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Putain de tristesse - Nous Sommes Brûlés

Chronique

Putain de tristesse Nous Sommes Brûlés
Il y a à peine plus d’un an, PUTAIN DE TRISTESSE dévoilait son tout premier album. Une entrée en matière remarquable. Quarante-six minutes durant lesquelles Aarunda se mettait à nu, criant, hurlant, exposant sans filtre ses fêlures et un mal-être profondément ancré. À travers six compositions, se dessinait le portrait d’un être à vif, égaré dans le labyrinthe de la vie, malgré (ou à cause de) la foule environnante. Seul, oui, mais entouré de figures familières de la scène sombre et désespérée. Déhà, incontournable, officiait au mastering et prêtait également sa voix sur un titre. Max Taccardi, quant à lui, signait le visuel tout en apparaissant lui aussi au micro. Sans oublier la touche acoustique du Polonais Michael Salem, dont la guitare habite le quasi-instrumental « La mer ».

Un peu plus d’un an plus tard paraît Nous sommes brûlés. Et le changement de cap est immédiat. Là où le premier album incarnait pleinement la tristesse annoncée par le nom du groupe, ce nouvel opus s’en éloigne nettement. Ici, la dépression s’efface au profit d’une tension bien plus combative. Les mélodies mélancoliques se font rares, les vocaux désespérés laissent place à une rage plus directe. Le black metal devient conquérant, presque revanchard, comme si le temps des lamentations avait laissé place à celui de l’affrontement. Se débattre, riposter, reprendre le contrôle. À ce titre, PUTAIN DE TRISTESSE pourrait presque se renommer PUTAIN DE RANCŒUR. C’est cette énergie brute, cette volonté de rupture, qui traverse ces cinquante minutes sans relâche : une rébellion tendue, constante.

Dès les premières secondes, le ton est donné avec « 38 », pièce d’ouverture de huit minutes aussi dense qu’efficace. Les références changent elles aussi. Exit les formations purement dépressives, place à une approche plus contemporaine, évoquant par moments GLACIATION. Les vocaux, notamment, rappellent certaines intonations de Hreidmarr, tout en restant fermement ancrés dans l’identité d’Aarunda. Plus assuré, plus frontal, ce dernier n’éprouve plus le besoin de multiplier les collaborations. Une seule exception toutefois : Amduscias, guitariste de TEMPLE OF BAAL, qui vient apposer sa marque sur l’introduction de « Catharsis », faisant littéralement rugir son instrument.

Au final, Nous sommes brûlés s’impose comme une œuvre forte, mais difficile à mettre en parallèle avec son prédécesseur tant les intentions divergent. La mélancolie du premier album pourra manquer, c’est indéniable. Mais cette nouvelle orientation, plus âpre, plus combative, ne faiblit jamais et s’écoute sans essoufflement. La sortie simultanée de PUTAIN DE TRISTESSE et de VERTIGE le même mois a presque des allures d’épreuve : sommes-nous prêts à encaisser avant le retour du printemps ? Deux visions, deux états d’esprit. L’un se redresse et frappe, l’autre vacille encore. Dans tous les cas, il serait dommage de passer à côté.

PS : Non, je ne m'attarde pas sur la reprise de LIFELOVER, car même si elle est bonne, je ne suis pas sûr que PUTAIN DE TRISTESSE avait besoin de revisiter le titre d'un autre groupe.

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Putain de tristesse
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Putain de tristesse
Putain de tristesse
Black Metal - 2024 - France
  

tracklist
01.   38
02.   A travers nos cris
03.   Disparaître
04.   L'ombre
05.   Cancertid (Lifelover Cover)
06.   Catharsis
07.   Le poison
08.   Nous sommes brûlés

Durée : 49:30

line up
  • Aarunda / Chant, Guitare, Basse, Batterie

parution
29 Mars 2026

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