Si vous suivez ma (très) modeste
chaîne YouTube, vous avez certainement déjà dû entendre le nom de Tanork, que ce soit dans un live report (Motocultor ou Muscadeath 2025, date avec Skelethal) ou carrément pour la chouette
interview que nous avions faite lors du festival ligérien pré-cité. Et si c’est le cas vous savez que je ne taris pas d’éloges lorsqu’il s’agit d’évoquer le trio breton. Découvert sur scène lors du Metal Noz 2 à Assérac il y a pile un an sans en avoir jamais entendu la moindre note auparavant, Tanork m’avait mis une branlée comme je ne m’en étais pas pris depuis un bon moment ! Leur death metal résolument old-school mâtiné de thrash et de grind couplé à une attitude scénique communicative et extrêmement mature pour leur jeune âge m’avaient convaincu de garder un œil attentif (j’aurais du mal à garder les deux me direz-vous bande d’enculés) sur nos trois gus. J’avais par la suite bien évidemment jeté une oreille sur la première sortie du groupe, « Destined To Die », huit titres qui nous montraient un groupe prometteur mais très vert encore et ne faisant pas forcément honneur à l’intensité des prestations scéniques délivrées. C’est donc avec une impatience totalement assumée que j’attendais ce deuxième effort, dont quelques titres tournaient déjà sur les dernières dates du groupe.
Et là, comme on le pressentait « Diskar » passe clairement à la vitesse supérieure. Sans aucunement revenir sur les fondations que le trio avait posées, ce deuxième opus pousse tous les potards un cran au-dessus. Que ce soit en termes de production totalement béton ou de compositions beaucoup plus abouties, Tanork marque ici sa véritable entrée sur la scène hexagonale. Conservant ce style death metal résolument old-school nos Rennais confirment sur ces huit pistes tout le potentiel que l’on avait déjà pressenti. Capitalisant sur leurs influences foncièrement à l’ancienne, le combo assène un death metal qui puise autant dans le vieux Sepultura que dans le « World Downfall » de Terrorizer. Une mixture au riffing abrasif, soutenue par une basse mordante et une rythmique protéiforme qui enchaîne les changements de tempo pour ne jamais laisser l’auditeur décrocher. Que ce soit sur les passages les plus brutaux avec leurs avoinées de blasts (trop nombreux pour les citer), les mid-up tempos accrocheurs (le début du titre éponyme puis à 2’15 et 3’27, « Distrujour Hor Bed » à 1’25, le début de « Argad » et tant d’autres) ou les breaks écrasants (« Gwad An Diaoul » à 2’27, « Distrujour Hor Bed » à 1’51, la fin de « An Ankou ar e Varc'h ») Tanork ne vise jamais à côté. Le jeune âge de nos trois protagonistes est inversement proportionnel à la maturité affichée tout au long de ces (presque) trente minutes durant lesquelles le groupe ne fait pas que recopier bêtement sa copie mais apporte de vraies bonnes idées, que ce soit dans ce riffing alliant power-chords, legatos, cette basse aux sonorités aériennes (flanger?) ou quelques idées mélodiques intéressantes (« Enteuzet Get Trenk » à 2’). Et si certaines références comme celles citées plus haut se feront sentir (les faux airs de « Slave New Wolrd » sur le refrain de « Diskar »), on se surprendra au détour de deux ou trois passages à penser au Machine Head de « Burn My Eyes » (la fin de « Distrujour Hor Bed ») voire au « The Link » de Gojira (ce blasts sur un riffing plus lent sur « Diskar » à 2’38). Autant s’inspirer des meilleurs.
Si instrumentalement parlant le curseur est indubitablement tourné vers le old-school, le chant d’Eflam, ponctuellement épaulé par Melaine, se pose lui aussi dans cette droite lignée, écorché et rauque à la Oscar Garcia ou Martin Van Drunen, pour éructer des paroles 100 % en langue bretonne, autre point fort d’un groupe qui ancre son art dans sa région avec fierté. L’album s’achève sur une reprise survitaminée du « Slave New World » de qui-vous-savez pour terminer en beauté, version assénée en live à une vitesse supraluminique.
Je ne cesse d’évoquer, sur ma
chaîne YouTube, notre féconde scène métal bretonne qui regorge de groupes d’une qualité à faire pâlir n’importe quelle autre, quel que soit le genre (Infern, Anthares, Repurgator, Nervous Decay, War Inside, Atrocia, Cryogenical Excision, Damnatio Ad Bestias et tant d’autres). Tanork compte désormais parmi les plus en vue et vient d’enfoncer le clou avec « Diskar » qui marque une progression indéniable par rapport à « Destined To Die ». Le meilleur c’est qu’on sent ici que le trio en a encore sous le pied et que s’il continue de grandir avec les années il pourrait bien, et devrait très logiquement, s’imposer comme l’un des fers de lance de la nouvelle scène extrême française. Et pour terminer je ne pourrais que trop vous conseiller, pour ne pas dire vous ordonner, d’aller les voir sur scène près de chez vous parce que vous pourriez bien, tout comme moi il y a un an, vous prendre une claque monumentalement rafraîchissante. Enorme !
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