Brozerz - PFFFFFF
Chronique
Brozerz PFFFFFF (Démo)
Voilà déjà venu le temps de la troisième démo pour les BROZERZ Manu (guitare – chant) et Julien (batterie – chant), toujours adeptes d’un grind rudimentaire, brut, politisé. Des changements majeurs à déclarer depuis octobre 2025 ? Aucun, des mineurs non plus d’ailleurs, circulez y a rien à voir. Les réfractaires de la première heure n’entendrons rien dans ces dix nouvelles compositions qui les fasse changer d’avis, ceux qui avaient adhéré au propos liminaire y retrouveront tout ce pourquoi ils affectionnent le duo.
Avec sa production minimaliste, volontairement abrasive tant elle forge désormais l’identité de la formation, les musiciens de Saint-Denis s’efforcent de dresser dans chacune de leur parution un bilan médical de la société, en désigner les maux : corruption (« Rends l’argent »), pédo-criminalité (« Epstein »), conflits armés (« Guerre à la guerre »), l’époque ne manque pas de sujets propices à l’agacement et BROZERZ a devant lui suffisamment de matière pour sortir des démos pendant cent ans encore.
Ses riffs de Neandertal, ses vocaux mal dégrossis, ses paroles compréhensibles par un gamin de dix ans, c’est vrai que le groupe ne brille pas par la finesse de son propos, ni par sa brutalité débridée, les dix morceaux restant toujours sur des tempos mediums, sans technicité particulière ni même une once de progression : le Credo reste donc le même, éructer un ras-le-bol homicide avec la conviction brutale d’un pilier de comptoir notoire, sans prendre de gants et en ne faisant strictement aucun effort pour plaire. Clairement, la paire s’inscrit dans une tradition punk anti-mélodique où seule l’énergie compte, l’intensité mise dans l’aboiement de revendications nettes et précises (« Rends le pognon et garde tes idées de merde »).
Bon, tous les combats menés n’ont pas non plus la même importance : dédier une chanson au « Sudoku », c’est marrant mais ça ne pisse pas loin, de même que se fendre d’une autre sur les « Haterz » ou le « Yoga ». Par conséquent, si je soutiens toujours la démarche des deux messieurs, cette troisième démo marque peut-être une espèce d’essoufflement où le dérisoire côtoie le grave sur un pied d’égalité, travers qui est pourtant à l’image du traitement que font les médias de n’importe quel sujet : une guerre ou les résultats du tiercé, c’est du pareil au même. J’apprécierais cependant l’ombre d’une évolution dans un futur proche car cinq, six, sept démos dans ce registre risquent peut-être de finir par lasser là où le groupe aurait un joli coup à jouer dans un style plutôt déserté, les autres représentants du grind tricolore étant généralement friands de blasts outranciers et d’ultra violence.
Je suis in fine partagé. D’un côté, le mélange frôlant l’absurde des thèmes abordés laisse planer un doute quant au sérieux du projet alors que cette absurdité n’est finalement que le reflet cru d’une réalité où tout se vaut. De l’autre, je suis tenté d’interpréter la maigreur des paroles comme une dénonciation de la transformation des débats en échange de slogans publicitaires, sans aucun fond, entreprise d’abrutissement des masses. Mais sans doute est-ce que je prête des intentions trop nobles à nos compatriotes et qu’ils sont uniquement là pour vider leur sac une fois par trimestre. Rendez-vous cet été.
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