Insect Inside - Reborn In Blight
Chronique
Insect Inside Reborn In Blight
Dans un registre où la Russie nous a souvent habitués au pire (ABORTED FETUS) - mais aussi parfois (et heureusement !) au meilleur (KATALEPSY) - il est difficile pour beaucoup de formations de l’immense pays d’arriver à émerger dans ce grouillant style Brutal Slam/Death, gangréné par nombre de combos de piètre qualité qui n’aident pas à améliorer le niveau relativement faible de la scène locale… souvent raillée et malheureusement à juste titre. Néanmoins certains y parviennent brillamment et parmi ceux-ci on peut citer INSECT INSIDE, qui après un
« The First Shining Of New Genus » très sympathique publié il y a maintenant cinq années revient enfin avec un successeur sous le bras. Depuis tout ce temps le quatuor a juste publié un très court Ep à l’intérêt discutable « Into Impending Apotheosis » et sorti un single (que l’on retrouve sur ce nouvel opus), avant de passer en silence radio pendant une longue période. Il faut dire qu’en interne les grandes manœuvres se sont opérées, vu qu’une toute nouvelle équipe a pris place autour du batteur Daniel Sementsov et qu’il a fallu ainsi du temps avant que ce nouveau long-format prenne définitivement forme, même si tout cela en valait la peine car les belles promesses entrevues sur son prédécesseur sont ici confirmées.
Car sans sortir de sa zone de confort le groupe livre un album propre et sans compromis, qui joue majoritairement sur la lourdeur mais sans oublier d’exploser par intermittences quand c’est nécessaire… prouvant donc que les nouveaux venus ont aisément trouvé leur place, et en premier lieu le boulot impressionnant du bassiste Bogdan Pisavnin qui réalise une grosse prestation en donnant de l’ampleur aux compositions via une mise en avant dans le mixage particulièrement plaisant. On est en effet très loin de toutes ces productions synthétiques ou hyper étouffées dont rien ne ressort hormis un gros mal de crâne, et avec lui le chanteur Ivan Tyulkin va renforcer l’impression d’abîme et d’étouffement par une prestation vocale pointue portée par un growl caverneux profond qui lorgne presque vers le cochon dans son auge… et où quelques invités vont se joindre à lui au micro. Car on va pouvoir entendre également du nom connu (Josh Welshman – DEFEATED SANITY) comme plus obscur (Angel Ochoa – CEPHALOTRIPSY, Len O’Donnell – PESTILECTOMY) s’agiter au chant, et ainsi amener un supplément de variété à une réalisation hyper homogène et compacte mais qui va être moins linéaire qu’on ne pourrait le croire.
Si effectivement tout cela est balisé et presque prévisible les mecs parviennent aisément à éviter cet écueil via un groove constant et la volonté de ne jamais trop en faire, ce que propose d’entrée « Echoes Of The Swallowed Sinners » où après un long riff froid et glacial rempli d’obscurité on va avoir droit à un bon roulement de batterie à l’ancienne puis une longue rasade de lenteur et de double pédale, ponctués de quelques cassures mais sans jamais appuyer sur le champignon. Montrant donc un versant rampant et massif où l’on est pris immédiatement en étau sans espoir de s’en échapper l’entité offre donc une excellente entrée en matière, qui montre qu’elle sait être redoutable sans avoir besoin de forcer son talent comme la cadence. Cette dernière ne servant finalement qu’à ajouter de la virulence et de l’obscurité à un ensemble pourtant désespérément nocturne… ce que « Abhorrent Landscape » va pousser plus loin en misant sur un écrasement rythmique encore plus impressionnant, même si quelques passages débridés se font entendre ici et là pour intensifier la profondeur générale. Et puis l’équilibre des forces va s’opérer avec facilité et fluidité par la suite via les impeccables et grassouillets « Fragments », « Putrid Lament » et « Hiveborn Abomination » qui conservent néanmoins une base rampante où le frein comme l’envie de secouer la tête sont toujours constants, surtout avec ce groove imparable qui transparaît en continu au milieu de l’humidité ambiante et des accélérations guerrières.
Et plus on va arriver au bout de l’écoute et plus les choses vont être délicieuses, que ce soit avec le grand-écart impeccable de « Flesh Cathedral » (qui tabasse autant qu’il écrase), les variations de « Carnal Ruins » (qui mettent la nuque à rude épreuve) ou la tribalité exacerbée de « Parasite Messiah » (remplie de pointes explosives et de coups de freins rutilants) on ne peut qu’avoir le sourire et apprécier ce déluge haineux proposé ici. Néanmoins les gars vont oser sortir un peu de leur zone de confort en guise de conclusion avec l’étonnant « Reborn In Blight » plus long que la moyenne, et qui après un démarrage bien énergique et opaque va se laisser aller à la lumière… comme pour prouver qu’après la tempête le beau temps revient. Car on va entendre des plans éthérés étonnants via notamment un long lead plaintif qui fait ressortir une forme de nostalgie et d’apaisement, et qui curieusement se greffe facilement à l’ensemble présenté en amont… afin donc de finir cet enregistrement sur deux visions antagonistes où l’espoir est permis et l’étreinte définitivement terminée. Autant dire que même si ça ne deviendra jamais un classique ce nouveau volet des Russes mérite d’être écouté, tant on y prend un plaisir naïf et sincère à se prendre des baffes auditives avec jouissance vu que la propreté d’exécution de l’ensemble (contrairement à la crasse intense qu’il contient) s’appréciera avec plaisir de temps en temps, chaque fois que les oreilles le demanderont. Confirmant donc le bon ressenti du catalogue de son label Gore House Productions INSECT INSIDE se place clairement dans la tête de gondole de sa nation qui en a grandement besoin… merci messieurs on en redemande des sorties comme ça, simples et produites avec l’amour du travail bien fait… le seul qui paye finalement.
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