Néanmoins, comment ne pas louer la prise de risque, la qualité de l’interprétation avec en prime une sobriété dans le jeu que je n’aurais pas attendu de la part d’
ALKALOID ? Sans compter l’énorme boulot d’orchestration réalisé. Certainement, il aurait mieux valu y être, je me console avec cet enregistrement merveilleux.
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Sosthène